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QUESTION D’INSTINCT


Lorsque j’étais à l’université de Nancy II, en troisième année de sciences humaines, nous avions un module intitulé “psychologie animale”, qui traitait plus particulièrement des différents modèles comportementaux observés chez les animaux. Je me souviens d’un de nos professeurs favoris, qui nous avait enseigné que ces comportements résultaient d’une savante combinaison entre l’instinct de survie et l’instinct d’exploration. Selon lui, les individus les plus timorés, comme les individus les plus téméraires, étaient condamnés à une disparition rapide et une descendance plus que limitée du fait de leur déséquilibre en faveur de l’un ou de l’autre de ces deux penchants. Afin de garantir la croissance d’une espèce, la sélection naturelle faisait le tri en conséquence. Notre enseignant avait étayé son propos en prenant les deux exemples suivants : « Imaginez un crocodile trop prudent qui, au lieu d’aller voir s’il s’agit d’une proie, irait se planquer au fond de la rivière dès qu’il percevrait un bruit ou un mouvement d’eau à proximité. Il aurait très peu de chances de se nourrir correctement et de se développer. À l’inverse, imaginez un petit mulot trop curieux, sortant de sa galerie pour aller voir de plus près le busard qui plane au dessus de lui. Il ne ferait certainement pas long feu ! Fort heureusement pour lui, la nature ne l’a pas programmé pour cela. Son instinct de survie annihile son instinct d’exploration. Un rongeur, aussi aventureux soit-il, n’est pas configuré pour aller défier un rapace. C’est pourquoi ce cas de figure est hautement improbable ». Soit pour le mulot. Mais a-t-on expliqué cela à l’écureuil ?

ÊTRE UNE FEMME, ENCORE ET TOUJOURS ?


Né le 26 janvier 1947 à Paris, Michel Sardou vient de passer les trois quarts de siècles, dont 57 ans de carrière dans la chanson française, qui en fait aujourd’hui l’un des patriarches en la matière. Auteur-compositeur, interprète mais aussi acteur, il connait une ascension fulgurante au début des années 1970. La censure le frappe dès 1967 avec son titre “Les Ricains” mais il enchaine rapidement les succès populaires avec “Les Bals Populaires” (1970), “Le Rire du Sergent” (1971), “Le Surveillant Général”, “Les Vieux Mariés”, “La Maladie d’Amour” (1973), “Je Veux l’Épouser pour un Soir”, “Une Fille aux Yeux Clairs” (1974), “Le France”, “Je Vais t’Aimer” (1975), “Le Temps des Colonies” (1976, “La Java de Broadway” (1977)…

Toutefois, juste avant “Les Lacs du Connemara” (1982), la chanson qui retient le plus mon attention sort en 1981. Avec “Être une Femme”, que beaucoup ont rebaptisé “Femme des Années 1980”, Michel Sardou explore le fantasme masculin, beaucoup plus répandu qu’on ne le pense, de devenir une femme : « J’ai imaginé sans complexe qu’un matin je changeais de sexe… ». Jugée sexiste par les mouvements féministes, l’œuvre est une énumération d’archétypes féminins, exagérés ou sublimés par l’imagination masculine. L’avenir donnera raison à l’artiste, comme il le confirmera lui-même bien des années plus tard : « Les féministes n’ont rien compris, elles n’ont rien dans la tête. J’ai été flagellé, crucifié, alors qu’il n’y avait rien d’antiféministe ! Et aujourd’hui elles font toutes ces métiers ! Encore aujourd’hui, je suis un dangereux machiste ! Dans “Être une Femme”, tout ce que je disais, elles le font aujourd’hui. Pilote d’avion, chauffeur de bus, militaire… Elles font des métiers de mecs ! Est-ce dégradant ? Pourtant, de nombreuses associations féministes m’ont bastonné ». En 2010, une nouvelle version est produite par le chanteur, qui revisite le texte, avec un regard critique sur la parité des sexes. La femme a-t-elle eu plus à perdre qu’à gagner dans l’évolution de son statut au cours des dernières décennies ? La question reste posée. La comparaison entre ces deux moutures (celle de 2010 ci dessus, et celle de 1981, ci-dessous) fournit peut-être un début de réponse…

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