HEUREUX  CAMÉLÉON


Le moins masculin des Boy, le plus féminin des George a 60 ans en ce lundi 14 juin 2021. Sa musique et son look androgynes avaient émergé dès le début des années 1980, avec son groupe Culture Club. Une vingtaine d’albums et quarante ans plus tard, le tout nouveau sexagénaire continue à concilier avec bonheur le port du chapeau et le fort maquillage. C’est le propre du karma caméléon. Cela méritait bien une petite galerie de portraits… Et une balade nostalgique dans le tempo et les vibrations d’une musique à son image. Avec les harmonies d’un autre genre.

A  MINIMA  !

Le championnat d’Europe de football vient à peine de commencer que l’on est assailli de toutes parts par les nombreux messages publicitaires émanant des équipementiers sportifs. Cela devient proprement intolérable. On devrait réduire de moitié l’espace publicitaire leur étant dévolu.

NADAL, À TERRE, BATTU !

Sur le fond ocre orangé de la terre battue, estampillé Roland Garros plein centre, ils avaient déjà des allures de demi-dieux, prêts à s’affronter dans une bataille tout droit sortie de la mythologie grecque. Sur le court Philippe Chatrier, ce vendredi 11 juin 2021, ils ont donné naissance à un match de légende, un de ceux qui restent gravés dans les mémoires des années plus tard, un de ceux que l’on évoque avec la fierté dérisoire du téléspectateur avachi sur son canapé, qui, persuadé d’avoir été partie prenante de l’exploit sportif, déclare : « J’y étais » ! (suite…)

UMBERTO  ECO

« LES RÉSEAUX SOCIAUX ONT DONNÉ LE DROIT À LA PAROLE À DES LÉGIONS D’IMBÉCILES QUI, AVANT, NE PARLAIENT QU’AU BAR ET NE CAUSAIENT AUCUN TORT À LA COLLECTIVITÉ. ON LES FAISAIT TAIRE TRÈS VITE. AUJOURD’HUI, ILS ONT LE MÊME DROIT DE PAROLE QU’UN PRIX NOBEL. »

HAPPY  70


Loin de songer à s’éclipser, l’artiste se produisait encore sur scène en décembre 2019, après cinquante ans de carrière. La voix cassée féminine la plus célèbre du Pays de Galles et de toute l’Europe, qui perça à la fin des années 1970, a 70 ans aujourd’hui. Sans en avoir l’air, elle passe tranquillement du club des sexagénaires à celui des septuagénaires. Happy birthday, Bonnie Tyler.

POUR  LE  SEPTIÈME  CIEL

 

Lors d’une balade rue Chaligny, à Paris, je suis tombée (si je puis m’exprimer ainsi, bien droite et les yeux tournés vers le ciel) sur un tag mural étonnant. Tout en haut d’un immeuble à la façade maussade, était peinte cette inscription : « YA PAS KI VEU TOMBÉ AMOUREUX DE MOI ? ». La phrase m’a d’abord fait sourire. De par les libertés prises avec la langue française, et son style abrégé, à mi-chemin entre le sms et la bd, le message attirait la sympathie. À la fin du mot “amoureux”, la lettre X apparaissait même comme une divine surprise, provoquant un délicieux contraste entre le classicisme conforme d’un élément isolé au beau milieu d’un charivari iconoclaste. Apercevant un passant en train de photographier ce graffiti géant, je fis de même, tout en imaginant la scène de sa réalisation. Le taggeur intrépide avait dû grimper sur le toit d’un bâtiment de six étages, puis, la tête en bas, accroché je ne sais comment, ni à je ne sais quoi, il avait peint ces trois lignes sur environ deux mètres de hauteur, risquant chaque seconde une chute fatale. Défi inconscient ou dépit amoureux ? Poursuite un peu folle, ou désespérée, d’un septième ciel chimérique ? Désir ardent d’imprimer sa trace en hauteur afin d’effacer les trop nombreux râteaux pris au ras du sol ? En plus petit, juste au dessus de cette déclaration, on devine une signature : “KELKUN”. Qui était-ce et quelles furent ses motivations ? On ne le saura probablement jamais, et c’est mieux ainsi.

… ET  DE  GRANDE  SOLITUDE

Il y a le mercredi des Cendres, le vendredi saint, le lundi de Pâques, le dimanche de la Pentecôte, le jeudi de l’ascension… et tous les jours de la divine déception ! Après vingt siècles de réflexion, inutile de se poser la question : sur cette terre, de toute la création, l’homme est toujours le roi des cons. Et si, chose fort improbable, il découvrait une espèce qui puisse l’être plus que lui, nul doute qu’il l’éliminerait dans la seconde, afin de rester seul monarque sur le trône de sa connerie.

 

I  KISSED  A  GIRL


Pour faire suite, dans un registre très contemporain, à la bisexualité de Jules César (sujet édité avant-hier sur ce blog), la chanson “I Kissed a Girl”, écrite et popularisée par Katy Perry, ne pouvait tomber plus à propos. Abordant le sujet par son versant féminin, vidéo-clippé dans un style délicieusement séditieux, le thème de la bisexualité y est traité de manière décomplexée et troublante. À l’époque de sa sortie, en 2008, les producteurs se montrèrent assez frileux concernant sa promotion. Ils redoutaient une polémique, potentiellement préjudiciable à la carrière de leur artiste. Katy Perry en décida autrement et bien lui en prit. (suite…)