DANNAZIONE !

VERGOGNA  E  CATACLISMA !

Mamma mia ! Que l’on soit superstitieux ou pas, la soirée du 13 novembre 2017 restera longtemps synonyme de cauchemar interminable pour les tifosi du monde entier. L’élimination de l’équipe d’Italie de la prochaine coupe du monde de football, après un piètre match nul 0-0 face à la Suède (qui avait remporté le match aller 1-0) est un drame national dont le pays mettra au moins quatre ans à se remettre. La squadra azzura ne se rendra pas en Russie pour disputer la phase finale de la 21ème édition de cette grand messe internationale du football,  célébrée entre le 14 juin et le 14 juillet 2018. C’est la première fois qu’une telle catastrophe se produit depuis soixante ans, depuis la coupe du monde de 1958, organisée à l’époque par la Suède, qui décidément ne réussit guère aux Italiens.

Apocalypse, honte, cataclysme, débâcle, abomination, déchéance, humiliation, faillite, désastre, calamité… De Rome à Turin, de Naples à Vérone, de Milan à Palerme, la liste des termes assassins employés à l’encontre de la Nazionale est aussi corsée qu’une sauce arrabiata dans laquelle on aurait inversé les proportions de piment et de tomate. L’immense déception ne sera pas facile à digérer. Un régime strict sans Mondiale risque de provoquer pas mal d’aigreurs et d’interrogations. À commencer par les raisons d’une telle décadence. Les divinités du football ont-elles été lassées par les jérémiades, simulations, trucages et autres tendances au catenaccio dans tous les secteurs de jeu ? Faudra-t-il implorer une Minerve des stades ou une Junon du ballon rond pour un retour en grâce rapide ?

À moins que le pape ne se fende d’une bulle et convoque un concile sur le sujet ? Pour l’instant les joueurs sont au purgatoire, l’entraîneur en enfer et les supporters entre les deux. Sur la planète foot, hormis les concurrents directs des Azzuri,  bon nombre de commentateurs et d’observateurs partagent un peu de leur désenchantement. « Une coupe du monde sans l’Italie, c’est une coupe du monde dans laquelle il manquera un petit quelque chose » avancent certains. À voir…

Je n’ai jamais été fan des animosités à la Bergomi, Tardelli et Gentile, qui portait d’ailleurs bien mal son nom. En 1982, ces trois là formaient le « peggior trio di cattivi » (le pire trio de méchants), confirmés comme tels par le quotidien anglais The Times, qui les classa aux 8ème, 9ème et 10ème place des joueurs les plus rudes de tous les temps. Cette même année à Madrid, l’Italie remportait pourtant le Mundial en écartant au second tour un Brésil flamboyant et créatif. En 2006, à Berlin, on sait comment le non moins destructeur Marco Materazzi s’y est pris pour faire disjoncter Zinédine Zidane en finale et permettre à son équipe de remporter le tournoi en battant la France aux tirs au but. Et ce gobe-mouche de Raymond Domenech, accessoirement entraîneur de l’équipe de France, qui lui donna raison a posteriori en le déclarant joueur le plus important et décisif de la partie ! Roulez jeunesse ! Suivez le mauvais exemple et les bas instincts. C’est un sélectionneur national qui vous le conseille.

Loin de moi l’idée de réduire le football italien à la triste partition de ses brebis galeuses ou de justifier son fiasco actuel par une morale qui existe de plus en plus rarement dans le sport moderne, dominé par l’argent et l’impact médiatique. Encore que… Non, sincèrement, je pense même être d’accord avec ceux qui compatissent. J’irais même jusqu’à rejoindre le camp de ceux qui déplorent son absence sur la scène internationale l’été prochain. Mais pas forcément sur le terrain. Le calcio (le championnat de football italien, pour les néophytes), avec ses grosses cylindrées que sont la Juventus de Turin, l’Inter et l’AC Milan, a depuis longtemps montré la voie à suivre dans un style de jeu plus léché et une mise en valeur évidente de ses innovations offensives.

Sans rien perdre de leur identité et de leurs caractéristiques transalpines, les composantes de ces formations remarquables (et remarquées) font preuve d’une grande maestria tant sur le plan de l’élégance que de l’efficacité des tactiques déployées. Simplicité des mouvements d’attaque, fluidité dans les déplacements individuels ou collectifs, application dans les techniques de défense, que ce soit en ligne ou selon un marquage à la culotte, on sent une détermination de tous les instants chez ces recrues de premier choix. Et que dire de leur marge de progression !

Avant et après les séances de préparation, on sent également un relâchement et une décontraction qui demeurent la marque des grands athlètes surs de leur fait et de leur qualités physiques. Aucun doute non plus sur le plan du mental et de la motivation. Peu importe les conditions de jeu et les circonstances, prolongations à l’extérieur ou nocturnes à domicile, les performances sont au rendez-vous. Bref, tout le contraire des mecs à crampons insupportables que ces championnes sont censées supporter dans une campagne de markéting et de communication bien plus attrayantes que les matches de qualification qui ont abouti au résultat que l’on sait.

Les dites championnes auraient d’ailleurs mérité de défendre elles-mêmes les couleurs et les chances du football italien. Passes redoublées, feintes de corps, dribbles chaloupés, tirs croisés, touches longues… Sûr qu’elles en auraient remontré à leurs homologues masculins et qu’elles n’auraient pas eu peur de mouiller le maillot. Le spectacle en eût été autrement plus attractif. De toute façon, elles n’auraient pas pu faire pire. En semant le doute et en profitant de certaines tensions chez leurs adversaires, elles auraient tout à fait pu tirer avantage de la situation et être qualifiées. « Qualifiées de quoi ? » me demanderont les plus machos de mes contradicteurs. Je leur répondrai que ces joueuses tout terrain sont les seules capables de mettre de l’ambiance sur et autour de la pelouse, dans et autour des stades. Pour en revenir au désolant constat initial, et à la raison qui me fait regretter l’éviction italienne de la prochaine coupe du monde, c’est que justement et fort malheureusement, nous ne verrons plus affluer ces cohortes de supportrices au charme méditerranéen !

Les caméramen pourront toujours chercher les jolis minois et les généreux décolletés italiens parmi les gradins. Niente di niente ! Nous-mêmes, pauvres téléspectateurs frustrés et déçus, en serons pour nos frais, avec l’impression d’avoir perdu des cousines par alliance. En effet, la plupart du temps, ces vivandières du foot rital arboraient des tenues et des maquillages très proches des supportrices françaises, l’Italie et la France évoluant souvent sous des couleurs similaires, notamment à dominante bleue. 2018 sera donc une coupe du monde sans les Azzuri, mais avec les Bleus.

Pour ceux et celles qui n’aiment pas le sport (si, si, il y a encore quelques poches de résistance ici ou là) et l’hyper-médiatisation d’événements rouleaux compresseurs, le mieux sera de partir loin de la Russie, des stades de football et des postes de télévision. Tous les chemins menant à Rome, vous pourrez, au hasard, visiter Venise ou Pompéi, naviguer le longs des côtes de Sicile et de Sardaigne, bronzer sur les plages de San Remo, Capri ou Rimini. Vous pourrez enfin prendre le temps de savourer une tranquillité bien méritée… pour jouir pleinement de la vie et des spécialités locales.


 

One thought on “DANNAZIONE !

  1. Pffff !!!

    J’aime pas l’foot et comme Bruno les chroniques sportives sur un blog transgenre, pas glop, pas glop !
    Mais là, je trouve un intérêt certain et me sens pousser des ailes de tifosiE, à l’image de ces créatures angéliques…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *