NOIR, NOIR, NOIR.


Black Friday… le Vendredi Noir ! « Encore une belle fumisterie, pour ne pas dire une vaste connerie, qui nous vient des Américains ! Tu parles d’une aubaine ! C’est un véritable fléau, une calamité sans nom, et tout le monde court s’y vautrer les yeux fermés ! » s’emporte mon amie Teresa, qui est Mexicaine. Étant donné les tensions de toujours entre les deux états, on pourrait aisément accuser Teresa d’un léger parti pris, mais certains partis pris constituent malgré tout de précieux raccourcis pour aller à l’essentiel. Bizarrement, pour accéder sans détour au Black Friday, il faut d’abord passer par la case Thanksgiving…

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ARMISTICE ET ARTÉMIS


À chacun et chacune sa façon de fêter l’armistice. Larme à l’œil ou l’arme au pied. Moi, je préfère l’armistice façon Artémis, cette déesse de la chasse dans la mythologie grecque (la Diane des Romains), protectrice des chemins, des ports, des jeunes enfants et des bébés animaux, bref de tout ce qui initie et définit une nouvelle trajectoire, une nouvelle aventure, une nouvelle perspective. Parée des attributs qui la caractérisent : arc en or, flèches, carquois, croissant de lune et biche, lorsqu’elle se met en chasse, rien ne résiste à cette déesse farouche et sœur jumelle d’Apollon. Un peu comme ma modeste personne quand elle décoche son dernier trait de khôl en prolongement de son œil de biche, à l’orée d’une nuit mystérieuse.

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DEVINETTE MONSTRUEUSE


Grand jeu de la semaine post-halloween : Qui peut bien se cacher derrière ce faciès monstrueux ? Seul indice mis à disposition avant d’entamer votre recherche parmi les diverses suggestions exprimées ci-dessous : le bonne réponse figure effectivement dans la liste de ces dix propositions. Ce spécimen attachant et hyper-actif est donc :

A : Le nouveau variant Covid 213312 qui prépare une offensive imminente.

B : La tête de votre patron quand vous lui demandez une augmentation.

C : L’acarien de maison blotti dans votre literie, qui raffole des squames humaines.

D : Le portrait robot du hater malsain qui déverse son fiel planqué derrière son écran.

E : La tête de la fourmi pas prêteuse quand la cigale ou quiconque vient l’importuner.

F : La représentation psychique de votre partenaire qui ronfle trop fort la nuit.

G : L’extra-terrestre vedette du prochain épisode cinématographique d’Alien.

H : La toute première peluche qui couva Vladimir Poutine dans son berceau.

I : La reconstitution en 3D de l’ancêtre commun à tous les mammifères.

J : La dernière trouvaille de Brigitte Boréale pour vous énerver pendant dix minutes.

Paragraphe à ne pas lire avant d’avoir formulé votre réponse :

Tous lauréats ayant trouvé la solution de cette énigme seront submergés de félicitations et de la fontaine intarissable de notre immense admiration, et, fort aise de cette distinction fabuleuse, ils pourront alors s’entendre dire : « Et bien dansez maintenant ! ». La Fontaine, fort aise, fabuleuse, et bien dansez maintenant… Est-il bien nécessaire de confirmer la bonne réponse ? Il s’agit évidemment d’une tête de fourmi, vue au microscope. Ce petit insecte, pourtant réputé très social avec ses congénères, ne l’est assurément pas en tous lieux et en toutes circonstances. Oppressé par le quémandage insistant d’une cigale imprévoyante ou sous la plaque écrasante d’un microscope, il n’est guère enclin, on le comprend, à afficher un franc et grand sourire.

UNE HUMEUR DE CHIEN


« PLUS JE CONNAIS LES HOMMES, PLUS J’AIME LES CHIENS »

Est-ce une citation ou un aveu ? Aveu teinté d’un reproche androphobe… On l’a attribué à des personnes aussi différentes que Jules Renard, Brigitte Bardot, Mark Twain, Erik Satie, Fernand Gravey, et même Vladimir Poutine ! À l’occasion, la phrase fut déformée en : « Plus je connais les gens, plus j’aime les chiens » ou encore : « Plus je connais les hommes, plus j’aime mon chien ». Des variantes qui ne nuancent guère la misandrie du propos. Il semble que la véritable paternité (devrait-on dire maternité ?) de la formule  revienne à Madame de Staël. C’est elle qui accoucha la première de cette saillie littéraire.

