103 ANS !!!

Né le 22 octobre 1918 à Hong Kong, en Chine, René de Obaldia est sans doute l’écrivain français contemporain le plus singulier… et le moins connu ! Sa longévité, avec un score de 103 ans aux pâquerettes, n’est pourtant pas ce qui constitue son originalité première.

Ses racines plongent vers l’Espagne et sa famille, originaire du Pays Basque, émigre très tôt vers le Panama. Sa conception coïncide avec une période de tension entre ses parents. Sa mère tente de “le faire passer“, comme on disait alors. Encore fœtus, René résiste. Son père, José Clemente de Obaldia est nommé consul de Panama à Hong Kong. I Quelques temps plus tard, il disparait purement et simplement. D’origine picarde, sa mère décide alors de rentrer en France. Le petit René est confié à une nourrice, puis à sa grand-mère maternelle, résidant dans un peit village non loin d’Amiens. Pour l’enfant, c’est déjà le choc des mondes. Il oscille entre ennui et émerveillement. Il lit et s’intéresse très tôt à la poésie. Cela devient une passion d’adolescent, alors que Simone Roussel, une cousine plus âgée, occupe un temps ses pensées. Plus tard, elle sera connue du grand public sous le pseudonyme de Michèle Morgan…

René de Obaldia quitte Amiens et poursuit ses études secondaires à Paris, au Lycée Condorcet. De son propre aveu, il est un élève plutôt médiocre. La seconde guerre mondiale éclate alors qu’il a vingt ans à peine. Mobiisé en tant que seconde classe, rapidement fait prisonnier, il est retenu en captivité durant quatre ans dans un stalag en Silésie ! À la libération, il écrit quelques chansons pour gagner sa vie. En 1956, il propose son premier roman, “Tamaran des cœurs” à l’éditeur Juliard, qui le refuse. Plon saute sur l’occasion et l’accepte. Ami de Roland Barthes, Alain Robbe Grillet et Jan Vilar, il se lance dans l’écriture théâtrale dès le début des années 1960. Et il fait un tabac dès le départ, avec des pièces telles que “Du vent dans les branches de sassafras”, qui sera jouée 18 mois durant avec Michel Simon dans le r^le principal. Traduit en une trentaine de langues, René de Obaldia est aujourd’hui l’un des auteurs français les plus joués dans le monde, à la hauteur d’un Ionesco, Beckett ou Audiberti.

Romancier, dramaturge, poète, parolier (notamment pour Luis Mariano), auteur pour la radio, partenaire de Louis Jouvet au cinéma, élu à l’Académie française en 1999, dont il est évidemment le doyen, René de Obaldia est décidément un auteur inclassable parmi les inclassables. Son style littéraire et théâtral est empreint d’une fantaisie d’un humour et d’une vivacité caractéristiques de sa personnalité elle-même. Une partie peut-être du secret de sa bonne forme et de son optimisme malicieux. Présenté ci-dessous, le court extrait d’un entretien télévisé réalisé en 2017, en est une démonstration flagrante.

80 YEARS !


Il est né le 13 octobre 1941 à Newark, dans le New Jersey (USA), et a formé, avec son compère Art Garfunkel, le duo le plus célèbre de la musique pop/folk occidentale. Aujourd’hui, Paul Simon souffle ses 80 bougies avec la même flamme qu’à ses débuts sur scène, dans les écoles de musique new-yorkaises, en 1956. J’ai tout de même eu un choc en découvrant l’une de ses photos, montrant un petit bonhomme à moitié chauve, avec des bonnes joues d’écureuil et un costard cravate plutôt strict. Pas sûr que j’eusse pu le reconnaître en le croisant dans la rue…


