FOXY LAND

SAVEAFOX


Ils s’appellent Archer, Jagger, Shadow, Dixiedo, Vixie, Waverly, Felix, Muttias, Luka, Jabraska, Esmae, Malachi, Valentine, Bongo, Banjo, Emmie, Jack, Sophie, Mala, Kipper, Francesca, Nikita, Jamison, Duchess, Skeeter, Loki, Oakley, Winter, Floofala et tant d’autres qui étaient voués à une mort certaine. Tous ces renards ont trouvé refuge et secours auprès de Mikayla Raines et de son organisation à but non lucratif : “SaveAFox” (Sauvez un Renard).

Ce sanctuaire pour goupils miraculés se trouve à proximité de Faribault, petite ville située au sud de l’état du Minnesota (USA). Il recueille des animaux nés en captivité, essentiellement issus de fermes d’élevage, plus quelques orphelins et sujets abandonnés par des particuliers. Ces renards, nés ou élevés en captivité, n’auraient aucune chance de survie s’ils étaient relâchés en pleine nature. Ils n’ont pas la capacité de retourner à l’état sauvage. Il fallait donc trouver une solution autre que l’euthanasie pour les sortir de l’affreuse impasse dans laquelle l’homme les avait placés. Mikayla Raines y est parvenu, à force de persévérance, de sacrifices et de beaucoup d’amour.

Très jeune, elle a été sensibilisée à la cause animale grâce à une mère investie dans la réhabilitation de la vie sauvage. À 15 ans, premier clin d’œil du destin, elle dût donner le biberon à un renardeau trouvé à moitié noyé au pied d’un arroseur automatique de pelouse. Son intérêt pour le monde animal allant croissant, elle s’orienta tout naturellement vers des études de vétérinaire… jusqu’au jour où elle adopta un renard arctique nommé Fiasco. Ce Fiasco-là fut une réussite éclatante. L’animal connut un succès fulgurant auprès des internautes et sa popularité sur Instagram battit tous les records. Des followers contactèrent Mikayla en lui signalant des cas désespérés de renards. Certains avaient été abandonnés par des particuliers. D’autres, ne convenant pas aux éleveurs car blessés, chétifs ou rejetés par leur mère, devaient être tués. Mikayla se mit alors en tête de créer un refuge où les accueillir et les socialiser afin qu’ils puissent devenir des animaux de compagnie agréables, susceptibles d’être adoptés par des personnes responsables et bien informées. SaveAFox Rescue était né ! Depuis sa création, en 2017 à Lakeville (Minnesota), et son implantation actuelle à Faribault, dans le même état américain, le centre a vu passer des dizaines de renards qui ont pu ensuite être adoptés et couler une vie heureuse dans un cadre adapté, auprès d’humains bienveillants.

L’affaire était pourtant mal engagée. À Lakeville, on lui avait généreusement octroyé un permis pour seulement trois renards ! En ayant recueilli deux de plus, le centre fut déclaré illégal. Son existence fut remise en cause. Les défenseurs de la cause animale et les sympathisants de SaveAFox Rescue se mobilisèrent alors en masse. Un fonds de soutien récolta 60.000 dollars en quelques semaines. Les medias prirent fait et cause pour les goupils de Mikayla et toute la famille émigra plus au sud, à Faribault. Aujourd’hui, SaveAFox est considéré comme la plus importante organisation de ce type aux USA. Plus de 150 renards ont transités par ce centre et ont été arrachés à une mort certaine. D’autres animaux se trouvant dans des situations analogues y ont également été accueillis : furets, visons, chinchillas, lynx, coyotes, et même des reptiles. Plusieurs projets similaires sont en cours de développement dans d’autres états américains et certains pays étrangers songent également à s’inspirer de ce modèle.

Mikayla, Jenny, Merri & Reanna : la dream team exclusivement féminine de SaveAFox.

