LES  MOTS  SE  TRAVESTISSENT  AUSSI

Avant de devenir des noms communs, et de troquer leurs majuscules contre des minuscules, certains mots étaient des noms propres, qui correspondaient à des personnages originaux ou spécifiques. Les spécialistes de la langue française parlent d’anthroponymes et les linguistes désignent ce type de création par le terme antonomase. Ça peut toujours servir pour faire la maline au beau milieu d’une conversation mondaine. Plutôt que de se lancer dans un développement stylistique aléatoire, renouer avec des personnalités oubliées dont nous utilisons le nom communément m’est apparu comme une sorte de justice rendue à ces César qui n’ont jamais reçu leurs oscars. Une vingtaine de ces identités remarquables, joliment usurpées mais souvent ignorées, tel un travestissement singulier, est donc révélée ci-dessous. (suite…)

FABLE AFFABLE


LE LIÈVRE DE PÂQUES NE SERAIT-IL PAS UN PEU TRANSGENRE ?
CE N’EST PAS VRAIMENT ÉTRANGE ET ÇA M’ARRANGE.
LA DIFFÉRENCE N’EST JAMAIS UN MAUVAIS GENRE.
SEUL COMPTE L’AMOUR… ET SES MÉLANGES.

ATTAQUE  EN  POINTE

Lors des qualifications pour la prochaine coupe de monde de football, ce mercredi 24 mars 2021, l’équipe de France n’a pu réaliser qu’un piètre match nul 1-1 face à l’équipe d’Ukraine, qui n’est pourtant pas ce que l’on pourrait appeler un foudre de guerre. Les commentateurs ont peiné à trouver les explications d’une telle mollesse dans le jeu et la motivation des joueurs. Une indiscrétion médicale a fini par lever le voile sur cette contre-performance affligeante. Les images de la récente vaccination de l’un des leurs a traumatisé les footballeurs français au point de les faire douter de leur objectif sportif. Cela les a littéralement tétanisés. En effet, en cas de qualification pour la 22ème édition de la coupe du monde de football, dont la phase finale se déroulera au Qatar du 21 novembre au 18 décembre 2022, les joueurs ont brutalement pris conscience qu’ils devraient obligatoirement passer par une séance de vaccination incontournable.

MARIÉE NOIRE



Alan, un ami breton, faisait tranquillement ses courses dans un supermarché non loin de Portsall (en un seul mot) dans le Finistère, lorsqu’une silhouette insolite attira son attention. Émergeant du rayon “poissons-surgelés”, devançant les mailles métalliques d’un mini-chalut à roulettes, une sirène à la longue chevelure blonde ondulait à contre courant de la clientèle habituelle, fort clairsemée à cette heure matinale. Son corps était parfait, longiligne et scintillant de noirs reflets aguicheurs. Sa présence en ces lieux était aussi surréaliste qu’inespérée. (suite…)

SURFIN TIME


La version des Beach Boys, en 1966, était déjà exaltante. Celle embarquée dans ce bus, 55 ans plus tard, est également remarquable. C’est le propre des chansons qui sont sans doute un peu plus que des chansons. Elles ne vieillissent pas. Elles se régénèrent. Elles se métamorphosent. Elles se transmettent en même temps qu’elles servent de passerelles. Entre des continents, des personnes et des sentiments. Le John B. était un beau et fier voilier, à la silhouette élancée et audacieuse. Son équipage avait la réputation de se montrer particulièrement joyeux en revenant au port. Vers 1900, le bateau a sombré dans les parages d’une petite île des Bahamas nommée Eleuthera. Une chanson folklorique a survécu au naufrage et vogué à travers les océans et les ans pour nous chalouper les oreilles et le cœur. Elle dit le désir de hisser la grand voile pour cingler ailleurs, mais implore bien vite le retour au pays. Enthousiasme et nostalgie. Éternelle ondulation entre mal de terre et mal de mer, entre exploration au long cours et retour aux sources. Sail away, Sloop John B.

WOMEN’S TIME IS ON MY SIDE

Ce 8 mars 2021 vient à peine de débuter que déjà trois ou quatre mâles au sourire narquois me demandent si moi aussi, je vais fêter la journée de la femme ! D’abord, on ne dit pas ‘’journée de la femme’’ mais ‘’journée internationale des droits de la femme’’, leur fais-je remarquer. Devant leur perplexité abyssale, je leur fais l’aumône d’un bref rappel historique. (suite…)

TRIPLE  ANNIVERSAIRE

Ils ne font certes pas leur âge, mais tous trois célèbrent un anniversaire des plus joyeux en ce dimanche 7 février. Geppetto et Jiminy Cricket ont fait leur première apparition (sous leur forme actuelle) grâce aux studios Walt Disney, et à leur deuxième long métrage d’animation, Pinocchio, sorti aux USA le 7 février 1940. Toutefois, avant de naître sur grand écran, les deux compères existaient déjà sous la plume de Carlo Collodi, dans son conte “Les Aventures de Pinocchio”, paru en 1881. Quant à Idéfix, son année de naissance (1963) est un peu plus récente car elle coïncide avec “Le Tour de Gaule”, cinquième album d’Astérix, prépublié dans le magazine Pilote dès le 7 février 1963. Le petit chien suit discrètement Astérix et Obélix à partir d’une charcuterie de Lutèce jusqu’à la fin de l’album, où il se fait remarquer par Obélix, qui l’adopte. Son baptême s’est fait en deux temps car il fut d’abord anonyme. Son nom fut proposé par des lecteurs du magazine Pilote à l’occasion d’un grand concours, et les auteurs confirmèrent ce choix par la suite. Une chose est certaine : que ce soit pour Idéfix, Geppetto ou Jiminy Cricket, chaque anniversaire est une fête en dehors du temps. Ils ont un avantage sur nous, pauvres humains ordinaires. Ils ne prennent pas une ride !

L’OURS  DES  TAVERNES

«Non, le supplément de miel n’est pas compris dans le prix des grogs !» Sucre et alcool ne font pas bon ménage. Ça vous transforme un bon gros nounours en méchant homme des cavernes. Cela peut finir derrière les barreaux, le temps de dégrizzler et de redevenir un peu plus sociable. Ou alors partir en vrille dans une bagarre à dix contre un, où l’on ne donne pas cher de sa peau. Au final, c’est peut-être ce qu’il cherche plus ou moins confusément : voir et revoir les étoiles, ne plus être obligé de se réveiller à la fin de son hiver… Et voyager au loin, entre sa grande et sa petite ourse.

 

ANNIVERSEAU


« À quoi tu pouvais bien ressembler quand tu avais vingt ans ? Comment tu te maquillais en jeune trav ? C’est une question que je me suis souvent posée… » me demandait l’une de mes meilleures copines, de trente ans ma cadette, en léchant les bougies qu’elle retirait avec précaution d’un gros gâteau trop crémeux à mon goût. J’ai exhumé de mes archives cette photo prise par un ami très cher, aujourd’hui disparu. « La vache ! me dit-elle, t’aurais pu être une top escort internationale ! À Monaco, Dubaï ou Genève, t’aurais fait un carton »… Pan ! Champagne pour tout le monde ! (suite…)