J’ai repensé à cette chanson, intitulée “The Boxer”, dans laquelle il brosse le portrait d’un pauvre gars laminé par la vie, les vaines paroles, les fausses promesses, les illusions passées et la solitude discrète, avec laquelle, tôt ou tard, on finit tous un jour par composer. Ce type prépare ses vêtements d’hiver, et souhaite rentrer tranquillement chez lui, loin de la grande cité, qui, sans cela, finirait par le saigner à blanc et le dessécher. Dans l’ultime couplet, le boxeur meurtri, portant en lui le souvenir de chaque gant l’ayant mis à terre, crie son désespoir, sa rage et sa honte. Son envie de jeter l’éponge, aussi : « Je m’en vais ! Je m’en vais ! ». Le dernier vers rectifie immédiatement cet élan : « Mais le combattant demeure. Oui, il est toujours là »… faisant écho à un autre credo, évoqué un peu plus tôt : « C’est quand même étrange, dans la vie, après tant de changements, on reste plus ou moins le même »…

Seule change peut-être la façon d’aborder les choses, de les combattre ou de les embrasser. Les années sont des alliées ou des dangers. À chacun d’en décider. À chacun de négocier. Paul Simon est un passeur de sentiments, un contrebandier du temps. Peu importe son apparence du moment, comme celle d’avant, il a rythmé, de par ses compositions, tant de bons moments, et de délicates émotions, que tout le reste ne revêt que peu d’importance.

À la fin de mes années lycée, je me souviens avoir été impressionnée par une autre de ses chansons : “Fifty Ways to Leave your Lover”. Je ne savais pas encore qu’il l’avait écrite suite à son divorce d’avec sa première femme, Peggy Harper, mais j’y avais décelé un trouble familier, une sorte de partage par anticipation. C’était l’époque où l’on quitte la famille pour l’université, celle où l’on fait semblant de devenir adulte, en sachant que l’on ne l’est pas tout à fait… et en se disant que l’on ne le sera peut-être jamais. C’est aussi la saison des premières liaisons véritables, qui nous émerveillent et nous effrayent en même temps. On ne sait pas encore qu’attendre vraiment de la vie et encore moins de l’amour. Comment s’engager sans tricher, se déclarer sans se renier, être ni trop sérieux, ni trop léger ? Comment se rapprocher ou s’éloigner, sans savoir quelle est la meilleure direction où aller ? Souvent, par lâcheté ou par peur de blesser, on laisse les choses se déliter. Malgré tout, certains sentiments ont la vie dure. Certaines amours ne nous quittent jamais, quand bien même les personnes elles-mêmes se sont quittées. Comme dans la chanson, on saute vers d’autres horizons, et on fait comme si. Comme si c’était du passé, comme si c’était réglé, comme si c’était oublié. Et, merveille de la vie, par hasard ou par bouffées, ce possible inachevé resurgit au gré de retrouvailles, de souvenirs ou d’inspirations qui le rendent encore plus fécond. On s’aperçoit alors que, s’il y a cinquante façons d’endormir ses belles histoires de cœur, il y a autant d’occasions de pouvoir les réveiller. Rien que pour cela, longue vie à toi, mon cher Paul.

50 Ways To Leave Your Lover
50 Façons De Quitter Ton Amie

« The problem is all inside your head », she said to me.
“Le problème est entièrement dans ta tête », me dit-elle.
« The answer is easy if you take it logically.
 » La réponse est facile si tu fais appel à la logique.
I’d like to help you in your struggle to be free
J’aimerais t’aider dans tes efforts pour être libre.
There must be fifty ways to leave your lover ».
Il doit y avoir cinquante façons de quitter ton amie ».

She said « It’s really not my habit to intrude.
Elle dit « Ce n’est vraiment pas mon genre d’être indiscrète.
Furthermore, I hope my meaning won’t be lost or misconstrued.
De plus, j’espère que mon message ne sera pas perdu ou dévoyé.
So I’ll repeat myself, at the risk of being crude,
Donc je me répète, au risque d’être brutale,
There must be fifty ways to leave your lover.
Il doit y avoir 50 façons de quitter ton amie.
Fifty ways to leave your lover ».
Cinquante façons de quitter ton amie ».

