JACQUES CHIRAC (1932-2019)

MANGEZ  DES  POMMES  !


On a parfois dit que Jacques Chirac était un homme de gauche qui s’était retrouvé à droite alors que François Mitterrand était un homme de droite qui s’était retrouvé à gauche. Probable que ce soir ils se marrent bien ensemble, au centre d’on ne sait où. La litanie des faux jetons de tous poils a commencé dès ce midi et va se poursuivre ces prochains jours. Les adversaires et les traîtres vont rejoindre les fans et les amis dans un concert de louanges et de souvenirs exagérés. L’un des seuls témoignages qui m’a paru sincère et mesuré au milieu de cette cacophonie hypocrite a émané de l’un de ses plus grands imitateurs : Yves Lecoq qui, avec Les Guignols de Canal +, en avait fait un personnage central de l’émission. Détail croustillant : les auteurs de l’époque, qui avaient pour dessein de ridiculiser Jacques Chirac et de parasiter sa campagne électorale présidentielle, avaient finalement contribué à faire monter sa cote et à le rendre éminemment sympathique, surtout auprès des jeunes. Preuve irréfutable que ce président-là avait de l’humour et une personnalité originale. Deux caractéristiques qui ont fait cruellement défaut à tous ses successeurs.

2 thoughts on “JACQUES CHIRAC (1932-2019)

  1. Bonne analyse.
    Les seuls qui ont donné une autre image de Chirac, la vraie, sont les Insoumis qui ont parlé de toutes ses casseroles juridiques et de sa souplesse pour les éviter.

  2. Sa meilleure vanne, en pleine campagne de serrage de mains, au moment où il se retrouve face à un quidam qui le déteste :
    Le quidam : « Connard ! »
    (Chirac, tendant la main machinalement) : « Enchanté. Moi, c’est Chirac. »
    À part ça, en faire un héros national du peuple français uni, c’est assez étonnant quand on considère sa carrière politique, faite essentiellement de trahisons et coups fourrés, renoncements, errances…
    D’un côté il affiche sa détestation du FN, mais de l’autre il laisse Pasqua gérer les basses œuvres et les boules puantes de la République. D’allure cul-cul mais cultivé, c’est vrai. On aimait l’imaginer écolo, mais en catégorie pollueur nucléaire, et on le parodiait en mangeur de pommes alors que lui, c’était plutôt tête de veau et Corona. Paradoxe français éternel.

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