IGGY TOP

LÉZARD  CONTEMPORAIN


« J’aimerais bien souffler mes 80 ans, mais je n’ai pas très envie de devenir une momie. » L’auteur de cette phrase vient d’avoir 73 ans. Il est né le 21 avril 1947 à Muskegon, dans le Michigan (USA). L’état civil l’a enregistré sous le nom de James Newell Osterberg Jr, mais l’histoire du rock l’a d’ores et déjà immortalisé sous le pseudonyme d’Iggy Pop. Incassable résistant, inclassable résilient, il a tracé un chemin sinueux et chaotique avec la nonchalance épileptique d’un saurien venu d’une autre planète. Tel un junkie miraculé qui se serait mué en chamane adulé.

D’ascendance anglaise et irlandaise de par son père, danoise et norvégienne de par sa mère, le jeune Iggy passe son enfance dans une caravane, en banlieue d’une petite ville nommée Ann Arbor, non loin de Détroit. Élève brillant mais remuant, très porté sur la littérature, il nourrit une passion précoce pour la musique et devient batteur dès ses années de lycée. À 16 ans, il rejoint le groupe “The Iguanas”, à l’origine de son futur pseudonyme. Il fréquente ensuite les bluesmen de Chicago, explore ce registre avec la formation des Prime Movers, puis bifurque vers un autre style, beaucoup plus agressif. En 1967, il fonde “The Psychedelic Stooges”, qui deviennent “The Stooges” en 1968. Considérés comme les précurseurs du style punk rock, the Stooges sont également annonciateurs du rock alternatif et du heavy métal. Iggy Pop en est le fer de lance incontrôlable dès qu’il met un pied sur scène. Fan des Doors, de Franck Sinatra et du guitariste des Stones, Keith Richards, il admire leurs prestations scéniques mais pousse la sienne bien plus loin, jusqu’à l’outrance. Vomissures ou scarifications en public, convulsions sur tessons de bouteilles, exhibitions nu ou à demi-nu, le torse enduit de beurre de cacahuète ou de steak haché, plongeons dans la fosse (il est l’inventeur du stage diving, cet acte qui consiste à se jeter dans le public… en espérant être rattrapé au vol et porté ensuite à bout de bras), Iggy ne recule devant aucune exagération. L’alcool et la drogue s’invitent au bal des excès. Le groupe explose une première fois en 1971. Iggy Pop rencontre alors David Bowie, à son firmament avec Ziggy Stardust. Ce nouvel ami tout puissant lui dégote un nouveau contrat avec Columbia Records. Le groupe se reforme et sort son troisième album en 1973, juste avant une deuxième séparation. Deux de ses membres décèdent dans les mois suivants, à 25 et 27 ans, d’un alcoolisme au dernier degré et d’une overdose d’héroïne.


Iggy amorce une carrière solo confuse qui aggrave ses addictions. Cocaïne, héroïne, morphine, MDMA, amphétamines de toutes sortes… l’iguane est mal en point et ils sont nombreux alors à ne plus donner cher de sa peau. Mais même les drogues les plus dures, qui lui ont traversé le cuir plus d’une fois, ne peuvent en venir à bout. Elles le poussent vers la déchéance sans le terrasser. Il devient sdf, erre et se bat dans les rues, survit on ne sait comment, jusqu’à ce que David Bowie intervienne une seconde fois. Cure de désintoxication, hôpital psychiatrique ; un an d’isolement est nécessaire pour remonter la pente. Et pour que Bowie remette en selle Iggy : « Ce type m’a sauvé de l’anéantissement professionnel et peut-être même personnel. C’est aussi simple que cela. Il m’a ressuscité. (…) Il s’est donné du mal pour que je bénéficie d’un bon karma ». Un peu comme le font, à la même époque, Pete Townshend et George Harrison pour Eric Clapton, sauf que Clapton finira par piquer la femme de l’ex Beatle, Pattie Boyd, en guise de remerciement !

La fin des seventies voit enfin poindre un succès plus large pour Iggy Pop, à la faveur de ses deux premiers albums solos. “Nightclubbing”, “Lust for life”, “The Passenger” sont des titres qui commencent à étoffer sérieusement son public. Le début des années 1980 le replonge dans quelques vagues hésitations. Le retour à un style plus agressif ne correspond pas aux attentes de l’époque. Les échecs commerciaux qui en découlent ne sont pas rédhibitoires grâce, encore une fois, à David Bowie, qui reprend une chanson co-écrite avec Iggy : “China Girl”. Cette version est un tube. Les royalties engrangées permettent à l’iguane de reprendre ses explorations. En 1986, son album intitulé “Blah Blah Blah” vient taquiner le rock FM et fait mouche avec sa reprise de “Real Wild Child”, son premier tube international. Les opus suivants confirment la tendance et font le lien avec les années 1990. Le mouvement grunge, avec son fleuron Nirvana, se réclame de l’héritage d’Iggy Pop. Métissage de punk et glam rock, il influence aussi des formations telles que les Sex Pistols, Ramones, Red Hot Chili Peppers, Guns N’ Roses, Depeche Mode… Les années 2000 voient le retour des Stooges : les derniers rescapés du groupe désormais mythique rejoignent Iggy sur scène et en studio. L’iguane est devenu bancable. Les publicitaires lui font la cour.


