RETOUR EN PISTE


Dans le grand barnum de la politique internationale, les années passent, mais le même cirque fait toujours recette. Acrobates de la rhétorique et jongleurs de mots, illusionnistes économistes et dresseurs de fausses idées, écuyers de l’inflation et contorsionnistes de la corruption, équilibristes du mensonge et lanceurs de couteaux dans le dos… ils sont tous là. Pas un ne manque à l’appel. Pas un n’envisage son dernier tour de piste. Pas question de quitter la scène et la lumière des projecteurs, quand bien même on les en prie. Juste un petit tour en coulisses pour mieux concocter leurs manigances à l’abri des regards, et hop, the show must go on. Il suffit de faire croire à un nouveau numéro en bricolant quelque peu le précédent. L’illustre concours du plus grand Monsieur Déloyal ne manque jamais de candidats. Et les clowns n’ont plus rien de rigolo. À l’instar du Joker dans Batman, ils sont de plus en plus inquiétants. Ils n’ont même plus besoin de maquillage pour farder leurs machinations. Clowns blancs qui font rire jaune, clowns jaunes qui font blêmir, clowns noirs qui font rougir, clowns rouges qui versent le sang… ils ont essaimé partout sur la planète. Qu’ils les cachent derrière une barbe, sous un turban, une casquette étoilée ou un costume bien taillé, leur suffisance et leur indécence sont toujours les mêmes… Et elles se voient comme un faux nez au milieu du visage.

UN FILM À NE PAS MANQUER !


Pour tous ceux et celles qui ont manqué la première diffusion du film Pride, sur Arte, jeudi soir, une séance de rattrapage est possible, voire obligatoire, grâce à l’option replay, disponible sur la même chaîne, jusqu’au mercredi 9 novembre 2022. Ce long métrage, sorti en 2014, est un petit chef d’œuvre d’émotions dans le genre évocation historique. Inspiré d’une histoire vraie, il évoque la genèse du rapprochement très touchant de deux communautés que tout semblait opposer au départ, mais qui s’unirent, avec beaucoup d’humanité, pour défendre la même cause.

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CHEVEUX EN BATAILLE


C’est une image et une situation on ne peut plus banale et totalement anodine, dans la plupart des pays, mais en Iran, elle revêt un caractère tout particulier. Ces lycéennes sans hijab (voile ou foulard qui couvre la chevelure des musulmanes tout en laissant le visage apparent) osent revendiquer la liberté pour les femmes d’Iran, en confirmant noir sur blanc leurs convictions et en faisant le V de la victoire. Cette photographie fait partie des nombreuses réactions et protestations qui ont suivi le décès d’une jeune femme de 22 ans, Mahsa Amini, arrêtée à Téhéran par la police des mœurs iranienne pour « port de vêtements inappropriés ».

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FERMETURE DES PORTES


Cest bel et bien terminé ! Ce dimanche 23 octobre 2022, porte de Versailles, le « salon de l’auto » a fermé les siennes jusqu’à l’année prochaine. Pour les amateurs de grosses cylindrées comme pour les petites citadines, fini de rêver… Maintenant, il faut penser à rentrer ! C’est que nous avons essayé de faire, avec ma copine Yasmine, après avoir cherché en vain une station service où faire le plein de son magnifique bolide. Heureusement, cette adorable petite Smart n’est pas trop lourde à pousser… et j’avais pris la précaution de chausser des escarpins à talons antidérapants !

DU 17 AU 23 OCTOBRE

…La 89ème édition
La 89ème édition du Mondial de l’Automobile de Paris vient de renouer avec le grand public sur son site de prédilection, au Parc des Expositions de la Porte de Versailles. Du 17 au 23 octobre 2022, c’est une semaine radieuse que tous les amateurs de grosses cylindrées et de carrosseries étincelantes n’osaient plus espérer, après les deux annulations précédentes (2020 et 2021) pour cause de Covid 21. Cette année, les organisateurs ont insisté sur l’importance d’un évènement, qui, selon eux : « sera l’occasion pour la filière automobile de partager avec les Français, journalistes et visiteurs du monde entier, sa vision d’avenir de l’automobile et de la mobilité ». Tout devait donc redémarrer sur les chapeaux de roues afin de régénérer un marché au beau fixe. La pénurie d’essence qui a coïncidé avec l’ouverture du salon est la seule ombre qu’ils n’avaient pas prévue au tableau. Mais quelle ombre ! Pour des spécialistes de la bagnole, pour l’avenir de l’automobile et de la mobilité, ça la fout mal… À quoi vont bien pouvoir servir toutes ces voitures de luxe et ces bolides rutilants quand leurs propriétaires n’auront plus la possibilité de les ravitailler en carburant ? D’une façon ou d’une autre, nous savons bien que les réserves en pétrole ne sont pas inépuisables. Il va bien falloir se décider à passer à autre chose un jour ou l’autre. Et si ce coup de semonce marquait le début d’une fin, la confirmation d’un sérieux coup de pompe dans un secteur sur le déclin… comme une marche arrière forcée, à grands coups de pompe dans l’arrière train.