Just slip out the back, Jack.
Éclipse-toi par derrière, Pierre.
Make a new plan, Stan.
Monte un nouveau plan, Jean.
Don’t need to be coy, Roy.
Pas besoin d’être timide, Hamid.
Just listen to me.
T’as qu’à m’écouter.
Hop on the bus, Gus.
Saute sur le bus, Gus.
Don’t need to discuss much.
Y a pas besoin de discuter des masses.
Just drop off the key, Lee.
Balance simplement la clé, Hervé.
And get yourself free.
Et sois libéré.

She said : « It grieves me so to see you in such pain.
Elle dit : ”Ça me fait tant de peine de te voir souffrir comme ça.
I wish there was something I could do to make you smile again ».
Si seulement il y avait quelque chose que je puisse faire pour que tu souries à nouveau ».
I said : « I appreciate that, and would you please explain
Je dis : « J’apprécie ce que tu fais, et est-ce que tu pourrais, s’il te plaît, expliquer
About the fifty ways ? « 
Les cinquante façons ? « 
She said : « Why don’t we both just sleep on it tonight ?
Elle dit :  » Et si on passait une bonne nuit sur tout ça ?
And I believe that in the morning you’ll begin to see the light ».
Et je suis sûre que demain tu commenceras à y voir plus clair « .
And then she kissed me, and I realized she probably was right.
Alors elle m’a embrassé, et j’ai réalisé qu’elle avait sûrement raison.
There must be fifty ways to leave your lover.
Il doit y avoir 50 façons de quitter son amie.
Fifty ways to leave your lover.
Cinquante façons de quitter son amie.

MOURIR  PEUT  ATTENDRE…
LE  FILM  AUSSI  !


Dans ce vingt-cinquième opus de la célèbre série cinématographique, il y a toujours autant de balles qui sifflent tous azimuts, d’explosions intempestives, de méchants sans scrupules, de voitures criblés d’impacts et de missions impossibles, mais vous avez intérêt à vous muscler les fesses (ou bien choisir votre fauteuil) si vous voulez le découvrir dans une salle de cinéma à partir de ce 6 octobre 2021. Ce James Bond revisite l’ère Daniel Craig en y mettant un point final, l’acteur britannique disant définitivement adieu à ce rôle.  Cela justifiait-il un tel assemblage de scènes, pas toujours d’action, et de références gigognes à la saga 007 ? Le résultat est un long métrage qui porte bien son nom car il s’étale sur pas moins de 2h47min. Et deux heures trois quarts c’est au moins un tiers de trop ! Le méli-mélo d’arcs narratifs devant fagoter le tout de façon cohérente ou surprenante peine à atteindre son objectif. Les petites déceptions succèdent aux rebondissements attendus. Les ingrédients de base sont là, mais le cocktail n’est plus détonnant. Les effets spéciaux ne suffisent pas. Les personnages qui accompagnent le héros manquent de relief. Le spectateur est rarement surpris. James Bond n’est plus l’agent 007. Le mâle dominant hétérosexuel cède la place à la superwoman black un peu trop dans l’air du temps. Il devient plus humain mais plus vulnérable. Ce n’est plus le James que les fans ont connu. Et par dessus le marché, il meurt à la fin ! Autant de raisons de patienter un peu pour le déguster at home, confortablement allongé dans votre lit, une vodka-martini à la main, avec olive de préférence. La sortie du film sur grand écran a été retardée plusieurs fois depuis deux ans en raison de la pandémie covid 19. Celle sur petit écran devrait survenir plus rapidement. De toute façon, il n’y a vraiment rien qui ne puisse attendre.

PARADIS  OU  ENFER  ?

