BIS  FOIS  QUATRE  POUR  BIZET


Dieu que j’aime les Carmen quand elles scintillent ainsi de mille paillettes ! Mais une question essentielle ne cesse de hanter mon esprit, tel un refrain obsédant. Comment diable font-elles pour ne jamais se prendre les cheveux dans les cordes ?

VOILE  NOIR

Au dessus de lui, un ciel bleu comme ses rêves de petit garçon au matin de juillet. En dessous, une eau bleue comme la profonde mélancolie d’outre-mer, où subsiste un lointain parent. Entre les deux, celui de ses yeux, clair comme deux « o » qui se refléteraient dans l’air. L’air du temps ou l’air du vent. L’air de rien, celui d’avant. Un peu plus loin, quelques concurrents régataient bord à bord. Trimarans et catamarans allaient gaillardement de l’avant. Ils devançaient de plusieurs milles la flotte des monocoques lancée à leur poursuite. Mais lui survolait les débats de toute sa classe. Il était bien au dessus du lot. Son sens du vent, sa jeunesse et son audace frisant parfois l’inconscience lui avaient toujours permis de passer là où personne ne s’aventurait. (suite…)

MÉTA  MORPHÉES

Maître dans l’art du mimétisme, le caméléon est une des manifestations les plus déroutantes et fascinantes dans ce que l’on pourrait qualifier de « travestissement de survie ». Capable de changer de couleur plusieurs fois par minute, ce reptile a la faculté d’imiter le lieu ou l’objet auquel il est rattaché afin de passer inaperçu aux yeux de ses prédateurs et de ses proies. (suite…)

CONTRE-PLONGÉE

De son lieu de vacances méditerranéen, un ami me téléphona avec d’irrépressibles trémolos dans la voix. Lors de son arrivée à l’hôtel, au réceptionniste qui lui avait demandé : « Vous avez bien réservé une chambre avec vue sur la mer ? », il avait répondu : « Si je peux avoir la vue sur la fille par la même occasion, ça sera parfait ! » (suite…)

NINO  FERRER

15 Août 1934  –  13 Août 1998

 


On aurait également pu choisir “La maison près de la fontaine” pour cet hommage à la fois chaud et triste, un peu lourd et incertain, tout comme cet été orageux en convalescence d’on ne sait quoi, et qui n’en finit pas de pleurer un oubli, un sentiment, une âme, une inspiration… sans doute parce que il ou elle sont encore un peu là.

TROIS  ANS  DÉJÀ


Le 11 août 2014, Robin Williams tirait son ultime révérence dans sa maison californienne de Paradise Cay. Du Monde selon Garp à Mrs Doubtfire, en passant par Good Morning Vietnam, Le Cercle des Poètes Disparus, L’Éveil, Fisher King, L’Homme Bicentenaire, et tant d’autres, il avait dépoussiéré le cinéma américain dans un genre qui faisait autant rire que frémir et réfléchir. Son jeu et sa personnalité étaient empreints d’une profondeur et d’une intelligence mélancomiques. Ils nous manquent. Sa mort suscita une grande tristesse et de nombreux hommages de tous bords. Parmi eux, chose peu commune, celui du département de la défense américaine par la voix de son secrétaire d’état de l’époque Chuck Hagel. Nul doute qu’aujourd’hui Mrs Doubtfire n’aurait pas eu son pareil pour faire le ménage dans les salons de la Maison-Blanche.