ENTRE LES LIGNES

ENTRE LES LIGNES

@ b3

Pourquoi
diable rentraient-ils
vers leurs bases en montrant
leurs meurtrissures à toute la terre ?

Pourquoi
diable rendaient-ils
leurs âmes en plein ciel,
entre purgatoire et enfer ? Pourquoi
diable hantaient-ils les nuages en redoutant les pleines
lunes ? Pourquoi diable tentaient-ils tant le feu dessus et
dessous leurs ailes ? Pourquoi diable vendaient-ils tant
de rêves et de cauchemars dans la même suspension ?

Pourquoi
diable fallait-il qu’ils
s’envolent pour écraser d’autres
angoisses au sol de l’absurde ? Pourquoi
diable reconstituaient-ils les mêmes formations, au retour
comme à l’aller, chacun à sa place et bien trop d’espace entre certains d’entre eux ?
Pourquoi diable ne cherchaient-ils jamais
à dissimuler toutes ces déchirures dans leur envergure ?

Pourquoi
diable rentraient-ils
vers leurs bases en montrant
leurs meurtrissures à toute la terre ?
C’est la question que se posaient les enfants en comptant
les trous dans la géométrie des formations alliées, au retour
des missions de bombardement sur l’Allemagne, en 1944.

Parfois
un bombardier blessé
passait en retard, tentant un effort
désespéré dans un long essoufflement de moteurs ou une douce
hemorragie de fumée. Sans escorte, sans illusion, sans d’autre
horizon que celui qui se rapprochait inexorablement, c’était une
proie facile pour les chasseurs vengeurs, pour les hasards blafards.

@ b4@ b7@ b8

@ b1

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *