BONNE ET HEUREUSE…

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Fin décembre, j’avais trouvé une idée et un visuel d’enfer pour confectionner ma carte de vœux 2026. De l’Ukraine au Venezuela, des méga-incendies ayant sévi de la Californie à la Grèce, en passant par le Canada, la Turquie ou l’Espagne, une planète qui s’enflammait de tous les côtés, au sens propre comme au sens figuré, m’avait fourni le prétexte idéal pour fustiger l’embrasement général ayant consumé 2025. Afin d’étouffer ce mauvais sort, et de formuler des vœux on ne peut plus ardents pour 2026, je m’étais improvisée cheffe pompier flamboyante. J’apparaissais en petite tenue incandescente, bustier porte-jarretelles et string rouge vif, bas résille et talons aiguille assortis, avec un énorme extincteur à la main. La photo était assez hot. L’accroche qui la barrait en majuscules vermillon indiquait : « Meilleurs Feux 2026 ». Le sous-titre spécifiait : « Carbone et Sulfureuse Année à Tous et à Toutes ». Je ne prétends pas que c’était la trouvaille du siècle, mais le visuel et le texte se complétaient bien. L’ensemble fonctionnait pas mal… J’avais prévu de l’éditer au lendemain du jour de l’an. Et puis, dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, lors du réveillon de la Saint Sylvestre en Suisse, il y eut le drame de Crans-Montana : un bar-disco bondé devenu brasier meurtrier en quelques secondes. Dès lors, inutile de préciser que la thématique incendiaire et le coup de l’extincteur passaient beaucoup moins bien.
Désireuse de me changer les idées, une amie très fortunée, s’étant récemment piquée de devenir une championne de golf, m’a embarquée dans son délire sportif. Selon elle, un voyage express en Floride s’imposait. C’était la meilleure façon de débuter 2026. Dans l’avion, elle me fit lire une enquête du “HuffPost” selon laquelle, en 2025, Donald Trump himself avait passé une quarantaine de jours à jouer au golf. Cette petite excentricité présidentielle avait couté la bagatelle de 70 millions de dollars au contribuable américain, davantage préoccupé par les trous dans la blacklist des fins de mois difficiles que par ceux disséminés sur le green. À peine débarquées à Miami, nous fûmes prises en charge par un généreux sponsor anonyme. Toute jeune, mon amie avait déjà beaucoup d’entregent. Nous fûmes ensuite escortées jusqu’à une somptueuse résidence de Palm Beach. Cette luxueuse demeure, de style hispano-mauresque et vénitien, est nichée dans une jolie propriété au nom exotique de Mar-a-Lago. En espagnol, cela signifie : « de la mer au lac ». Ce quartier insulaire, délicatement léché par l’océan Atlantique, abrite l’une des plus fortes concentrations de milliardaires des États-Unis. L’air que l’on y respire est très vivifiant. En revanche, l’aménagement intérieur des chambres d’hôtes laisse quelque peu à désirer. Le style est par trop pompeux et la déco pour le moins baroque. Il y a des drôles d’écussons un peu partout et des portraits d’un vieux beau au regard vitreux à chaque coin de couloir ou pan de mur. Il a une affreuse moumoute aussi peroxydée qu’une cagole de bas quartier. Et, en plus, il parait qu’il triche au golf ! Enfin, je ne vais pas cracher dans le gaspacho. Au moins, cette aventure pittoresque m’aura permis d’éditer cette jolie carte de vœux 2026, from Mar-aLago.
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At the end of December, I had found a great idea and image for my 2026 greeting card. From Ukraine to Venezuela, with mega-fires raging from California to Greece, via Canada, Turkey, and Spain, a planet ablaze on all sides, both literally and figuratively, provided me with the perfect excuse to condemn the general conflagration that consumed 2025. In order to stifle this bad luck and make the most ardent wishes for 2026, I improvised as a flamboyant fire chief. I appeared in a skimpy, incandescent outfit, a strapless bustier and bright red thong, fishnet stockings and matching stiletto heels, with a huge fire extinguisher in my hand. The photo was pretty hot. The headline across it in vermilion capital letters read: “Best Fires 2026.” The accompanying subtitle specified: “A Carbon and Sulfurous Year to All.” I’m not claiming it was the discovery of the century, but the visuals and text complemented each other well. The whole thing worked pretty well… I had planned to publish it the day after New Year’s Day. But then, on the night of December 31 to January 1, during New Year’s Eve celebrations in Switzerland, the tragedy in Crans-Montana occurred : a crowded disco bar that turns into a deadly inferno in a matter of seconds. Needless to say, the incendiary theme and the fire extinguisher gag were much less appropriate after that.
Wanting to take my mind off things, a very wealthy friend, who had recently taken it into her head to become a golf champion, dragged me along on her sporting adventure. According to her, a quick trip to Florida was in order. It was the best way to start 2026. On the plane, she showed me a HuffPost article reporting that Donald Trump had spent around 40 days playing golf in 2025. This little eccentricity of the American president had cost US taxpayers a whopping $70 million, who were more concerned about the holes in their budgets at the end of a difficult month than those on the golf course. As soon as we landed in Miami, we were taken care of by a generous anonymous sponsor. Even though she was very young, my friend already had great people skills. We were escorted to a sumptuous residence in Palm Beach. This luxurious home, built in a Spanish-Moorish and Venetian style, is nestled in a beautiful property with the exotic name of Mar-a-Lago. In Spanish, it means “from the sea to the lake.” This island neighborhood is home to one of the highest concentrations of billionaires in the United States. The air you breathe there is very invigorating. On the other hand, the interior design of the guest rooms leaves something to be desired. The style is overly pompous and the decor is baroque, to say the least. There are strange coats of arms everywhere and portraits of a handsome old man with a glassy stare at every corner of the hallway or wall. He has an awful toupee that’s as peroxide-blonde as a low-class bimbo. And on top of that, it seems he cheats at golf! Anyway, I’m not going to spit in the gazpacho. At least this adventure has allowed me to edit this pretty 2026 greeting card, from Mar-a-Lago.
Le Golf est excellent pour la santé physique et physique, il permet le concentration et la décontraction, tout en déconnectant le cerveau du monde extérieur durant un long moment. Il permet d’évacuer stress et agressivité, tout en cultivant son espace privé en toute sérénité, celui présidentiel à supporté les coups de dictateurs étrangers, de personnalités à la perversité aggravée, de professionnels au swing parfait et d’amateurs pensent toujours finir au classement en premier.
Un sport considéré comme d’utilité publique tant il consomme l’énergie humaine, vidant d’elle rage et colère, enfouies au gré de journées et d’une fin de semaine compliquée.
La climat planétaire pourrait devenir intenable si certains humains rongeaient leurs freins, à vouloir asservir le Monde avant la date prévue sur le calendrier militaire, et si quelques folles en jupettes pensaient qu’il suffit d’une tête pour combler 18 trous, sans finir enterrée dans celui d’un profond bunker jusqu’à la casquette.
Il faut souvent réfléchir avant de publier son papier, ses vœux de nouvelle année, car parfois la plume prédit l’avenir dans le futur du lendemain. Les miens postés avant le 30, précipitaient de futurs projets dans l’immédiat, des vœux retirés pour ne pas choquer tout ceux et celles qui suivent et se délectent de folies et de funestes prémonitions.