TRIPLE ET DOUBLE DOUBLE


Ce dimanche 18 septembre 2022, sur le circuit du Castellet, la 85ème édition du Bol d’Or fêtait le centenaire de cette célèbre épreuve d’endurance moto, dont le nom a pour origine une ancienne course cycliste, créée en 1894, qui se déroulait elle aussi sur une durée de 24 heures d’affilée. Le vainqueur recevait alors un bol en bronze offert par les chocolats Menier… Mais une 85ème pour un centenaire : qu’est-ce que c’est que ce compte qui ne tient pas la route ? C’est un décompte qui intègre deux périodes sombres : celle de 1940 à 1946, durant laquelle ce rendez-vous ne put être maintenu pour cause de seconde guerre mondiale et celle de 1961 à 1968, durant laquelle la course fut abandonnée.

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14 SEPTEMBRE 2022 : CLAP DE FIN


Avec plus de 80 films en un demi-siècle d’une carrière phénoménale, malheureusement trop peu connue du grand public, Irène Papas fait partie de ces femmes qui marquent une génération beaucoup plus profondément que les suivantes ne le pensent. Native d’un village de Corinthe, en Grèce, l’interprète ténébreuse a tout joué : la tragédie grecque, évidemment, genre dans lequel elle ne pouvait qu’exceller, mais aussi le western et le film noir américain, le péplum italien, l’aventure historique, le film d’auteur et le film de guerre, et tant d’autres variations dans un répertoire qui lui a conféré un statut très particulier sur la scène européenne. Elle a donné la réplique à Kirk Douglas, Anthony Quinn, Richard Burton, Gregory Peck, David Niven, James Cagney, Robert Taylor, Yves Montand, Jean-Louis Trintignant, Jon Voigt, Laurent Terzieff, Omar Sharif, James Mason, Michael Lonsdale, Jeff Goldblum, Dan Aykroyd, Rupert Everett, Nicolas Cage… pour ne citer que les plus connus.

Actrice de renom, mais également chanteuse de grand talent, elle a prêté sa voix à Mikis Theodorakis, ainsi qu’à Vangelis sur deux albums (Odes en 1979 et Rhapsodies en 1986), et même bien avant, en 1972, du temps des Aphrodite’s Child avec Demis Roussos. Surnommée “Bella Greca” ou “Irene Nostra” par le public italien qui l’appréciait beaucoup (elle a tourné avec de nombreux cinéastes de Cinecittà), elle avouait volontiers qu’après Athènes, Rome était sa seconde mère. Farouchement opposée à la junte militaire, elle dut se résoudre à vivre un temps en exil, de 1967 à 1974, durant la période sombre de la dictature des colonels. Brièvement mariée à un acteur et réalisateur grec (de 1947 à 1951) elle n’a pas eu d’enfants et est toujours restée très discrète, pour ne pas dire secrète, à propos de sa vie sentimentale. En 2004, toutefois, peu après la mort de Marlon Brando, elle avoua “un long et secret amour” entre eux deux. Elle précisa qu’ils s’étaient rencontrés pour la première fois à Rome en 1954, qu’ils s’étaient revus pour la dernière fois à Athènes en 1999… et qu’il demeurerait “la grande passion de sa vie”. Une grande passion pour une grande dame qui avait eu 93 ans le 3 septembre dernier.

Depuis une vingtaine d’années, Irène Papas était revenue vivre dans son village natal de Chiliomódi, mais la dernière décennie ne fut pas tendre avec celle qui nous laissa de merveilleux souvenirs, à jamais gravés sur la pellicule. La maladie d’Alzheimer a embrumé les siens et assombri un dernier horizon que Joachim Du Bellay eût pu lui souhaiter plus doux, comme à Ulysse. Mais les tragédies grecques, et leurs tragédiennes, n’y ont sans doute jamais eu droit.

SUR ARTE CE SOIR

JEAN-LUC GODARD (03/12/1930 – 13/09/2022)

Un cinéaste se raconte davantage avec des images qu’avec des mots. En hommage à celui qui a choisi de s’en aller hier, Arte diffuse ce soir deux films de Jean-Luc Godard : “Le Mépris”, sorti en 1963 avec Brigitte Bardot et Michel Piccoli, et “Prénom Carmen”, sorti vingt ans plus tard, en 1983, avec Maruschka Detmers. D’autres chaînes prendront le relai dans les jours suivants, notamment France 5, dès vendredi prochain, avec le film “À Bout de Souffle” (avec Jean-Paul Belmondo et Jean Seberg, en 1960), ou encore Ciné+Classic, qui proposera “Pierrot le Fou”, (avec Jean-Paul Belmondo et Anna Karina, en 1965), le lendemain samedi 17 septembre.