Paradoxalement, Mikayla Raines n’exprime aucune haine ni ne milite pour la fermeture des ces affreuses “fur farms”, ces élevages d’animaux à fourrure qui produisent du renard comme on cultive du maïs. Ils n’élèvent leurs animaux que pour mieux leur faire la peau. Ils ne prennent soin d’eux que dans un seul objectif : les dépecer le plus lucrativement et rapidement possible. Comment peut-on travailler dans un tel abattoir en croisant chaque jour ces regards si vifs, ces ganaches si souriantes, ces démarches si gracieuses, ces glapissements si émouvants ? Et en décidant froidement, un jour, de leur arracher la vie et le pelage ? Qui est l’être sensible et qui est la créature bestiale ?

Certaines organisations combattent activement cette industrie de la fourrure. La plus connue d’entre elles se nomme PETA : “People for the Ethical Treatment of Animals” (Pour une Éthique dans le Traitement des Animaux). Association à but non lucratif, soutenue par des millions d’adhérents et de partisans dans le monde, elle est la plus grande organisation internationale œuvrant pour les droits des animaux. Elle a déjà fait plier plusieurs grands couturiers et créateurs de mode, qui se sont engagés à ne plus utiliser de fourrures animales. La pression populaire va dans le même sens. Certains activistes, qui trouvaient que les choses n’allaient pas assez vite, sont allés jusqu’à asperger de peintures vives les bombasses qui continuaient à se pavaner en manteau de fourrure… Mais toutes les PETA du monde ne peuvent éliminer toutes les pétasses du monde. Ces dernières sont encore bien trop nombreuses.

Serrer contre sa joue une petite boule de poils pleine de vie et de malice est pourtant bien plus jouissif que de se trimbaler avec un cadavre inerte pendouillant autour de son cou. Pourquoi Mikayla, qui est la mieux placée pour savoir cela, ne part pas en guerre contre ces élevages révoltants ? Elle apporte un argument inattendu mais logique : « Fermer brutalement les élevages d’animaux à fourrure aux USA ne résoudrait pas le problème. Cela ne ferait que le déplacer, voire l’augmenter, en provoquant l’accroissement de cette industrie dans des endroits comme la Chine ou la Russie. De plus, nous ne serions pas en capacité d’accueillir tous ces animaux, qui seraient également condamnés si on les relâchait dans la nature. Cela ne servirait pas la cause. Il faut au contraire travailler sur le long terme et éduquer les gens à ne plus porter de fourrure. Provoquer cette attitude à grande échelle est la solution. »

Comment hâter le processus en 2021 ? En utilisant internet et les medias comme le fait SaveAFox Rescue depuis plusieurs années. La vidéo exposée plus haut en est un exemple frappant. Le renard y paraît sous un jour nouveau. Exit le voleur de poules ou de camemberts, le nuisible enragé et harcelé par les chasseurs. Hello l’ami espiègle et enjoué, plein d’affection et de jubilation. En parlant de ses renards, Mikayla a cette jolie formule : « J’ai sauvé leur vie, mais ils ont sauvé la mienne aussi ». Elle précise toutefois que maître goupil n’est pas un ami aisé à conquérir. Il a besoin de beaucoup d’amour et d’attention, deux ingrédients qu’il sait lui-même prodiguer généreusement. Et exprimer de façon étonnante (le renard dispose d’une cinquantaine de vocalisations différentes), à l’instar de Finnegan Fox, à la 8ème minute de notre vidéo. Son sympathico concerto, vulpes rigoletto, est désarmant d’humanité. On ne s’en lasse pas. J’ai revu ce passage une dizaine de fois. Finnegan est devenue la super-star de la bande. Les internautes réclament ses prestations. De nombreux produits dérivés sont à son effigie : mugs, t-shirts, posters, bandes dessinées, médaillons, porte-clés, même une chanson, sans compter la ribambelle de photos et vidéos disponibles sur le net. Son optimisme est communicatif. Monsieur, chapeau ! Que vous êtes joli ! Que vous me semblez bon et beau ! Cette leçon vaut bien un reformatage de mentalités, sans doute…
À coup sûr, Mikayla Raines et Finnegan Fox font partie de la solution.

Et deux liens supplémentaires :

https://www.saveafox.org/home

https://www.facebook.com/SaveAFoxRescue/about/?ref=page_internal

 

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