UN CHÂTEAU DE RÊVE

LE  RÊVE  D’UN  CHÂTEAU

Le château de La Mothe-Chandeniers, dans la Vienne, fait penser à celui de la Belle au Bois Dormant. Répertorié dès le XIIIème siècle sous le nom de La Mothe de Bauçay, il est la propriété du seigneur Hugues de Bauçay. Au début du XVème siècle, il entre dans le patrimoine de l’illustre famille de Rochechouart. Pillé, saccagé, dégradé à la Révolution, il est reconstruit en 1809 puis embelli à partir de 1870 par la baronne Lejeune. Malheureusement, en 1932, un violent incendie ravage l’édifice, n’épargnant que la chapelle et quelques dépendances. Il entre alors dans une longue période d’abandon durant laquelle la nature tente de reprendre ses droits.

Le renoncement des humains laisse la part belle à un envahissement végétal qui magnifie la pierre et l’esthétique du lieu. Une beauté surréaliste sublime les contrastes et engendre une douce fantasmagorie. On imagine un enchanteur venant secrètement élaborer quelque formule alchimique dans une crypte connue de lui seul. On se plait à guetter dans les eaux sombres le reflet clair-obscur d’une dame du lac, qu’un poète éploré viendrait invoquer par le truchement d’alexandrins mélancoliques. On devine des phénomènes mystérieux qui, certains soirs d’orage, dessinent des ombres singulières dans les coursives abandonnées ou les tourelles désertées. Certains enfants ou promeneurs égarés affirment avoir vu d’étranges lueurs vaciller derrière les fenêtres délabrées. Flambeaux improbables ou chandeliers perdus de la Mothe-Chandeniers  ? À moins que ce ne soient que lucioles et vers luisants allant s’évanouir au dessus des douves…

Ou feux de Saint-Elme taquinant girouettes fatiguées et paratonnerres superflus, comme autant de balises fragiles dans les couloirs du temps. Le fantôme de Hugues de Bauçay viendrait-il parfois hanter les lieux, tel le cousin Hubert des Visiteurs, alias Godefroy Amaury de Malefète, comte de Montmirail, d’Apremont et de Papincourt, dit le Hardi ? « Montjoie, Saint-Denis, que trépasse si je faiblis ! » De quelle nature, si ce n’est la nature, est le trésor de La Mothe-Chandeniers ? Existe-t-il une passerelle spatio-temporelle entre 1247 et 2017 ? La réponse est peut-être là, à portée de songe ou de mensonge, enfouie dans cet amalgame philosophal de minéral et de végétal.

Avec l’hiver, tout devient féérique. Une autre magie prend possession des lieux. On disparait à l’envi dans les contes de Grimm ou de Perrault. On s’y égare avec délice. On aimerait n’en jamais revenir. Tout semble engourdi et figé. Rien n’est plus stimulant et débridé. Visions givrées qui cristallisent nos pensées. Inertie trompeuse qui ravive les fantasmes les plus  turbulents. Le château poitevin prend des allures de vaisseau fantôme, battant pavillon frimas, désemparé dans une fausse immobilité. Alentour, les bruits sont étouffés mais cette caravelle de pierre respire le surnaturel. Sa métamorphose largue les dernières amarres qui pouvaient nous retenir.

On en viendrait presque à se demander si ce château doit être réhabilité. D’où qu’on le contemple, il est fascinant de par son délabrement magnifique. On peut également comprendre les arguments des architectes et défenseurs du patrimoine, qui affirment qu’un monument qui périclite est un monument appelé à disparaître définitivement. Concernant La Mothe-Chandeniers, personne ne peut évidemment accepter cette idée. La sortie de sa torpeur arborescente est programmée. À ce jour, grâce à internet et la mobilisation de réseaux sociaux tel que Facebook, 1.449.050 euros ont déjà été réunis par près de 17.000 contributeurs d’une cinquantaine de nationalités différentes.

Vous rêvez de devenir châtelain de La Mothe-Chandeniers ou d’offrir cette opportunité à l’un de vos proches ? Pour la modique somme de 51 euros, ce vœu peut être exaucé d’un simple clic, à condition d’agir avant le 25 décembre prochain. Une sorte de cadeau de Noël inattendu, en somme. Pourquoi, comment ?
Créée en avril 2016, l’association « Les amis du château de la Mothe-Chandeniers » a récemment pactisé avec l’association “Adopte un château” et le site de financement participatif en ligne “Dartagnans » pour mener à bien le rachat collectif du domaine. Après accord avec le propriétaire, une SAS (Société par Action Simplifiée) a été formée. Elle permet à chaque donateur, titulaire d’une ou de plusieurs parts, de devenir actionnaire et donc copropriétaire du château.

Pour plus d’informations, activer le lien ci-dessous :

https://dartagnans.fr/fr/projects/et-si-on-adoptait-un-chateau/campaign

Et pour une ultime visite romantique en l’état, laissez vous guider par la caméra embarquée de DroneContrast :

 

4 thoughts on “UN CHÂTEAU DE RÊVE

  1. Andy Warhol est né en Pennsylvanie le 6 août 1928. Cet artiste éclectique aux multiples talents (peintre, cinéaste, auteur), est mondialement reconnu comme l’un des inventeurs du pop art. Durant les années 60 il a lancé la Factory, un rassemblement d’artistes réunis autour de cette forme d’art provocatrice et avant-gardiste. Warhol a également soutenu financièrement le mouvement du Velvet Underground. On connaît surtout de lui son très célèbre portrait de Marylin Monroe et, blabla ba, blaba ba…. J’ai pompé cet article je ne sais plus où.
    Je vais taire l’identité du rédacteur. Mérite pas. Parce que pour « artiste éclectique aux multiples talents »! Parle de BRIGITTE BOREALE bord..!

    1. Éclectique… Oui, ça sonne bien éclectique. Un peu comme un déclic, un 421 au creux de la main, le bonnet à clochettes d’un fou, les boutons pression d’une jupe fendue ou le cliquetis des talons aiguille sur le béton d’un parking de nuit, désert et propice à tous les frissons. Éclectique… J’ai connu une copine latina qui avait un sex-appeal éclectique. Elle épousa un vendeur d’appareils et de lampes éclectiques, mais leur mariage prit l’eau. Le courant ne passait plus et leur divorce fut plus qu’orageux. Des mesures d’éloignement réciproque furent mises en place par un juge spécialisé qui les contraignit à signer tous deux une décharge officielle. Une décharge éclectique.

  2. 2017 restera gravée sur le quai en marbre, d’une gare, uniquement réservée à celles et ceux qui s’en vont, sans partir… Je n’oublierai pas cette année. Avec d’autres…. C’est certain.

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