L’ÂME  DES  LIEUX

De gauche à droite : Brigitte, Giovanna et Henri IV.

C’était un 14 mai et nous quittions, mon amie Giovanna et moi, notre fief du Banana Café, bar mythique et exotique des nuits parisiennes, qui anime la rue de la Ferronnerie et le quartier des Halles depuis près de quarante ans. Ce soir-là, il ne faisait pas froid mais le temps était à la pluie, avec quelques gouttes de nostalgie. Je le fis remarquer à mon amie qui me demanda pourquoi je pensais cela. D’une Française à une Brésilienne, la traduction des impressions est parfois plus aisée par les silences que par les mots. Je lui devais tout de même une explication. « Esta nostalgia é difícil de explicar ». Généralement, la nostalgie se définit comme un sentiment de regret d’un temps ou d’un lieu autrefois agréables mais devenus lointains. Éloignement spatial ou temporel, peu importe, ce regret n’est pas un remords. C’est un mal du pays ou un bien du passé, comme un soupir intérieur, qui devient présent mais nous échappe en même temps. Saudade, spleen, blues, mélancolie ; un peu de tout cela avec un soupçon d’autre chose. (suite…)

Les couloirs du métro parisien et ses affichages publicitaires peuvent parfois proposer des rencontres inattendues. Elles sont aptes à distraire ou à choquer selon les sensibilités ou les mentalités. Elles suggèrent souvent des liaisons insolites entre l’absurde et la réalité, entre l’humour et la trivialité, entre le politiquement correct et l’érotiquement incorrect. Tout est affaire de conjugaison. En l’occurrence, ce qui demeure très contrariant, hormis l’inadéquation des tarifs par rapport à la nature et la classification des prestations suggérées, est bien évidemment l’absence du “s” dans l’accord verbal de “tu niques”… Une faute conjugale pour le moins grossière.

MAI, MAI, MAI…

Ce mois ne fait-il vraiment que ce qui lui plait ? Ça commence le 1er mai par une fête du travail qui, dès 1890, pousse les manifestants à défiler avec un triangle rouge à la boutonnière, symbolisant la journée divisée en trois parties égales : travail, sommeil, loisirs. La fleur d’églantine assure ensuite un bref relais avant que le brin de muguet ne reprenne le dessus, et le devant de la scène. En 1561, Charles IX avait déjà adopté la coutume d’offrir des brins de muguet aux dames de la cour en ce premier mai décidément bien inspiré. (suite…)

LEÇON  DE  BOTANIQUE


Dix minutes de réflexions pertinentes, de bon sens et de philosophie de la part du botaniste émérite Francis Hallé, ardent défenseur des végétaux et de de la forêt primaire… Le tout assorti d’une leçon de biologie, avec un premier principe essentiel et implacable : ne jamais faire confiance à l’être humain en matière d’écologie et de préservation de la nature.