JESSICA ALBA

NÉE  UN  28  AVRIL

Son père est d’origine mexicaine. Sa mère est d’ascendance québécoise et danoise. Pour beaucoup, elle correspond au type classique de l’actrice latina alors qu’elle-même se définit comme une Américaine de troisième génération, sans avoir jamais ressenti aucune attache à une “race” spécifique. Sa carrière en tant qu’actrice échappe également à toute classification conventionnelle. Peut-être est-ce là l’une des caractéristiques profondes de sa personnalité : un refus d’entrer dans la norme et d’accepter les étiquettes que l’on colle trop facilement sur les apparences ?

On ne demande pas son âge à une dame, c’est une chose entendue, mais Jessica Alba est l’une de ces femmes que l’entrée dans la quarantaine rajeunit outrageusement. Elle vint au monde le 28 avril 1981, à Pomona, au sud-est de Los Angeles (USA). Cette petite ville californienne fut ainsi baptisée dans les années 1870, en référence à la déesse des fruits vénérée par les Romains. Cette divinité d’une beauté rayonnante détestait la nature sauvage et chérissait les jardins soigneusement entretenus. Elle excellait dans l’art de les mettre en valeur et de fertiliser les arbres fruitiers. Pas vraiment ermite, mais peu attirée par les hommes, Pomona ne se laissait approcher que par de rares élus. Pour la séduire, Vertumnus, le dieu des saisons, dut se travestir en vieille femme, tandis que de nombreux prétendants avaient renoncé, l’ayant convoitée sans se donner la peine de la connaître vraiment.

L’isolement que connut Jessica Alba durant son enfance fut d’une autre nature. Il prit racine dans une pathologie pulmonaire et des ennuis de santé tenaces. « Elle était si souvent à l’hôpital que personne ne la connaissait suffisamment pour être ami avec elle » confiait l’un de ses proches. Le théâtre fut son jardin salvateur. À 11 ans, elle remporta un prix lui donnant accès à un cours important. Cette entrée dans l’eden qui allait lui permettre de s’épanouir pleinement l’aida aussi à combattre une hyperactivité pour laquelle un traitement contraignant lui était imposé. Elle se perfectionna ensuite dans plusieurs ateliers de théâtre et, dès la sortie du lycée, intégra l’Atlantic Theatre Company.

Dès 1994, Jessica Alba multiplia les apparitions dans des séries télévisées aussi variées que Les Nouvelles Aventures de Flipper le Dauphin, Beverly Hills 90210, ou La Croisière s’amuse. Elle se fit également remarquer au cinéma dans ce qu’il est convenu d’appeler des films adolescents, tels que College Attitude (avec Drew Barrymore) et La main qui tue. Hollywood commença alors à s’intéresser de plus près à cette actrice prometteuse. L’année 2000 fut celle des premières récompenses : le Teen Choice Award,  prix de l’actrice préférée des adolescents (12 à 19 ans), et le Saturn Award, prix de la meilleure actrice de télévision pour sa performance dans Dark Angel. Avec Dark Angel, Jessica Alba tint son premier rôle principal, celui d’une mutante transgénique, code barre tatoué sur la nuque, ADN de chat et de requin, arme secrète et rebelle magnifique, annoncée comme l’élue par une prophétie mystérieuse et inquiétante… Je me souviens avoir accroché à la série et au personnage de Max Guevara dès le premier épisode ! Jessica Alba incarnait à merveille cette héroïne futuriste avec un charisme surprenant, raison pour laquelle James Cameron l’avait choisie parmi 1200 candidates !

En 2005, la consécration vint d’un long métrage mémorable : Sin City. Nancy Callahan est le personnage interprété par Jessica Alba. Sublime strip-teaseuse entourée d’affreux criminels, de policiers ripoux, de femmes fatales et de noctambules ravagés, elle est la flamme qui vacille mais subsiste dans les ténèbres. À mi-chemin entre le polar noir (dans tous les sens du terme) et la bande dessinée, ce pulp movie (en écho à Pulp Fiction) est fascinant. Jessica Alba y scintille au milieu d’un casting de rêve, avec entre autres, Bruce Willis, Mickey Rourke, Clive Owen, Benicio del Toro… Un bain de minuit cinématographique à consommer sans modération.


Curieusement, après ces succès initiaux, quelques longs métrages tels Les 4 Fantastiques, Charlie les filles lui disent merci, Machete et Mon beau père et nous firent encore briller Jessica Alba mais plus vraiment avec le même éclat. Choix de réalisateurs et de films incertains ? Exploration de registres trop aléatoires ? Orientation de carrière trop diversifiée ? En 2011, Jessica Alba créa The Honest Company, une entreprise commerciale privilégiant les produits et vêtements écologiques. Faisant suite à des problèmes allergiques la concernant directement, elle et ses trois enfants, son implication dans ce domaine lui fit également écrire son premier livre, The Honest Life, traitant d’un mode de vie raisonnable et de sa conception de l’écologie. En 2016, son entreprise était valorisée à plus de 1,7 milliard de dollars, avec plus de 150 millions de ventes à son actif. Promue la même année « entrepreneuse la plus riche des États-Unis » par le magazine Forbes, Jessica Alba a peut-être payé au prix fort sur le plan artistique sa réussite financière dans le monde des affaires. Avec une quarantaine de longs métrages et une vingtaine de séries télévisées, sa filmographie n’est certes pas négligeable, mais ses débuts plus que prometteurs laissaient présager une toute autre trajectoire.

À moins que le refus des étiquettes et le goût du paradoxe ne soit finalement le verger secret de la native de Pomona ? Une récolte en appelle une autre, pas forcément dans le même sillon. Les greffes les plus audacieuses produisent parfois les fruits les plus juteux. Celle qui fit la couverture du magazine Playboy, qui fut élue “femme la plus désirable” (2006) par le site anglais AskMen.com, et “femme la plus sexy du monde” par le magazine FHM (2007 et 2008) a bien réussi, dix ans plus tard, à remporter le championnat des business women américaines ! À deux fois vingt ans, l’actrice femme d’affaires n’a peut-être pas encore abattu toutes ses cartes. Les années 2020 annoncent peut-être l’aube d’une nouvelle Jessica.

 

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