ET  VIE  DANSE


Un mélange de grâce ondulatoire et de beauté décomposée. Et une maîtrise du corps insensée, presque irréelle. Le tout dans une fluidité permanente et une légèreté divine. Cette danse du corps qui touche aussi l’esprit m’a hypnotisée en ce dimanche un peu triste. J’ai visionné cette séquence en boucle. Je me la suis repassée un nombre déraisonnable de fois sans savoir pourquoi. À la fin, j’ai senti qu’elle m’avait fait oublier la pluie et l’automne. J’ai compris qu’elle était une invitation à l’optimisme, un encouragement à comprendre et à savourer le mouvement de la vie.

Mélancolie  Automnale

SOUPIR

Mon âme vers ton front où rêve, ô calme sœur,
Un automne jonché de taches de rousseur,
Et vers le ciel errant de ton œil angélique
Monte, comme dans un jardin mélancolique,
Fidèle, un blanc jet d’eau soupire vers l’Azur !
Vers l’Azur attendri d’Octobre pâle et pur
Qui mire aux grands bassins sa langueur infinie
Et laisse, sur l’eau morte où la fauve agonie
Des feuilles erre au vent et creuse un froid sillon,
Se traîner le soleil jaune d’un long rayon.

(Stéphane Mallarmé)

LA  AYUDA  DE  LA AMISTAD

D’abord, on ne sait pas quoi faire. On se sent tout cassé à l’intérieur. On respire, ou soupire. On pleure, on pense. Du moins, on essaye. On se dit que c’est forcément injuste, qu’on aurait pu, qu’on aurait du avoir encore un peu de temps. Que si l’on pouvait, on en donnerait bien du nôtre. Rien que pour se dire toutes les choses qui restaient à se dire. Même sans les mots. Juste avec les yeux. Juste avec le cœur. Et puis on cherche à se ressaisir, à reprendre le dessus. Du moins, on essaye. (suite…)

L’HOMME  SANS  TÊTE

 

C’est un homme sans tête.
On le croise en semaine
Veste et gilet de laine,
De Nation à Vincennes.

C’est un homme sans tête
Et il court dans la mienne.
J’ignore où est la sienne.
L’a-t-il jeté dans la Seine ?

C’est un homme sans tête.
Mais qui a de la peine.
Il la cache sans haine
Sous le Cours de Vincennes.

C’est un homme sans tête,
Un comte d’Andersen.
Et le public sans gêne
Se moque de la scène.

C’est un homme sans tête.
Mes idées il larsène,
Son exil il promène
À Paris – Sainte Hélène.


À  MA  POUPÉE

C’était une poupée, qui faisait now, now, now… Toute la journée, elle faisait now, now, now. Elle était tellement jolie que j’en rêvais la nuit. Mais toute la journée, elle faisait now, now, now. Personne ne m’avait jamais dit que je pouvais lui dire oui. À elle, qui sans me regarder, faisait now, now, now… (suite…)

NINO  FERRER

15 Août 1934  –  13 Août 1998

 


On aurait également pu choisir “La maison près de la fontaine” pour cet hommage à la fois chaud et triste, un peu lourd et incertain, tout comme cet été orageux en convalescence d’on ne sait quoi, et qui n’en finit pas de pleurer un oubli, un sentiment, une âme, une inspiration… sans doute parce que il ou elle sont encore un peu là.


TANTI  AUGURI


Gina Lollobrigida est née le 4 juillet 1927 à Subiaco, une petite ville située à une quinzaine de kilomètres de Rome. Issus d’un milieu ouvrier modeste, ses parents sont rapidement contraints de rejoindre la capitale. Une chance pour la jeune fille qui s’inscrit à l’Académie des Beaux Arts et fait ses premiers au théâtre à 18 ans. Curieusement, c’est un rôle dans un roman-photo, un genre très prisé à l’époque, qui la fait remarquer. Le cinéma lui confie quelques rôles qui demeurent très secondaires. Sa sublime plastique est à la fois un atout et une entrave. Les concours de beauté la font monter sur les podiums (deuxième de Miss Rome, troisième de Miss Italie) mais jamais sur la plus haute marche. (suite…)

QUARTIER   D’ÉTÉ


Décidément, ma petite rue parisienne est bien mal embouteillée en cette fin de semaine caniculaire. Étrange spectacle quotidien que de voir tous ces inconnus assis sur le bitume, ou faisant le pied de grue à deux pas de mon immeuble. Probablement la rançon de la gloire et de ma célébrité grandissante ? Tous ces gens qui m’attendent inlassablement, qui guettent ma sortie à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, en espérant obtenir un autographe, un selfie ou même un sourire des plus furtifs… Cela devient aussi pénible que la hausse conjuguée du tabac mentholé et des températures estivales.
(suite…)

À  GILBERT…


Entre un père et un fils, la communication n’est jamais simple. Les questions sont souvent des réponses, et les réponses des questions. Ce qui compte vraiment, c’est la communication qui subsiste entre les unes et les autres. C’est le lien qui existe entre l’un et l’autre.