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C’EST PAS DU BARATIN


J’avais déjà entendu parler du Papotin version papier, ce journal pas comme les autres, lancé en 1989 à l’hôpital de jour d’Antony (Hauts-de-Seine), mis en idées, en écriture et en forme par des hommes et des femmes de tous âges, ayant un trouble que l’on définit comme relevant du spectre de l’autisme. La version audiovisuelle, diffusée sur France 2, se nomme “Les Rencontres du Papotin”. La chaîne le présente comme : « un magazine atypique, des rencontres et des questions inattendues, des regards croisés spontanés, libres, profondément humains sur la vie et sur le monde ». Ce samedi 8 octobre 2022 à 20h35, un peu par hasard, juste après le JT de 20h00, je suis tombée sur le numéro dont l’invitée était Camille Cottin. Pas franchement fan de l’actrice, qui s’était fait connaître du grand public en 2013, avec ses sketches de la série “La Connasse”, diffusée sur Canal +, j’ai failli éteindre mon téléviseur. Et puis j’ai vu et entendu ces journalistes différents, dans tous les sens du terme. Leur différence, véritable panaché de sincérité et d’originalité, m’a subjuguée. Elle m’a émue aussi, tout comme l’actrice, qui, ce jour-là, n’a pu dissimuler une émotion véritable. Ces personnes, que l’on dit autistes et en proie à des difficultés de communication, ont le chic pour exprimer des choses que la société s’évertue à nous faire passer sous silence. Elles activent, ou réactivent des vibrations profondes. Ces moments forts, tellement différents de ceux, fort ennuyeux ou fort superficiels, que l’on a l’habitude de voir à longueur d’émissions convenues ou abêtissantes, sont à consommer sans la moindre modération. Le petit documentaire de 35 minutes, ajouté en complément de cet article n’aura aucun mal à vous en convaincre. Les émissions avec Camille Cottin et Gilles Lellouch sont encore disponibles en replay sur France 2. Ne vous en privez surtout pas. Vous en apprendrez beaucoup sur cette formidable équipe du Papotin. Et aussi sur vous-mêmes…

https://www.france.tv/france-2/les-rencontres-du-papotin/

POINTS CARDINAUX


Dans “La femme est l’avenir de l’homme”, en 1975, Jean Ferrat déclarait, avec Aragon, que « le poète a toujours raison, qui voit plus haut que l’horizon »… Quelques années plus tôt, en 1971, dans “Aimer à perdre la raison”, il précisait : « Aimer à n’en savoir que dire, à n’avoir que toi d’horizon »… Cette photo illustre à merveille la place essentielle et privilégiée de la femme vis à vis de l’homme. Au delà de l’horizon, elle fixe, déplace et modèle des perspectives au gré des motivations, des évolutions et des sentiments qu’elle lui inspire. Elle est une sorte de boussole existentielle, qui coordonne et réunit les points cardinaux de son destin.

ARBRE DE VIE


J’ai toujours adoré les tomates. Petites ou grosses, rondes ou allongées, la saveur et la sensation de fraîcheur qu’elles libèrent dès le premier coup de dent relèvent d’une magie gustative bien particulière. Accompagnées d’une mayonnaise maison, d’une vinaigrette ciboulette, d’un filet d’huile d’olive avec basilic, ou tout simplement dégustées nature, façon croque au sel, elles dispensent une sensation vivifiante qui, à chaque fois, me rafraichit le corps et l’esprit. C’est comme si elles me permettaient de refaire le plein d’énergie. Dernièrement, coupant en deux quelques tomates cerise, j’ai eu la confirmation que cette sensation n’était pas qu’une simple impression. Avec émerveillement, j’ai découvert, à l’intérieur du fruit, un véritable arbre de vie.