PONCTUELLE

INGRID  BERGMAN

(29 Août 1915  –  29 Août 1982)

Quand on pousse, à presque sept décennies d’intervalle,  le souci de la précision et l’art de la ponctualité jusqu’à sortir de cette existence exactement le même jour que lorsque l’on y est entré, on mérite un respect particulier. Sans faire partie de ses fans inconditionnels, il faut reconnaître à Ingrid Bergman un charme troublant, un de ceux que l’on explique pas mais que l’on ressent, indépendamment des canons esthétiques ou des styles de jeu.

C’est l’impression que dut éprouver le producteur hollywoodien David O. Selznick lorsqu’il lança sa carrière internationale dès 1939, avec la reprise d’Intermezzo. Suivirent une flopée de réalisateurs tels que W.S. Van Dyke, Victor Fleming, Michael Curtiz, George Cukor, Sam Wood, Jean Renoir et bien évidemment Alfred Hitchcock, qui la propulsa à son apogée avec trois films mémorables (La maison du docteur Edwardes, Les Enchaînés et Les Amants du Capricorne), avant que Roberto Rosselini n’en fasse son égérie de 1950 à 1954. De Stromboli, un grand classique du néoréalisme italien, à Jeanne au bûcher, leur dernier film commun, leur liaison enflamma les esprits. Ingrid Bergman, qui avait quitté mari et enfant pour rejoindre le maître italien, dut affronter le scandale, la vindicte des groupements religieux et des associations féministes, les attaques de certains politiciens et le bannissement du cinéma américain durant sept longues années. Dans les années 1950, on ne badinait pas avec la bienséance ! Surtout lorsque la rébellion était initiée par une femme. Son mariage avec le metteur en scène de théâtre Lars Schmidt, de 1958 à 1975 finira par calmer les esprits étriqués.

Autre preuve, s’il en était besoin, de sa capacité à séduire des hommes d’exception, la brève idylle d’Ingrid Bergman avec le photographe de guerre Robert Capa, alors photographe de plateau, inspira à Hitchcock le scénario du célèbre film Fenêtre sur Cour. L’inspiration par ricochets.

Sa première lettre à Roberto Rosselini demeure un modèle de déclaration judicieuse et subtile.
« Cher M. Rosselini;
J’ai vu vos films Rome Ville Ouverte et Païsa, et les ai beaucoup appréciés. Si vous avez besoin d’une actrice suédoise qui parle très bien anglais, qui n’a pas oublié son allemand, qui n’est pas très compréhensible en français, et qui en italien ne sait dire que « ti amo », alors je suis prête à venir faire un film avec vous ».
Tout y est dit avec sincérité, finesse, humour, et féminité exacerbée. Avec également un petit mensonge, qui n’en rehausse que davantage son astucieuse confession. Suédois, anglais, allemand, français, italien : Ingrid Bergman parlait couramment ces cinq langues.

4 thoughts on “PONCTUELLE

  1. Bah alors, Brigitte, vous faites la rubrique nécrologique maintenant !? Remarquez, que l’intéressé en vaut la peine : belle, intelligente, quoi demander de plus ? J’aime beaucoup ses talents épistolaires !

  2. « J’aime les hommes qui sont skipper
    Assis sur le bord des fleuves qui regardent s’en aller dans la mer
    Les bouts de bois,les vieilles affaires,la beauté d’Ava Gardner
    Ça met dans leur yeux la mer,que savoir que tout va dans la mer
    La jeune fille adoucit des soirs d’hiver
    Les bateaux,les avions de guerre,la beauté d’Ava Gardner
    Les murs écroulés du monde,
    Filées nos belles enfances blondes
    Édite Nylon,les nageuses à l’envers
    Les odeurs dans les chemins de fer
    La beauté d’Ava Gardner
    J’aime les regrettéurs d’hier
    Qui trouvent que tout ce que l’on gagne on le perd
    Qui voudraient changer le sens des rivières
    Retrouver dans la lumière
    La beauté d’Ava Gardner
    Retrouver les choses premières
    La beauté d’Ava Gardner

    Excusez moi,je n’ai pas pu m’en empêcher !

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