ALLEZ ; AU COIN !

Paris  Se  Gâte
Paris  Se  Gâche

En somme, ça fait du 11 % ? Samedi 27 mai 2017, la centième finale de la coupe de France de football a été remportée par le PSG face au SCO Angers. En récoltant ce onzième trophée, le club parisien établit un nouveau record national, partagé jusque là avec l’OM (10 victoires). Et patati, et patata… Il faut toujours se méfier des lauriers tressés sur un canevas de statistiques. Les journalistes frileux ont souvent tendance à s’y planquer pour ne froisser personne et préserver leurs entrées dans la cour des nantis.

Si l’on veut vraiment parler chiffres lors de cet événement footballistique, une comparaison est édifiante. Elle se définit comme suit : la finale 2017 opposait le porte-feuille le plus plat au compte en banque le plus garni de l’élite française. Autrement dit, Angers, dont le  budget annuel est de 25 millions d’euros, s’alignait contre les 500 millions d’euros officiels du Paris Saint-Germain. On vous passe les à-côtés et les facteurs différentiels non répertoriés. Soit un rapport de un à vingt ! En course automobile, ce serait l’équivalent d’une confrontation entre la Ferrari SF70H de Sebastian Vettel, victorieuse du Grand Prix de Monaco ce dimanche 28 mai, et le prototype Citroën 2 CV de Bourvil, peu après sa rencontre avec la Rolls blindée (de thunes) de Louis de Funès, dans le film Le Corniaud. La métaphore est-elle assez parlante ?

Les Angevins se sont accrochés aux ridelles toute la soirée pour ne pas être éjectés de la course prématurément. Le moins que l’on puisse dire est qu’ils ont fait bien plus que de résister. Ils ont réussi à faire douter les Parisiens, qui, en évoluant au stade de France, avaient l’avantage supplémentaire de jouer presque à domicile. En milieu de première mi-temps, plusieurs indices significatifs apparurent clairement. Thiago Motta truqueur, Thiago Silva râleur, Draxler toussoteur… et Areola Trappeur, qui, à l’instar de son pote Kevin dans ses moments de grandes certitudes, n’esquissa pas le moindre geste sur le tir fulgurant de Pépé à la 33ème minute. Cette balle joliment fouettée à vingt mètres de la cage venait pourtant de s’écraser sur la base du poteau gauche. Le PSG avait frisé la correctionnelle. Et plus du tout l’air malin face à la douceur angevine. Probablement le premier tournant du match.

Un tournant qui faillit provoquer la sortie de route des Parigots, faisant leur tête de veau après ce camouflet sans conséquence à la marque, mais perçu comme une gifle. Le remuant Pépé eût droit à quelques poussettes et intimidations illicites. Résultat : deux cartons jaunes parisiens. Angel Di Maria écopa du premier à la 39ème minute et Serge Aurier du second dans les arrêts de jeu (45+2). Le beau Serge, façon de parler, s’était rendu coupable d’un tacle à retardement sur son compatriote ivoirien et meilleur adversaire du jour : Nicolas Pépé. En de telles circonstances, à quelques secondes de la mi-temps, n’importe quel joueur normalement constitué du cervelet aurait fait profil bas ou amende honorable. Pas Serge Aurier ! Prix Nobel de diplomatie et professeur ès courtoisie urbaine, il a claqué un fusible et s’est précipité vers l’arbitre d’un coup d’un seul pour lui hurler sa façon de penser en des termes pas vraiment baudelairiens. Plusieurs Angevins et Parisiens (il n’y a qu’à voir la tête de Blaise Matuidi qui s’interposa pour calmer immédiatement son équipier) crurent bien que l’arrière du PSG vivait ses dernières secondes de la finale sur la pelouse. Mais Benoît Bastien ne fit pas ce que 80 % des hommes en noir aurait fait à sa place : transformer le jaune très orangé d’Aurier en rouge synonyme d’expulsion et de seconde mi-temps jouée à dix côté parisien. Ce fut le deuxième tournant du match.

Serge Aurier est donc miraculeusement revenu sur le terrain en seconde période. Son dégoupillage enrayé juste à temps diffère simplement le prochain hara-kiri de celui qui s’est rendu célèbre dès 2015 en injuriant dans une vidéo l’arbitre du match Chelsea-PSG (3 matches de suspension infligés par l’UEFA) puis, début 2016 en insultant, notamment par des propos homophobes, son entraîneur Laurent Blanc et plusieurs coéquipiers lors d’un direct sur Périscope (sanctionné par une simple rétrogradation pour quelques matches en CFA, l’équipe B du PSG), puis trois mois plus tard, en insultant et molestant des policiers après une virée alcoolisée en boîte de nuit (2 mois fermes + amende et frais de justice).

Pour en revenir au jeu et au résultat de la soirée, il n’y avait pas de quoi pavoiser sous les cotillons du PSG et sa victoire étriquée. Ce demi-succès, obtenu avec le plus petit écart au score (1-0) a été acquis dans le temps additionnel, à la 91ème minute, sur un coup du sort et de billard soldé par un csc : un but contre son camp du malheureux Issa Cissokho. Finalement, dans cette victoire à la Pyrrhus, les Angevins auront privé les Parisiens de presque tout, jusqu’au plaisir de marquer !

Ah oui ; encore un tout petit détail. Les sacro-saintes lois du jeu régissant le football sont sévèrement édictées par l’IFAB (International Football Association Board). À ce titre, elles doivent être connues et respectées de tous les joueurs (n’est-ce pas Monsieur Di Maria et consorts) et appliquées à la lettre par tous les arbitres et juges de touche de la planète (n’est-ce pas Monsieur Bastien et son assesseur). Parmi ces règles intangibles, figure la loi 17. Cette loi 17 se rapporte au coup de pied de coin, communément appelé corner. Elle explique clairement la façon valide d’effectuer une remise en jeu par le dit corner. Concernant l’exécution de celui-ci, il est stipulé dès le premier alinéa : « le ballon est placé DANS l’arc de cercle du coin le plus proche où il est sorti ». Toute autre position du ballon doit être considérée comme illicite. Le cas échéant, elle invalide le corner et toute action découlant de cette remise en jeu non valable.

Vous ne remarquez rien, quelques secondes avant que ne soit frappé le corner responsable de l’unique but de cette 100ème coupe de France ?

 

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