FEU D’ARTIFICE DE L’ABSURDITÉ

BOUQUET FINAL DE LA CONNERIE !

On savait les politiques australiens peu préoccupés par l’écologie. On ignorait qu’ils étaient à ce point azimutés du cervelet. À peine remis d’inondations catastrophiques, le pays tout entier est à présent ravagé par des incendies gigantesques, qui ont détruit plus de 5 millions d’hectares ces dernières semaines… et la ville de Sydney, littéralement asphyxiée par la fumée toxique des feux qui la cernent de toutes parts, ne pense qu’à une chose : organiser son traditionnel feu d’artifice de fin d’année 2019 !

On croit rêver ! Ou plutôt cauchemarder. Comme lors de cette nuit dramatique où l’orchestre du Titanic continuait à jouer sur le pont du paquebot qui était en train de sombrer. Avec un mois de décembre sous les cendres, 2000 pompiers à bout de force, une dizaine de morts, des millions d’habitants suffocant sous les fumées et les retombées de suie toxiques, les Australiens vivent un épisode apocalyptique qui semble ne pas vouloir s’interrompre, malgré les moyens mis en œuvre. C’est un véritable scénario de fin du monde qui se prolonge sous une température dépassant les 45 degrés. Et au beau milieu de ce désastre national, Sydney, la plus grande ville du pays-continent avec ses 5,2 millions d’habitants, annonce fièrement que son feu d’artifice géant sera maintenu pour fêter le passage de 2019 à 2020 ! De nombreuses protestations et une pétition réunissant déjà 300.000 signataires n’y changeront rien. La municipalité a d’ores et déjà tranché en faveur de ce spectacle pyrotechnique, qui coûte la bagatelle de 6,5 millions de dollars australiens, soit plus de 4 millions d’euros. Question de prestige et d’image de marque, parait-il… Selon la mairie, « l’annulation de l’événement nuirait gravement à l’économie de Sydney. Cela gâcherait aussi les plans de dizaines de milliers de personnes de tout le pays et de l’étranger qui ont réservé des vols, des hôtels et des restaurants pour le réveillon ». Meilleurs vœux et pensées compatissantes pour tous les autres.

Animal emblématique de l’Australie, seul pays où il vit, le koala a vu sa population diminuer de 90 % en 10 ans. Des milliers d’entre eux viennent de périr dans les incendies de forêt, effroyable tragédie animalière fatale à de nombreuses individus d’espèces différentes (opossum, wombat, échidné, ornithorynque, diable de Tasmanie, casoar, émeu…). À l’instar du panda, originaire de la Chine centrale, le koala, avec son look débonnaire et nonchalant, bénéficie d’une énorme côte de sympathie partout dans le monde. Comportement inédit et inimaginable, certains rescapés sont venus réclamer de l’eau aux humains  rencontrés dans leur fuite désespérée (comme avec ce pompier ci-dessus). Un comble quand on sait que koala signifie “qui ne boit pas”, l’animal s’hydratant grâce aux feuilles d’eucalyptus qu’il consomme en grande quantité.  Également surnommé “paresseux australien”, ce marsupial arboricole ne peut compter sur une vitesse de déplacement comme celle des kangourous ou des dingos (chiens sauvages). En cas de danger, son premier réflexe est de gagner son refuge naturel : la cime des arbres. Attitude évidemment suicidaire dans les circonstances actuelles. Peut-être auront-ils droit à une figure pyrotechnique leur rendant hommage lors du feu d’artifice de Sidney, grande ourse magnifique au firmament de la bêtise humaine…

 

4 thoughts on “FEU D’ARTIFICE DE L’ABSURDITÉ

  1. Ils n’ont vraiment pas de cervelle ces Australiens. Des pyromanes…. Pauvres koalas… J’espère que les quelques rescapés seront accueillis dans des familles et bien soignés.

  2. Très bon billet d’humeur, Brigitte
    Avec ce final d’une grande force ironique.
    Merci pour tous ces animaux qui eux, n’ont pas la parole pour pouvoir nous dire O combien, nous humains, sommes si « bêtes »

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