MAIS MAI MAIS

EN  AVRIL…  MAIS


Faut-il croire le dicton sur parole ou bien y-a-t-il un mais ? Dans le calendrier romain, mai était le troisième mois de l’année. Dans le calendrier julien, puis grégorien, il glissa en cinquième position, rang qu’il occupe encore aujourd’hui. Selon le poète latin Ovide, né en 43 avant Jésus Christ, ce joli mois de mai est intimement lié à Maïa, l’aînée des sept Pléiades, filles d’Atlas et Pléione. Elle fut aimée de Zeus, le roi des dieux (Jupiter chez les Romains), et donna naissance à Hermès (Mercure), le messager des dieux mais également la divinité de l’éloquence, des voyageurs et des marchands. Déesse de la fécondité et de la croissance, la Maïa gréco-romaine a son alter-ego dans la mythologie hindoue, qui est la personnalisation féminine du principe créateur… et qui se nomme également Maïa !

On voit bien ce qui se trame derrière tout ça. L’idée matricielle est prégnante. Mai symbolise la régénération. Les derniers frimas s’en vont, les premières chaleurs s’en viennent. C’est une formidable césure que le fameux dicton résume bien lorsqu’il est appréhendé dans son intégralité : « En avril, ne te découvre pas d’un fil. En mai, fais ce qu’il plaît. En juin, tu te vêtiras d’un rien. » Une triade que la société reprend à son compte tous les 1er mai par le truchement d’une fête du travail qui, dès 1890, fait défiler les manifestants avec un triangle rouge à la boutonnière, représentant la journée divisée en trois parties égales : travail, sommeil, loisirs. Un temps, la fleur d’églantine s’était octroyé le devant de la scène, avant que le brin de muguet ne lui chipe la vedette. En 1561 déjà, Charles IX avait déjà pris l’habitude d’offrir des brins de muguet aux dames de la cour.


Le 8 mai est moins sémillant. Il commémore l’armistice, fin officielle de la seconde guerre mondiale en Europe (le 8 mai 1945, à 23h01, très exactement, au lendemain de la capitulation allemande). Ce même 8 mai correspondait déjà à deux événements majeurs : la fête traditionnelle de Jeanne d’Arc, qui délivra Orléans le 8 mai 1429, et l’invention de John Styth Pemberton, pharmacien d’Atlanta, le 8 mai 1886, à base de cola et de soda ! Les 11, 12 et 13 mai, saint Mamert, Pancrace et Servais, surnommés les saints de glace se pointent pour flanquer un bon coup de froid juste après les premières montées du thermomètre. Dans la seconde quinzaine, on tombe souvent sur le jeudi de l’ascension, 40 jours après Pâques, célébrant la montée au ciel de Jésus ressuscité. Et dans la dernière semaine on rebondit sur la fête des mères, initiée par Napoléon en 1806 et autorisée le 9 mai 1920 par le ministère de l’Intérieur en tant que journée nationale des mères de familles nombreuses.

Histoire, religion, sociologie, psychologie : ce mois de mai ne fait décidément que ce qui lui plaît ! Tout s’y bouscule et y foisonne. Autrefois, on y célébrait moult communions et baptêmes. En revanche, les célébrations des mariages ont toujours été fortement déconseillées en cette période. Ignorer cet usage était s’exposer à de sombres perspectives, dont des risques accrus de stérilité ou d’infidélité. Cette superstition, déjà florissante au temps des Romains, continue d’être vivace dans de nombreuses régions qui voient leurs salles des fêtes surbookées en avril et juin mais peu prisées en mai. Est-ce dû au fait que les catholiques réservent ce mois de mai comme étant celui de Marie ? Et que consommer une union matrimoniale dans ce laps de temps traditionnellement consacré à la Vierge n’est pas de bonne augure ? Plusieurs adages le confirment :
« Noces de mai ne vont jamais »
« Mariages de mai ne fleurissent jamais »
« Mariage au mois des fleurs, mariage en pleurs »…
Passer outre cette recommandation ne signifie pas que l’on ait obligatoirement à souffrir de l’infidélité ou de la stérilité du conjoint. La preuve : Louis XVI et Marie-Antoinette se sont mariés un 16 mai 1770. Ils ont eu quatre enfants et n’ont jamais divorcé !

 

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