CHRISTINA & BRIGITTE

BB & Christina

Le Salon Rétromobile 2020, quarante cinquième édition du genre, a fermé ses portes à Paris il y a trois semaines, après avoir attiré plus de 122.000 visiteurs. Une fois encore, le parc des expositions de la porte de Versailles s’auto-mobilisa autour de spécimens klaxonnant hors du temps. Véhicules historiques aux allures de diligence à vapeur, prototypes insolites, tels ces étranges rhomboïdes (roues envisagées et placées aux quatre coins d’un losange plutôt que d’un rectangle), sans oublier les stars de la vente aux enchères, telle cette Mercedes-Benz 710 SS Sport de 1929, cette Delahaye 135 S de 1936, cette Lamborghini Countach LP400 “Periscopio”, livrée neuve à Rod Stewart, ou cette monoplace de Formule 1 Ferrari 126 C3, qui fut pilotée par Patrick Tambay et René Arnoux, et remporta les grands prix d’Allemagne et des Pays Bas en 1983 ! Souvenirs et fantasmes voyagent de concert, dans un étrange covoiturage entre exaltation et nostalgie.

Rien de bouleversant en ce qui me concerne, tant ces embardées existentielles me paraissent immodérément familières. Toutefois, en sortant de ce salon, et avant de rejoindre mon intérieur cuir du XIème arrondissement, je suis tombée en arrêt devant un incroyable petit bolide de collection. Un garagiste – pompiste – électro-mécaniste de renommée inter-départementale m’a assuré que ce modèle unique s’était arraché à 666.000 euros l’année précédente. Trente minutes plus tard et trois zéros en moins, je rangeai fébrilement une carte grise barrée dans mon sac à main Moto Gucci.

Me fut ensuite été délivrée une attestation certifiant que cette automobile de prestige avait véhiculé en leur temps Grace Kelly, Marylin Monroe et Lady Diana. Il semblerait également qu’elle ait été utilisée lors du tournage du film « Tragical Mystery Tour », avant que John Lennon ne décide de l’offrir à Brian Jones, qui l’aurait lui même revendue à Jimmy Hendrix, juste avant que ce dernier ne la refile finalement à Jim Morrison lors d’une virée commune à Paris. Bref, que de charges émotionnelles accumulées dans ce charmant habitacle et que des bons présages en perspective… La roue tourne et notre renommée est en marche !

En me remettant les clefs de contact, le commissaire re-priseur me souffla que cette voiture avait un nom. Elle s’appelle Christina, en hommage parait-il à sa grande sœur Christine, immortalisée en 1983 dans un film de John Carpenter, tiré d’un roman de Stephen King. Christina et moi commençons à nous apprivoiser mutuellement, mais deux détails froissent ma carrosserie frontale depuis notre rencontre. A/ Cette voiture semble ne pas vouloir rester en place et je ne la retrouve jamais exactement à l’endroit où je l’ai garée. B/ L’auto-radio est très capricieux. Il se déclenche tout seul et ne passe que des standards des années 1950-1960.

Quelqu’un pourrait-il me donner quelques conseils judicieux afin de palier ces petits inconvénients ? Il me tarde de former avec cette étrange automobile un équipage encore plus complémentaire, voire codicillaire.



 

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