22 SEPTEMBRE 2021 – 21H21

L’automne, cet intervalle magnifique qui n’est plus vraiment l’été et pas encore l’hiver. L’automne, cet entre-deux qui demeure la plus romantique des quatre saisons, tout en nuances et nostalgies. L’automne, berceau du spleen et de la poésie, aux teintes douces et presque irréelles ; jaunes orangés, ocres mordorés, auburns oubliés, acajous estompés, châtains basanés, bronzes cuivrés… et tant d’autres que l’on ne peut ignorer sans jamais pouvoir les nommer. Et ses rayons voilés, abandonnés par un soleil oblique, qui se meurent doucement en s’allongeant sur un tapis de feuilles plaintives… (suite…)

71  BALAIS

De Ghostbusters (SOS Fantômes, 1984) à Lost in Translation (2003), ou Moonrise Kingdom (2012), en passant par Un Jour sans Fin (1993), on ne voit pas le temps passer avec Bill Murray. Né le 21 septembre 1950 à Evanston (Illinois), dans la banlieue nord de Chicago, ce nouveau septuagénaire continue de tourner tout en empruntant d’imprévisibles chemins de traverse existentiels et professionnels. Acteur ironique au possible, ne reculant devant aucune singularité, il n’a pas d’agent, ne fréquente guère Hollywood, est passionné de golf et sélectionne ses rôles en consultant, de façon assez irrégulière, la boîte vocale d’une ligne téléphonique réservée à cet usage. Il est aussi capable de disparaître totalement des écrans radar, même après un énorme succès comme SOS Fantômes. Il s’était alors réfugié à Paris, loin du tumulte people, afin d’étudier la philosophie et l’histoire à la Sorbonne ! Et il n’était pas rare de le croiser du côté de Bercy, dans le douzième arrondissement, où il fréquentait régulièrement la Cinémathèque française…

COURS  PARTICULIERS

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Dure loi de la rentrée des classes qui nous impose la reprise consciencieuse de tous travaux intellectuels, à quelque âge que ce soit… Je me suis souvent demandé comment les grands artistes, plus fantaisistes qu’académiques, avaient vu ou voyaient ensuite les choses, au risque d’influencer, voire transformer, notre propre perception. Et métamorphoser nos brusques angoisses enfantines en délicieux fantasmes d’adultes.
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HUGH  !

« Avez-vous remarqué comme on est bête quand on est beaucoup ? ». Cette citation de George Sand m’a toujours fascinée par son insondable vérité. Les rassemblements périodiques qui voient fleurir des crétineries aussi bêtes que méchantes dans les stades de football en sont une imparable illustration. Banderoles débiles, insultes homophobes, éructations racistes, chants sectaires, vociférations primaires, jets de canettes et d’objets de toutes sortes… plus ça va, pire c’est. On trouve même des journalistes dits sportifs prétendre que cela fait partie de je ne sais quel folklore primitif ou tradition stupide. Au comptoir d’en face, devenu aujourd’hui plateau de télévision, des instances et des politiques en mal de notoriété jettent de l’huile sur le feu en proposant des remèdes aussi pernicieux que le mal. Diffusé à la belle époque de l’émission quotidienne Le Set, sur Pink TV, il y a déjà quinze ans (sous le regard bienveillant d’Héléna Noguerra), ce billet d’humeur colle étonnamment à l’actualité toujours aussi désolante du football et de ses supporters… Et à l’implacable mécanique du nombre.

AOÛT  EST-ELLE  PASSÉE  ?

« C’est au mois d’août qu’on met les bouts, qu’on fait les fous, les gros matous, les sapajous… » affirme haut et fort la chanson de Pierre Perret. Le lundi 21 août 1911, la Joconde fit sien ce refrain en quittant subrepticement le Louvre. Elle disparut ni vue ni connue, en dépit de sa notoriété planétaire. Elle prit des vacances, de très longues vacances, puisqu’elle ne fut retrouvée que deux ans plus tard, à Florence, en Italie ! Elle daigna finalement réintégrer le musée du Louvre, mais ne fut à nouveau accessible au public qu’à partir du 4 janvier 1914… (suite…)

Amour, Amitiés…

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Les images du montage photo sont légèrement racoleuses, je vous l’accorde, mais les chaînes de télévision françaises l’ont été si peu en annonçant sa mort, un certain dimanche 17 août 2014, que cela rétablit un semblant d’équilibre. Pierre Vassiliu avait coupé le contact discrètement après un parcours inclassable. Le grand public retient évidemment son tube de 1973 “Qui c’est celui-là ?”, étonnante adaptation de “Partido Alto” de Chico Buarque, et peut-être aussi l’année d’après “J’ai trouvé un journal dans le hall de l’aéroport”. (suite…)

ÂMES  SŒURS

 

Maître dans l’art du mimétisme, le caméléon est une des manifestations les plus déroutantes et fascinantes dans ce que l’on pourrait qualifier de « travestissement de survie ». Capable de changer de couleurs plusieurs fois par minute, ce reptile a la faculté d’imiter le lieu ou l’objet auquel il est rattaché afin de passer inaperçu aux yeux de ses prédateurs et de ses proies. (suite…)

AU SUD DE LA MÉMOIRE

C’était le deuxième jeudi du mois d’août 1998. Encore étourdie par sa première coupe du monde, conquise au dépens d’un Brésil balbutiant son football, la France somnolait sa convalescence bigarrée. Elle sortait à peine d’une vague de chaleur ayant anesthésié le pays durant une semaine. Au fond du Quercy blanc, tout au bout d’un chemin de terre longeant un champ de blé fraichement coupé, un homme marchait doucement. Il était 13 heures et des poussières, qui s’envolaient avec le temps d’une nostalgie suspendue à autre chose. Clouée au sol par un chapeau foncé, son ombre découpait un début d’après-midi qui s’annonçait oppressant. (suite…)