BENALLA BLABLA

BLABLA  BENALLA

Gérard Larcher, le président du Sénat a bien du mal à ne pas se fâcher tout rouge devant le refus d’Alexandre Benalla d’aller s’expliquer devant les sénateurs alors qu’il ne cesse de se répandre à tout bout de champ dans la presse écrite ou radiophonique. Un dernier coup de semonce a été tiré par Philippe Bas, le président de la commission d’enquête du Sénat, qui a ajouté : « Je vous rappelle qu’on n’a pas le choix devant les commissions d’enquête. On doit venir, point final. Je peux le faire chercher par huissier si nécessaire ».

Et l’autre de lui répondre : « Cette commission d’enquête n’a pas lieu d’être, elle est illicite. (…) Vous me menacez, je vais venir. (…) Il y a des gens qui se sentent au-dessus des lois, et qui les font pourtant. Et ça c’est incompréhensible pour moi. (…) Toutefois je ne pourrai répondre à aucune question concernant les faits dont la justice est saisie » ! On croit rêver. En gros, tout le monde va se voir pour ne strictement rien dire.

Peut-on faire pire dans le ridicule ? Nicole Belloubet, la ministre de la justice, s’en est chargé en personne. Elle s’est transformée en avocate de Benalla en lui donnant raison sous prétexte qu’ « il ne doit pas y avoir d’interférence entre une enquête parlementaire et une information judiciaire ». Cette prise de position au nom de la séparation des pouvoirs en est la négation même ! De toutes parts, les critiques ont fusé sur l’imprudence et l’incongruité d’une telle prise de position, la fonction de garde des Sceaux impliquant davantage de réserve et d’impartialité en pareille circonstance.

On patauge dans la même pantalonnade qu’au début de cette affaire, quand tout le monde (premier ministre, ministre de l’intérieur et haute hiérarchie des services de sécurité de l’Élysée) prétendait ne pas vraiment connaître Alexandre Benalla, ni ses prérogatives précises. Voilà un mec affiché partout à trois mètres du président durant des mois, jouant bêtement les cowboys du premier mai, faisant filer fissa le bus des footballeurs sur les Champs Élysées alors qu’il est suspendu et adressant un bras d’honneur au Sénat… sans que personne ne connaisse ou ne se soit véritablement préoccupé de son pedigree ? Vraiment, il y a de quoi se demander vers quoi la république est en marche !

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