UN  AN  ET  UN  JOUR


Avec plus de 70 films en un demi-siècle d’une carrière phénoménale, malheureusement peu connue du grand public, Irène Papas fait partie de ces femmes qui marquent une génération beaucoup plus profondément que les suivantes ne le pensent. Native d’un village de Corinthe, en Grèce, l’interprète ténébreuse a tout joué : la tragédie grecque, évidemment, genre dans lequel elle ne pouvait qu’exceller, mais aussi le western et le film noir américain, le péplum italien, l’aventure historique, le film d’auteur et le film de guerre, et tant d’autres horizons qui lui ont conféré un statut particulier sur la scène européenne. Elle a également prêté sa voix à Mikis Theodorakis, ainsi qu’à Vangelis sur deux albums (Odes en 1979 et Rhapsodies en 1986), et même bien avant, en 1972, du temps des Aphrodite’s Child avec Demis Roussos. Cette grande dame a eu 95 ans hier, vendredi 3 septembre 2021, et j’ai manqué l’occasion de le lui souhaiter comme il se devait. Puisse-t-elle me le pardonner, et ne pas déclencher à mon encontre la colère des dieux grecs et des canons de Navarone réunis.

CHARLIE  WATTS

02/06/1941  –  24/08/2021


Charlie Watts, le batteur métronome des Rolling Stones vient de ranger irrémédiablement ses baguettes à 80 balais et des poussières. Comme toujours dans ce genre de circonstances, on va écrire, lire et entendre beaucoup d’âneries sur un personnage clef de l’histoire du rock en général et des Rolling Stones en particulier. Inutile donc d’en ajouter une louche ici même. Simplement ré-écouter différemment certains morceaux des Stones, tranquille comme il savait l’être, et prêter davantage attention à son jeu, diamétralement opposé aux gesticulations et exagérations de ses compères Keith et Mick. Savoir aussi que, dorénavant, le temps est définitivement de son côté, et lui dire une dernière fois : Miss You, Charlie.


ALOHA  MANU


D’ABORD, IL Y EUT LES FLEURS.


ENSUITE, IL Y EUT LES COQUILLAGES.


PUIS, IL Y EUT UN MÉLI-MÉLO D’ON NE SAIT PLUS TROP QUOI,
SORTE D’EMPAPAOUTAGE MONUMENTAL À LA HAUTEUR DE L’ÉVÉNEMENT.

ET ENFIN, IL Y EUT CETTE PENSÉE FURTIVE SOUS LE CRÂNE DU PRÉSIDENT :
«  EST-CE QU’ILS NE SERAIENT PAS UN PEU EN TRAIN DE SE FOUTRE DE MA GUEULE ? »

 

BELLES  PLANTES  ET  VIEILLES  BRANCHES



Il a beau avoir été décalé de mai à juillet, on va encore y avoir droit ! En plan panoramique messieurs dames, avec éditions spéciales à la clef, sur fond de palaces rutilants et de paparazzi rugissants. Descente de grosses bagnoles, tapis rouge et montée des marches : le Festival de Cannes nous offre, de façon irrémédiable, les mêmes séquences effroyablement surjouées. On en viendrait à souhaiter l’extinction des projecteurs, voire une pellicule voilée, mais la menace Covid-19 elle-même n’y a rien pu changer. Les masques ne sont pas près de tomber. (suite…)

LOYAUTÉ

 


Malheureusement, nous y sommes, encore une fois. Chaque année, près de 100.000 abandons d’animaux viennent rappeler la lâcheté et l’irresponsabilité des humains envers ceux qui leur témoignent des sentiments bien plus nobles. Campagnes d’affichage ou clips vidéos, la Fondation 30 Millions d’Amis trouve souvent le bon angle pour sensibiliser le grand public contre ce fléau. La version 2016 avait fait mouche en s’appuyant sur un clip pertinent et adroitement réalisé. Cela valait bien une rediffusion ici, cinq ans plus tard. En espérant que ces initiatives infléchiront progressivement la courbe de ces indignités, dont les deux tiers sont cumulés lors de la période estivale, coïncidant avec les départs en vacances…

 

 

 

TOUJOURS D’ACTUALITÉ


Avec le championnat d’Europe des nations qui touche à sa fin, on a vu réapparaître toutes les exagérations les plus exécrables et les malhonnêtetés les plus horripilantes que le football peut générer dans ses rebonds de moins en moins glorieux. Des joueurs aussi truqueurs qu’ils sont millionnaires aux supporters dont la trivialité n’est plus à démontrer, en passant par des hauts dirigeants sportifs qui pourraient sans problème produire des émissions de téléréalité, le tableau ne cesse de s’assombrir, sous l’œil  passif et coupable du téléspectateur. (suite…)

LE  BON  SENS  À  BONNE  DISTANCE

On pensait avoir tout vu, tout entendu au rayon des stupidités anti-covid-19. Les dispositions prises au Stade de France lors de la finale du Top 14 de rugby nous ont prouvé le contraire. Vendredi 25 juin 2021, dans ce magnifique écrin qui peut accueillir 90.000 spectateurs, la jauge maximale des supporters autorisés à venir encourager leurs équipes avait été réduite à 14.000 personnes. La faute à ces fameuses règles sanitaires incluant gestes barrière et distanciation sociale. Décapiter l’affluence de cinq sixièmes, on pouvait trouver cela un peu tiré par les cheveux, mais après tout, s’il fallait en passer par là, en bon petits soldats disciplinés, on allait pas faire la mauvaise tête. (suite…)

STRATOSPHÉRIQUE


Hier soir, lundi 14 juin 2021, lors du premier tour du Championnat d’Europe des Nations de football, à l’Hampden Park de Glasgow, les Écossais ont été douchés par un attaquant tchèque presque inconnu du grand public jusqu’alors. Patrik Schick, qui évolue au Bayer Leverkusen,  avait déjà inscrit le premier but de son équipe d’une magnifique tête décroisée dans la surface de réparation, juste avant la mi-temps. Dès la reprise l’Écosse se lança à l’abordage afin d’égaliser face à la République Tchèque… et faillit bien y parvenir lorsque, à la 52ème minute, sur un contre rapidement mené, le même Patrick Schick tenta un coup de folie à 50 mètres de la cage adverse. La ligne du milieu de terrain à peine franchie, en pleine course, il déclencha un tir inimaginable qui, au bout d’un arc de cercle surréaliste, alla se ficher pleine cible, lobant le gardien trop avancé, faisant trembler les filets écossais, et frémir les fanas de foot du monde entier. Il y a des buts comme cela, où la sphère de cuir, de par sa trajectoire, son inspiration, sa suspension hors du temps et de l’espace, semble tout à coup venir d’une autre planète.

NADAL, À TERRE, BATTU !

Sur le fond ocre orangé de la terre battue, estampillé Roland Garros plein centre, ils avaient déjà des allures de demi-dieux, prêts à s’affronter dans une bataille tout droit sortie de la mythologie grecque. Sur le court Philippe Chatrier, ce vendredi 11 juin 2021, ils ont donné naissance à un match de légende, un de ceux qui restent gravés dans les mémoires des années plus tard, un de ceux que l’on évoque avec la fierté dérisoire du téléspectateur avachi sur son canapé, qui, persuadé d’avoir été partie prenante de l’exploit sportif, déclare : « J’y étais » ! (suite…)