COUSUS D’ARGENT

ACCROC



Elle n’était cousue ni de fil d’or ni de fil blanc et ne leur rapporta finalement que l’argent. À cause d’une couture trop fragile et d’un tour de cou défaillant, la robe de Gabriella Papadakis se transforma en véritable cauchemar pour la patineuse française qui représentait, avec son partenaire Guillaume Cizeron, l’une des plus grandes chances de médaille d’or dans le clan français. Dès les premières secondes de leur programme court, plusieurs agrafes, pourtant consolidées par des points de couture, cédèrent complètement et ouvrirent une brèche dans la tenue de la patineuse, mais surtout dans sa synchronisation désormais imparfaite avec son binôme sur la glace.  Cet incident les stressa d’autant plus qu’il intervînt au plus mauvais moment. Une interruption de leur prestation pour demander à réparer ce dégât vestimentaire aurait signifié l’attribution automatique de 5 points de pénalité, autrement dit l’éviction certaine du podium olympique. Le duo continua donc tant bien que mal ses enchaînements, perdant probablement là un peu de son assurance et beaucoup de sa fluidité.




Si, de dos, l’effet n’était pas catastrophique, de face, il pouvait à tout moment se transformer en fiasco intégral, sous l’œil intransigeant de juges pas vraiment réputés pour leur modernité ou leur goût de la fantaisie. Le couple français a réussi à éviter les embardées topless mais a accumulé des infimes moins qu’il n’a pu transformer en plus lors du décompte final. Vingt quatre heures plus tard, Guillaume et Gabriella, ces deux super G de la technique et de l’artistique, écrasèrent la concurrence en établissant un nouveau record du monde avec leur programme libre. Cela ne fut hélas pas suffisant. L’or leur échappa pour 79 malheureux petits centièmes de point. L’argent ne fait pas le bonheur et parfois, il n’y contribue pas du  tout. Ce sentiment accompagna le sourire déçu de la paire française à l’instant de la remise des médailles. Nul doute qu’il viendra hanter leurs prochaines nuits, avec le spectre d’une tenue dépoitraillée faisant irruption sous les projecteurs alors que le show must go on devant des millions de téléspectateurs. Ironie du sort, dans un peu moins de trois mois, sur le tapis rouge du Festival de Cannes, bon nombre d’actrices feront tout pour provoquer de façon fallacieuse et outrancière le même dérapage vestimentaire. Le cauchemar des unes peut devenir le rêve des autres…
Sans doute la différence entre patineuses et tapineuses.


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