« Je n’ai pas honte de m’habiller en femme car je pense

qu’il n’est en rien honteux d’être une femme. »

Fidèle à sa personnalité, il fait passer des messages dans des batailles où l’on ne l’attend pas. On se souvient tout à coup de ses apparitions au cinéma, notamment sous la houlette de Jim Jarmush (“Dead Man”, “Coffee and Cigarettes”, “The Dead Don’t Die”), de John Waters (“Cry Baby”, aux côtés de Johnny Depp), ou de Tim Pope (“City of Angels”)… Et quand Iggy Pop vient tourner en France pour la première fois, c’est dans “L’Étoile du jour”, un film réalisé, ou devrait-on dire, porté par Sophie Blondy. C’est un tournage enthousiaste qui débute en 2011 et un producteur qui s’éclipse lâchement, plantant comédiens et techniciens du jour au lendemain. Ce qu’il ne peut pas planter, c’est le décor : une Côte d’Opale, véritable joyau de sons et de lumières. Ce qu’il ne peut pas détériorer, c’est la volonté et la persévérance de Sophie Blondy. La cinéaste a foi en son histoire, en ses acteurs, en son étoile. Elle se bat et s’endette mais finit par terminer le film en 2015, avec le soutien actif et participatif de sa troupe d’élite.

Tcheky Karyo, alias Heroy, joue un Monsieur Loyal qui ne l’est pas vraiment. Bruno Putzulu, dont la magie blanche masque les noirs dessins, interprète Zéphyr, qui s’illusionne en persiflant le vent de la discorde. Elliot, auguste saltimbanque animé par la flamme si particulière de Denis Lavant, se consume auprès de la douce Angèle, à qui Natacha Régnier prête une langueur sacrificielle. Béatrice Dalle y décoche un contrepoint inquiétant en tant que voyante aux pouvoirs et à la voix étranges. Et au dessus de tout cela, plane Iggy Pop, en conscience supérieure. Un iguane volant, tout de blanc vêtu, chevauchant une moto tressée entre ciel et plage : on n’avait jamais vu cela !

Lors de la présentation du film sur les ondes de Canal +, en septembre 2016, toute l’équipe du Grand Journal avait souligné la qualité artistique de cette œuvre.  Des embruns de polar sont projetés en toile de fond, par petites touches successives. À son rythme, l’étoile du jour est aussi une étoile polar. Pour rendre hommage à cette œuvre originale et à la prestation singulière d’Iggy Pop, je m’étais travestie à son image.


                         Brigitte Boréale en Iggy Pop                                                                    Sophie Blondy

Avec la complicité de maquilleuses-coiffeuses expertes dans le mimétisme à base de cosmétiques (et dans l’art de confectionner une fausse barbe naissante), je m’étais glissée avec délectation dans la peau du rocker iguane. Je me répétais que j’étais “just a passenger”, mais c’était un peu comme si l’alchimie d’un soir opérait au delà du divertissement. En cours d’émission, Sophie Blondy, qui est devenue une amie, me lança : « Il faut que j’arrête de te regarder. Ça me déconcentre. J’ai l’impression qu’Iggy est ici, en ce moment, juste en face de moi ! ». « Bien sûr qu’il est là, lui ai-je répondu, je le sens également » ! La boutade n’en était pas une. Je prenais un plaisir insolite à jouer ce rôle envoûtant, plaisir coupable aux yeux de certaines intégristes LGBT, qui me reprochèrent de renouer avec une enveloppe masculine… et me rétrogradèrent au rang de transgenre binaire ! Comme Iggy, qui en rajoutait une louche chaque fois qu’on lui reprochait ses frasques légendaires, je remis ça quelques jours plus tard, lors de l’avant-première du film. Au bras de Béatrice Dalle, je m’acquittai d’un second acte aussi jouissif que le précédent.