Je sais bien que l’on devient subitement le meilleur dès que l’on meurt, mais les litanies et dithyrambes qui ont suivi le décès de Bernard Tapie, en ce dimanche 3 octobre 2021, m’ont littéralement tuée ! Un instant, j’ai cru que l’on enterrait un saint. Un Saint Bernard, toujours prêt à venir en aide à son prochain et le guider hors de la tourmente. Les nombreuses affaires judiciaires et diverses casseroles (une véritable batterie de cuisine !) attachées à sa personne ont à peine été évoquées. Quid de l’affaire du Crédit Lyonnais ? Et des 403 millions qu’elle a coûté au contribuable français, avec l’odieuse complicité de Christine Lagarde, à l’époque ministre de l’économie, et actuelle présidente de la banque centrale européenne ?! Aucun journaliste n’a évoqué le sujet, ni le fait que la mort du principal intéressé entraînait automatiquement l’extinction de toute action publique à son encontre. Je ne fais évidemment pas partie de ceux qui ont longtemps souhaité la disparition de l’homme d’affaires français, pas plus que je ne fais partie de ceux qui la pleurent aujourd’hui, bien souvent avec des larmes de crocodile. Un vieux sage de mon village natal, qui ne roulait pas sur l’or, disait qu’il était heureux de vivre chichement, mais sans aucune affaire tordue à se reprocher, surtout pas pour des questions d’argent. Il ajoutait : « À quoi cela sert-il d’être le plus riche du cimetière  » ? Une autre déclinaison du célèbre adage : l’argent ne fait pas le bonheur. Où qu’il soit à présent, il n’est pas certain que Bernard prenne davantage le temps de méditer sur le sujet.

ET  DE  86  !

Née le 1er octobre 1935 à Walton-on-Thames, dans le sud-est de l’Angleterre, Julie Andrews est une artiste touche à tout qui n’a jamais eu peur d’aborder des registres différents, ni de mélanger les genres. Elle demeure mondialement connue pour deux rôles particulièrement marquants : celui de Mary Poppins, en 1964 (avec cette fabuleuse réplique et chanson dont le titre ressemble à une formule magique : Supercalifragilisticexpidocious), et celui de Victor Victoria (l’histoire insolite d’une femme se travestissant en homme dans les cabarets et le Paris des années 1930), film mémorable, réalisé en 1982 par Blake Edwards, qui fut aussi son mari. Actrice, chanteuse, danseuse, écrivaine, metteuse en scène de théâtre, présentatrice tv, Julie Andrews reste infatigable. À 86 ans, avec un charme et un enthousiasme qui lui sont propres, elle continue d’enchaîner réalisations originales et projets divers, dont beaucoup en direction de la jeunesse (romans et séries éducatives pour enfants). C’est sans doute le secret de la sienne.

 

 

 

 

ANNIVERSAIRE  COSMIQUE

Mildred Fogel a débarqué sur Terre le 13 septembre 1931 à Chicago (USA) et si son patronyme officiel ne dit pas grand chose au commun des mortels, c’est parce qu’elle l’a rapidement troqué pour le pseudonyme Barbara Bain. Arrivée à New York avec en poche un diplôme de sociologie de l’université de l’Illinois, elle a d’abord tenté une carrière de danseuse puis de mannequin. Elle a fait la couverture de plusieurs grands magazines mais s’est rapidement retrouvée propulsée dans l’univers des séries télévisées, et non des moindres ! (suite…)

OÙ  SONT  LES  FEMMES  ?

Peut-on manifester pour une liberté d’expression intégralement bâillonnée de noir ? Aussi paradoxal que cela puisse paraître, la réponse est oui, selon 200 à 300 femmes qui ont témoigné leur soutien au régime taliban ayant repris le pouvoir en Afghanistan. Ce samedi 11 septembre 2021, elles se sont réunies dans un amphithéâtre de l’université Shaheed Rabbani, à Kaboul, afin de revendiquer publiquement leur prise de position. Elles ont fustigé les Afghanes qui réclamaient le respect de leurs droits et la liberté d’agir ou de se vêtir comme elles le souhaitaient. (suite…)