UNE  FEMME  EN  NOIR

« Je dois vous appeler monsieur ou madame l’arbitre ? », lui avait demandé un joueur de Ligue 2 avant le coup d’envoi d’un match qu’elle devait diriger. « Vous trouvez que j’ai plutôt l’air de quoi ?”, lui avait-elle alors rétorqué du tac au tac, sans se démonter. En lui renvoyant ainsi la balle, Stéphanie Frappart avait tranquillement mais fermement remis à sa place ce footballeur mi-chambreur mi-dénigreur. Mes amies transgenres connaissent bien ce type de questions, et la manière faussement naïve de l’exprimer. Outre le caractère indélicat de la démarche, il y a souvent  en arrière-plan une volonté, sinon de blesser, au moins de mettre mal à l’aise. Arbitre de football désormais reconnue sur le plan national et international, Stéphanie Frappart a dû batailler ferme pour parvenir au sommet. Ce mercredi 2 décembre 2020, en dirigeant la rencontre de la Ligue des Champions opposant la Juventus Turin au Dynamo Kiev, elle devient la première femme à accéder à un tel niveau. Mais que ce but fut difficile à atteindre. (suite…)

VORTEX ANTHROPOÏDE

 


Certains chantent sous la douche, lui danse dans son bain. Zola est un magnifique mâle de 14 ans, pensionnaire du zoo de Dallas, aux USA. C’est un gorille des plaines de l’Ouest, une sous-espèce qui demeure, comme toutes les autres, en danger d’extinction à cause du braconnage et de la destruction de leur habitat naturel (Angola, Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, République centrafricaine). Au cours des vingt dernières années, leur population a diminué de moitié. Si l’homme est un prédateur pour l’homme, il est devenu un exterminateur pour les grands singes. Et particulièrement pour les gorilles qui sont, après les bonobos et les chimpanzés, les êtres vivants les plus proches de nous du point de vue génétique : 98 % à 99 % de leur ADN est identique à l’ADN humain.
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TIP  TOP  TRANSFORMATION

À toutes les copines qui, avant de commencer les grands travaux, redoutent parfois la durée des séances de maquillage, coiffure, essayages, etc… je dis STOP ! Vous n’avez pas le droit de vous lamenter ou de vous décourager. Même si votre entourage ne se rend pas toujours compte des efforts déployés, persévérez et ne regrettez ni le temps passé à vous faire belle, ni les louanges mérités, qui ont parfois du mal à arriver. Et puis, si, occasionnellement, vous vous sentez un peu plus mollassonne ou feignasse qu’à l’habitude, souvenez-vous qu’il y a toujours des formules magiques et des miracles de la transformation qui peuvent toujours vous tirer d’affaire à point nommé. Si, si, si ! Demandez à Cendrillon. Vous ne me croyez pas ? Jetez un œil, voire les deux, sur la vidéo présentée ci-avant. Et si vous doutez encore un chouia, voici une piqure de rappel avec la vidéo proposée ci-après. L’important étant, bien évidemment, de mémoriser et de reproduire très fidèlement le rituel magique, à la fois sur le plan de la gestuelle finale et de la formulation verbale. Comme vous êtes sympa, un coup de pouce supplémentaire vous est offert :

Sala-gadoola-menchicka-boo-la bibbidi-bobbidi-boo.

NOIR C’EST NOIR



Black Friday… le Vendredi Noir ! « Encore une vaste connerie qui nous vient des Américains ! Tu parles d’une aubaine ! C’est un véritable fléau, une calamité sans nom, et tout le monde court s’y vautrer les yeux fermés ! » s’emporte mon amie Teresa, qui est Mexicaine. Étant donné les tensions actuelles entre les deux états, on pourrait aisément accuser Teresa d’un léger parti pris, mais certains partis pris constituent malgré tout de précieux raccourcis pour aller à l’essentiel. Bizarrement, pour accéder sans détour au Black Friday, il faut d’abord passer par la case Thanksgiving… (suite…)

À   CONTRE-PIED

 

Lorsqu’hier une amie m’a prévenue par sms, je n’ai pas compris tout de suite de qui elle parlait. Sans doute distraite par l’hémisphère féminin de mon cerveau et la dernière tartine de Nutella que je venais de m’enfiler, j’ai cru lire : « Décès de Madonna à 60 ans ; crise cardiaque après sa dernière opération. » J’ai immédiatement pensé : « Encore un stupide abus de chirurgie esthétique ». La relecture instantanée du message m’a vite détrompée. Il n’était pas du tout question de la chanteuse américaine, qui privilégie dorénavant les théâtres plus intimistes aux grands stades qu’elle avait coutume de remplir jadis. Non, il s’agissait bel et bien de Maradona, footballeur adulé ou détesté, qui venait de faire sa dernière sortie de scène, après sa récente opération d’un hématome à la tête. Et cette nouvelle m’a rapidement énervée. (suite…)

BLEU  SOMBRE


Son formidable essai contre les All Blacks, en demi-finale de la Coupe du monde 1999, à Twickenham, dans le temple du rugby européen, est encore dans toutes les mémoires. Cette fulgurance d’attaquant inspiré, qui propulsa l’équipe de France vers une victoire historique, est à l’image de son auteur. Christophe Dominici, ailier atypique aux accélérations foudroyantes et aux dribbles déroutants, s’est forgé, en dix ans à peine, de 1998 à 2007, un palmarès de géant : 5 titres de champion de France, une coupe de France, deux finales de Coupe d’Europe et une finale de Coupe du Monde, plus 4 victoires dans le tournoi des cinq puis six nations, dont 2 grands chelems. Durant ses 67 sélections en équipe nationale, il marqua 25 essais, soit un total de 125 points, et laissa une empreinte unique, celle d’un petit gaillard virevoltant et insaisissable, 1m72 pour 82 kg, qui n’hésitait pas à perforer des défenses de Goliaths tutoyant les 2 mètres et les 110 kg. De son éclosion au RC Toulon (1993-1997) à son explosion sous le maillot du Stade Français Paris (1997-2008), il avait insufflé un enthousiasme et un esprit de la gagne servis par une rage de vaincre et une énergie phénoménales. Christophe Dominici était aussi l’un des derniers traits d’union entre un rugby à l’ancienne et un professionnalisme exigeant. En début d’après-midi, ce mardi 24 novembre 2020, son corps sans vie a été retrouvé dans le parc de Saint-Cloud, à l’ouest de Paris. Un témoin a déclaré l’avoir  vu sauter d’un bâtiment désaffecté de la caserne Sully et faire une chute mortelle d’une dizaine de mètres. Il avait eu 48 ans le 20 mai dernier. Aujourd’hui, la consternation a envahi tous ceux qui l’avaient côtoyé, partenaires comme adversaires. Samedi prochain, à l’occasion du match qui oppose la France à l’Italie pour le compte de l’Autumn Nations Cup, un petit morceau de la tunique des All Blacks viendra se marier avec le maillot bleu des Français. Pour à nouveau entrer dans la mêlée, défier les obstacles, et tous ensemble, première, deuxième, troisième lignes, demis, trois quarts centres et ailiers, s’envoler vers la victoire.