                                                         Brigiggy                                  Béatrice Dalle


Ma fille Morgane immortalisa cet instant et compléta par sa présence une soirée inoubliable. Un mois plus tôt, lors du festival Rock en Seine, elle avait applaudi le vrai Iggy en live. L’affaire n’était pas préméditée. Au départ, elle avait prévu de voir un autre groupe, mais Iggy grimpait on stage au moment où elle passait par là. Elle s’est dit qu’elle allait regarder quelques minutes avant de rallier l’autre podium. Elle n’a jamais pu repartir. Aujourd’hui encore, elle en parle avec enthousiasme : « Je le connaissais de nom, mais sans plus. J’ai vu arriver un mec torse nu, en jeans slim, avec des chaussures à talons et qui dégageait un charisme inouï dès les premières secondes. Souvent, les artistes commencent mollo et accélèrent graduellement. Ils calculent leurs effets. Ils gardent les bons trucs pour la fin. Lui a surgi comme une tornade. Il a balancé “Passenger” et “Lust for Life” d’emblée.  C’est un phénomène. Le gars, il donne tout ce qu’il a dès le départ et ça vibre un max. Il enchaîne et ça continue. Il n’arrête pas et on sent que ça lui fait plaisir d’être là, de partager sa musique, sa passion, son énergie. Il est généreux. C’est électrique. On est happé. Le pire, c’est qu’il ne faiblit pas. On est obligé de rester jusqu’à la fin. Ce jour-là, j’ai compris ce qu’est une bête de scène ».

Cette générosité débordante ne se limite pas à la scène. Pour le film “L’Étoile du jour”, Iggy Pop avait aussi élaboré des morceaux originaux, avec son complice des Stooges aujourd’hui disparu, Steve MacKay. Il en a tout bonnement cédé les droits. Paria hier, icône aujourd’hui, Iggy reste Iggy. Sophie Blondy, qui travaille sur un documentaire intitulé “Tell me Iggy !” en parle mieux que quiconque : « Sa force, sur scène, c’est qu’il nous éveille, nous réveille. Avec deux accords de guitare, il parle au monde entier. Il a traversé tous les enfers pour devenir un guerrier de la lumière, un contre-poison au cynisme de notre société. Il est trop pur. Alors devant lui, on ne peut être que soi-même. Et puis après tout ce temps, il reste curieux de tout. Il creuse, cherche, tente… »

Les Stoogies, Lou Reed, David Bowie, presque tous ses amis ont disparu. Iggy Pop est l’un des tout derniers survivants, sans doute le plus inattendu, d’une révolte révolue. En Stooges ou en solo, il n’a jamais vraiment apprécié les compromis. À 73 balais, il ne donne pas l’impression de vouloir commencer à faire des concessions, mais il s’est assagi, au sens philosophique du terme. Depuis vingt ans, le Taï Chi a supplanté les drogues et la clope. Natation et Qi Gong pour s’entretenir au quotidien, un grand vin de Bourgogne à l’occasion… on a l’impression qu’il savoure le temps. Le clip “Candy” me revient à l’esprit. Ce titre figure dans son album “Brick to Brick”, peut-être la fondation de sa reconstruction, en 1990.


C’est à mes yeux et à mes oreilles la meilleure pop song qu’Iggy ait jamais écrite. Entre Roy Orbison et David Bowie. La ligne guitare/basse, omniprésente, distille une langueur dynamique. La batterie, sèche et précise, scande des sentiments à la fois mélancoliques et obstinés. Les images du clip, contrastées, parfois saturées, servent le propos à merveille. L’âge adulte torturant la fin de l’adolescence, un amour de jeunesse est à jamais idéalisé, mais à l’avance condamné. Ville contre campagne, nature contre bitume, jour et nuit, elle et lui. C’est un duo/duel écartelé par un demain pluriel. Les deux se manquent mais ne se mentent. Ils se répondent sans se répandre. Les dès sont déjà jetés. Iggy entame les ambiguités, entre cyprés, azur et cirrus. Torse nu et jeans déchiré bien avant l’heure, guitare noire au manche et liseré nacrés, il grave sa voix dans l’air lourd d’un orage qui ne veut pas éclater. Extérieur-intérieur. Kate Pierson, chanteuse multi-instrumentiste, l’un des éléments fondateurs des B-52’s, donne la réplique, moulée dans une robe fourreau bleu roi aux reflets moirés, bas évasé et bretelles torsadées. Lèvres rubis, brushing asymétrique impeccablement laqué, longs gants en lamé et boucles d’oreille dorées, archétype de la vamp américaine, demi-sœur de Jessica Rabbit, d’abord accoudée au bar avant de glisser vers la scène d’un cabaret désert, elle prend le relais devant des tentures passion. C’est la même déchirure, la même complainte, en miroir, dans laquelle la rousse incendiaire avoue sourire pour ne pas pleurer. Le couplet est repris en chœur, cœur fendu à la h, chacun retrouvant, dans l’ultime séquence, sa position de départ. Dos à dos et solitaire.

