AU SUD DE LA MÉMOIRE

C’était le deuxième jeudi du mois d’août 1998. Encore étourdie par sa première coupe du monde, conquise au dépens d’un Brésil balbutiant son football, la France somnolait sa convalescence bigarrée. Elle sortait à peine d’une vague de chaleur ayant anesthésié le pays durant une semaine. Au fond du Quercy blanc, tout au bout d’un chemin de terre longeant un champ de blé fraichement coupé, un homme marchait doucement. Il était 13 heures et des poussières, qui s’envolaient avec le temps d’une nostalgie suspendue à autre chose. Clouée au sol par un chapeau foncé, son ombre découpait un début d’après-midi qui s’annonçait oppressant. (suite…)

CAMÉRA  BISOUS


Aux USA et au Canada, cette tradition perdure depuis des décennies. En Europe, le phénomène tente d’exister avec des apparitions, encore bien timides, initiées avec les années 2000. Le kiss cam est un baiser échangé devant les caméras lors d’un événement sportif. Le réalisateur isole deux personnes présentes dans les gradins. L’image est diffusée sur les écrans géants du stade, ou à la télévision en direct. Souvent, un cadre en forme de cœur entoure les deux heureux (ou malheureux) élus. C’est l’instant kiss cam. La foule réagit rapidement et il est difficile d’ignorer ce qui se trame à ce moment précis. Si vous voulez passer à travers et esquiver le coup, mieux vaut avoir une bonne raison. Votre partenaire de tribune pourrait très mal le prendre. Il ou elle aura alors tout le loisir de vous le faire payer cher et de vous mettre la honte en public, sous les huées et les sifflets, ou les applaudissements, du public. Sans compter l’intervention intempestive de mascottes vengeresses qui n’hésiteront pas à en rajouter une couche pour corser l’humiliation. Apparu en Californie au début des années 1980, ce rituel espiègle et amusant avait pour but initial d’animer l’avant-match ou de combler les temps morts durant les rencontres de base-ball, basket, football américain puis hockey sur glace. Il a fait plus remplir sa fonction, tant et si bien qu’aujourd’hui certaines compilations de ces séquences impromptues font la joie des internautes du monde entier. Le top 25 livré ci-dessus en est un exemple éloquent. Bons baisers du kiss cam !

HERE COMES THE SUN

Enregistrée entre juillet et août 1969, cette chanson solaire fut pourtant composée durant le printemps précédent. George Harrison avait fui les tensions minant le groupe des Beatles et s’était réfugié chez Éric Clapton l’espace-temps d’un après-midi ensoleillé. Se promenant dans le jardin de son ami, une guitare acoustique à la main, cette mélodie lui est venue d’un trait, telle une libération et un soulagement. L’intro reconnaissable entre mille, les notes cristallines de la guitare et les paroles apaisantes rayonnent de « cool vibrations ».
De Nina Simone à Coldplay en passant par George Benson, Richie Havens, Bon Jovi, Peter Tosh, Sergio Mendes, John Pizzarelli, Ben Harper, Sheryl Crow, ce morceau a été repris par une myriade de musiciens et interprètes aussi différents que talentueux avec à chaque fois un désir de communiquer une chaleur et une sérénité singulières. Quelles que soient la météo ou l’atmosphère du moment, cette composition agit comme un élixir de quiétude.
Instantanément, à l’extérieur comme à l’intérieur, here comes the sun.

Recorded between July and August 1969, this solar song was however composed during the previous spring. George Harrison ran away from the stress sapping the Beatles group. He sought refuge by Eric Clapton during a sunny afternoon. He went for a walk in his garden’s friend with an acoustic guitar in his hand. This melody came up in one go, as a liberation and relief. The introduction easily recognizable without hesitation, the crystalline guitar notes and the calming wording are shining with « cool vibrations ».
From Nina Simone to Coldplay going through George Benson, Richie Havens, Bon Jovi, Peter Tosh, Sergio Mendes, John Pizzarelli, Ben Harper, Sheryl Crow, this song piece has been performed by plenty of musicians and artists, as different as talented, always wanting to communicate specific warmth and serenity.
Whatever the weather outside or how you feel, this songs instantaneously calm down, inside and outside. Here comes the sun.

DU  RÊVE  À  LA  RÉALITÉ

Quand on était petit, on nous reprochait souvent d’être dans la lune. Aujourd’hui, les grands de ce monde sont prêts à dépenser des fortunes pour aller y faire un tour, ou du moins s’en approcher, les idées bien à l’étroit dans leurs fusées. L’autoroute du soleil, ce n’est plus assez chic pour eux. Jusqu’au jour où le premier crash à mille millions de dollars les fera redescendre sur terre, avant de les expédier illico dans l’au delà. La voie la plus rapide du rêve à la réalité n’est pourtant pas si difficile à emprunter. Pour qui sait regarder et voyager plus loin, elle ne coûte pas un centime.

