HOOLIGAN REVENGE 1

HOOLIGAN REVENGE

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Dès le second jour de l’Euro 2016, en marge de la rencontre Angleterre-Russie, les violents affrontements entre supporters qui n’en sont pas ont de nouveau convoqué une pitoyable barbarie sur un terrain de jeu où rien ne va plus depuis longtemps. Ceux qui font semblant de s’en offusquer aujourd’hui n’ont jamais cherché à dépasser le stade du constat, voire de la discussion de bistrot. La horde de précédents navrants accable l’UEFA. Salut fasciste, banderoles et comportements incitant à la haine raciale en Italie et aux Pays-Bas, exécrables jets de pièces de monnaie (parfois au lance-pierre) en Grande-Bretagne et en Russie, cris de singes, injures et huées du même acabit au Portugal, en France et en Espagne : autant de délits qui ont contraint certains pays à légiférer et à mettre en place des interdictions de stade pures et simples ! Mais plus on cherche à combattre ceux qu’on nomme les hooligans, plus on attise le problème, comme si le football moderne se trouvait en proie à une étrange malédiction.

Les spécialistes polémiquant sur les racines du mal, j’ai cherché à identifier les racines du mot, apparu outre-Manche il y a environ un siècle. Évidemment, les Anglais rejettent la faute et l’étymologie sur l’Irlande et un certain Patrick Hooligan, ivrogne irlandais impliqué dans d’innombrables rixes ou sur une chanson, toujours irlandaise, véritable hymne des piliers de bar, quand ce n’est pas un personnage de roman et théâtre, encore irlandais, hurluberlu et alcoolique notoire.

Le dictionnaire Harraps accola même ce terme à une célèbre tribu indienne d’Amérique du Nord dont les grands chefs s’appelaient Cochise et Géronimo. Hooligan devint alors synonyme d’Apache dans le sens le plus méprisable du terme : voyou, gouape, vaurien. Bon nombre de lexiques et définitions firent rapidement l’amalgame tandis que les visages pâles apportaient aux Indiens les bienfaits de la civilisation : guerre, misère, déchéance et extermination dans des réserves aussi sévèrement délimitées qu’une surface de réparation. Des historiens attribuent à Lord Jeffrey Amherst, commandant en chef des troupes anglaises en 1759, la généreuse distribution de couvertures contaminées par la variole et la rougeole, mortelle pour les Indiens, réputés non résistants à ce type de microbes.

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Trois siècles plus tard, une curieuse épidémie, enracinée dans la haine et la violence, s’acharne étrangement sur les îles Britanniques, les Pays-Bas, gagne la France, l’Italie, l’Espagne et le Portugal… autant de pays que la vieille Europe lança à l’assaut des deux Amériques… Et qui aboutit au génocide de leurs tribus indiennes.
Alors, levant les yeux au ciel, vers des horizons ignorés des skinheads au front bas ou de leur version mutante en ‘‘casuals’’ avec sportswear indécelable et scalp respectable, je me fais une petite réflexion un peu moins au ras du gazon. Et je la leur décoche sous la forme d’une simple question. À force de galvauder le nom de leurs ancêtres pour l’accoler à de piètres poltrons racistes, la mémoire des braves chevauchant les vastes prairies n’aurait-elle pas été profanée une fois de trop par ces odieux couards ivres de pelouses artificielles ?

Si le Grand Esprit existe, il est vengeur.

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