Je me suis souvent demandé pourquoi ce clip et cette chanson m’avaient tant marquée. La réponse réside dans l’antagonisme masculin / féminin. Les deux personnages poursuivent le même but, dans des directions diamétralement opposées. À l’échelle d’un couple, la situation est déjà problématique. Assemblée dans un même corps, cette confrontation devient vertigineuse. Ma biologie initiale de garçon au tempérament sportif et artistique me projetait dans le sillage d’Iggy, tandis que ma fibre féminine et un futur sublimé surfaient sur les ondulations de Kate. Je pouvais tout à fait reprendre à mon compte les deux partitions séparément, avec l’implacable certitude de ne pouvoir les accorder. Impensable de sauver l’un sans abandonner l’autre. Au final, la chanson réussit malgré tout à prolonger le dialogue entre les deux parties. Il suffit d’en extraire les accords majeurs : « J’avais un rêve que personne d’autre ne voyait … J’ai appris à donner le change, à sourire tout le temps… Ça m’a fait vraiment mal quand tu es parti(e)… Je suis ravi(e) que tu t’en sois sorti(e)… ». Merci, cher Iggy, d’avoir écrit Candy.



Iggy Pop se plaît à emmener les gens là où ils ne l’attendent pas. Francophile de longue date, il produit en 2012 un album intitulé “Après”, dans lequel il reprend, entre autres, “La Javanaise” de Serge Gainsbourg, “La Vie en Rose” d’Édith Piaf,  “Les passantes” de Georges Brassens, “Syracuse” d’Henri Salvador, et… “Michelle” des Beatles. Prenant sa revanche sur les maisons de disques qui l’ont souvent méprisé, voire humilié, il opte alors pour une distribution web. En avril 2017, il est promu au rang de commandeur de l’ordre des Arts et des Lettres : « Je suis plus heureux d’avoir eu cette récompense qu’un Grammy, c’est la plus noble que j’ai eue ». Toutes périodes confondues, son palmarès affiche 36 albums au compteur. À Miami, sa maison de bois blanc est nichée dans un écrin de verdure. Elle n’a rien d’un palace de rock star. En compagnie de sa troisième femme, épousée en 2008, il y coule une existence paisible. Livres, films, peintures rythment son quotidien, sans oublier les performances de son cacatoès, Biggy Pop, déjà célèbre sur Instagram. L’iguane et le cacatoès ; on jurerait une fable de La Fontaine au pays des dauphins.

On a souvent évoqué une aura de chamane à propos d’Iggy Pop. L’iguane, qui appartient à la grande famille de lézards, serait-il son animal totem ? Dans de nombreuses cultures, le lézard est lié au monde des rêves. Il peut établir des passerelles vers d’autres possibles, au delà du temps et de l’espace. « Le lézard vous exhorte à examiner soigneusement vos rêves et à vous confronter à votre part d’ombre. L’enseignement de cet animal dit que vous êtes responsable de tous les événements de votre vie, de manière consciente ou inconsciente, dans la mesure où ils proviennent précisément de vos peurs et de vos désirs. » Contrairement aux autres reptiles, les lézards n’inspirent pas la crainte. Leur symbolique renvoie le plus souvent à une recherche intérieure, de même qu’à une capacité de renaissance et d’adaptation, tout en privilégiant une harmonie avec le monde extérieur. Comme l’homme, le lézard recherche la lumière et la chaleur du soleil… ce qui équivaut à une quête de connaissance et d’amour.  Les Aztèques vantaient sa vivacité, sa résistance physique et ses capacités de récupération. Dans la mythologie maori, son apparition pouvait constituer une menace ou un mauvais présage, mais sa représentation artistique (tatouage, gravure, peinture…) inversait la tendance et le muait en protection. Dans la culture polynésienne, le gecko relie les mortels au monde sacré. Il transmet le “mana”, souffle divin.  La repousse de sa queue illustre un renouveau spirituel. Également sacré chez les aborigènes d’Australie et en Mélanésie, il représente un ancêtre mythique qui porte bonheur. D’autres croyances insistent sur sa tendance à révèler à l’homme ce qu’il veut d’abord ignorer. Dans bien des cas, il enseigne que faire confiance à ses instincts premiers et à ses convictions profondes est finalement bénéfique, si l’on est sincère avec soi-même et authentique envers les autres. Cela, quelle que soit la dureté des épreuves traversées. Je connais un iguane qui ne pourra pas prétendre le contraire. Avec ou sans cacatoès.

 

One thought on “IGGY TOP

  1. Très bel hommage à Iggy. Un vrai parcours de rocker. Sans doute le plus singulier de tous. Même Keith Richards ne peut pas lutter. Tu le décris si bien et ton mimétisme photographique avec lui est parfait. Incroyable. Et tu arrives à y inclure une étude sur le lézard……. encore trop forte. Vraiment top niveau cette apologie de l’Iguane. Il a réussi à traverser toutes les galères et s’en sortir haut la main. Grand bonhomme. Le rock réincarné. Il est le rock à lui tout seul. Bravo

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