JUSTE DEUX DOIGTS !

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« Les verres à pied ne sont pas à mettre entre toutes les mains. », prétendait-elle avec assurance. « En toutes circonstances, il faut savoir les manier de façon originale et élégante. », poursuivait-elle avec révérence. Ses affirmations résonnaient comme d’étranges confidences, comme d’enivrantes sentences, comme de troublantes clairvoyances. Fallait-il s’en méfier ou y déceler un second sens ? La réponse survint en toute fin de soirée, après l’avoir raccompagnée jusqu’à son appartement. Le fameux dernier verre fut alors évoqué sans équivoque. Ayant délicatement abandonné ses escarpins vermillon au bord du tapis persan, voluptueusement alanguie sur son canapé lie de vin, elle me pria de servir un capiteux Saint-Émilion, divin élixir qu’elle avait pris soin de faire chambrer à part. Tendant la tulipe cristalline comme jamais je n’aurais imaginé qu’il fut possible de le tenter, elle ajouta : « Juste deux doigts ! Les verres à pied mettent parfois la tête à l’envers »…