 

EN  RIRE  OU  EN  PLEURER  ?

BAC 1

Chaque année, les perles du baccalauréat valent leur pesant de cacahuètes. En voici un florilège désarmant ci-dessous (cliquer sur la photo pour l’agrandir). On comprend mieux l’augmentation du nombre de suicides parmi le corps enseignant… Par moments, on finit par se demander si certaines de ces inepties ne proviennent pas de la plume d’humoristes plus ou moins inspirés. Que nenni. Des amis professeurs me confirmaient récemment que, non seulement ce type d’âneries contaminait de plus en plus de copies, mais qu’à l’oral, leurs auteurs s’entêtaient souvent à les justifier par des argumentations aussi délirantes qu’ahurissantes. Le “Vu à la télé” qui estampille certaines mauvaises publicités se transforme chez eux par un “Vu sur internet” qui vaut toutes les confirmations du monde. (suite…)

UMBERTO  ECO

« LES RÉSEAUX SOCIAUX ONT DONNÉ LE DROIT À LA PAROLE À DES LÉGIONS D’IMBÉCILES QUI, AVANT, NE PARLAIENT QU’AU BAR ET NE CAUSAIENT AUCUN TORT À LA COLLECTIVITÉ. ON LES FAISAIT TAIRE TRÈS VITE. AUJOURD’HUI, ILS ONT LE MÊME DROIT DE PAROLE QU’UN PRIX NOBEL. »

I  KISSED  A  GIRL


Pour faire suite, dans un registre très contemporain, à la bisexualité de Jules César (sujet édité avant-hier sur ce blog), la chanson “I Kissed a Girl”, écrite et popularisée par Katy Perry, ne pouvait tomber plus à propos. Abordant le sujet par son versant féminin, vidéo-clippé dans un style délicieusement séditieux, le thème de la bisexualité y est traité de manière décomplexée et troublante. À l’époque de sa sortie, en 2008, les producteurs se montrèrent assez frileux concernant sa promotion. Ils redoutaient une polémique, potentiellement préjudiciable à la carrière de leur artiste. Katy Perry en décida autrement et bien lui en prit. (suite…)

SAVEAFOX


Ils s’appellent Archer, Jagger, Shadow, Dixiedo, Vixie, Waverly, Felix, Muttias, Luka, Jabraska, Esmae, Malachi, Valentine, Bongo, Banjo, Emmie, Jack, Sophie, Mala, Kipper, Francesca, Nikita, Jamison, Duchess, Skeeter, Loki, Oakley, Winter, Floofala et tant d’autres qui étaient voués à une mort certaine. Tous ces renards ont trouvé refuge et secours auprès de Mikayla Raines et de son organisation à but non lucratif : “SaveAFox” (Sauvez un Renard). (suite…)

OTAGE AU FOYER
HOSTAGE AT HOME

Ménage, lavage, repassage, couture, vaisselle, rangement… la journée d’hier a défilé à une allure vertigineuse sans que je m’en aperçoive. Résultat final : j’ai pris 24 heures de retard dans mes travaux de lecture et d’écriture ! Quelquefois, j’ai vraiment l’étrange impression d’être prisonnière des tâches ménagères… Et mon ami qui, le soir en rentrant, me balance froidement : « Quelle chance tu as, avec ce temps, d’être restée bien tranquille toute la journée à la maison »…

House work, washing, ironing, sewing, wash-up, tidying-up, yesterday went by at full speed without I could notice it. As a result, I am 24 hours late in my reading and writing work. Sometimes I have this strange feeling of being prisoner of my household job… And my boyfriend, coming back home in the evening, hurls at me: « With the weather outside, how lucky you are to have been able to stay all day quietly at home »…

MAI, MAI, MAI…

Ce mois ne fait-il vraiment que ce qui lui plait ? Ça commence le 1er mai par une fête du travail qui, dès 1890, pousse les manifestants à défiler avec un triangle rouge à la boutonnière, symbolisant la journée divisée en trois parties égales : travail, sommeil, loisirs. La fleur d’églantine assure ensuite un bref relais avant que le brin de muguet ne reprenne le dessus, et le devant de la scène. En 1561, Charles IX avait déjà adopté la coutume d’offrir des brins de muguet aux dames de la cour en ce premier mai décidément bien inspiré. (suite…)