EUROPILANT

TOUJOURS D’ACTUALITÉ


Avec le championnat d’Europe des nations qui touche à sa fin, on a vu réapparaître toutes les exagérations les plus exécrables et les malhonnêtetés les plus horripilantes que le football peut générer dans ses rebonds de moins en moins glorieux. Des joueurs aussi truqueurs qu’ils sont millionnaires aux supporters dont la trivialité n’est plus à démontrer, en passant par des hauts dirigeants sportifs qui pourraient sans problème produire des émissions de téléréalité, le tableau ne cesse de s’assombrir, sous l’œil  passif et coupable du téléspectateur.

« Avez-vous remarqué comme on est bête quand on est beaucoup ? ». Cette citation de George Sand m’a toujours fascinée par son insondable vérité. On pourrait la conjuguer avec une autre formule, tout aussi inexorable, de Françoise Sagan : « Nous sommes peu à penser trop et trop à penser peu ». Que penser dès lors des rassemblements périodiques qui voient fleurir des crétineries aussi bêtes que méchantes dans les stades de football ? Banderoles débiles, insultes homophobes, éructations racistes, chants sectaires et vociférations primaires… plus ça va, pire c’est. On trouve même des journalistes dits sportifs capables de s’étonner que l’on s’en alarme, sous prétexte que cela fait partie de je ne sais quel folklore primitif ou tradition stupide. Au comptoir d’en face, qui se mue régulièrement en plateau de télévision ou en campagne de communication, des instances et des politiques en mal de notoriété jettent de l’huile sur le feu en proposant des remèdes aussi pernicieux que le mal. Diffusé à la belle époque de l’émission quotidienne Le Set, sur Pink TV, il y a déjà quinze ans (sous l’œil affuté d’Éric-Emmanuel Schmitt), ce billet d’humeur colle étonnamment à l’actualité toujours aussi désolante du football et de ses supporters… Et à l’implacable mécanique du nombre.

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