EN ROUGE ET BLANC

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Après les cerises, récoltées juste à temps, mais en la cruelle absence des framboises, malheureusement grillées sur pied par la canicule, le « Pré le Loup » a livré ses merveilleuses groseilles. En rouge et blanc, comme ne l’a jamais chanté Jeanne Mas, ce fruit extraordinaire est le champion de la balance entre sucré et acidulé. Il chatouille les papilles gustatives avec juste ce qu’il faut de malice et de fraîcheur pour inviter à la récidive dans la chaleur de l’été. Enfant, je scrutais avec impatience la croissance de ces baies magiques dans le jardin de mes grands-parents. Leur changement de taille et de couleur était la promesse d’une récompense longtemps différée. Et puis, un beau matin, ou plutôt un bel après-midi, tombée d’on ne sait où, la permission de tous les excès conduisait irrémédiablement à une dégustation orgiaque et déraisonnable, le plus difficile, pour un enfant comme pour un adulte, étant de s’arrêter à temps.
Bien plus tard, j’appris que les bienfaits de la groseille étaient nombreux. Riche en vitamine C, B5 et E, source de fibres, faible teneur en matières grasses, elle facilite le transit intestinal, augmente l’effet de satiété et l’absorption des minéraux, équilibre la flore intestinale et permet de piéger le cholestérol. Ses propriétés biologiques sont impressionnantes, notamment antioxydantes, anticancéreuses, anti-inflammatoires, antibactériennes, antifongiques et antivirales. Sa consommation a des effets très positifs sur la santé cardiovasculaire. Si j’avais su, j’en aurais abusé encore bien davantage ! Les Celtes et les druides voyaient en elle un symbole de longévité. Venue des pays froids de l’hémisphère nord, la groseille fut cultivée dans les jardins français à partir du Moyen-Âge. En Lorraine, sa présence est attestée dès le XIIe siècle. Selon certaines croyances populaires, elle constituerait une protection efficace contre les démons. Contre les démons peut-être, mais sans doute pas contre le septième péché capital de la religion catholique : la gourmandise.
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Bonjour! Ah oui les groseilles rouges (que je préfère), j’en récoltais enfant chaque été, dans les Vosges (Géradmer précisément) chez une copine de ma grand-mère, qui avait un vaste jardin. Et chaque année, à l’apparition de ces jolis et bons fruits, disposés dans quelque barquette rikiki, je me rappelle avec nostalgie l’époque où je remplissais une grande bassine… Et vous, sans doute, vous devez faire grise mine devant les dites barquettes à Paris, mais vous avez peut-être encore la chance de pouvoir les cueillir à foison! Merci pour cette évocation. —– En août, il faudra nous parler des myrtilles — que je récoltais aussi, mais cette fois dans les bois alentours de notre demeure, jusqu’à ce que mon grand pot au lait soit plein, et autrement meilleure que celles qu’on trouve dans les commerces parisiens en leur barquette rikiki… Et ces jolis fruits noirs, violacés si on les écrase, faisaient l’objet de délicieuses tartes comme on en trouve dans les Vosges – et peut-être aussi en Lorraine. Il y a bien longtemps que je n’ai eu ce bonheur de déguster ces tartes, mais rien que d’y penser, j’ai le goût dans la bouche! Temps anciens jamais oubliés. Cordialement.