L’ÉTERNEL  PLAYBOY


Jacques Dutronc, né le 28 avril 1943 à Paris, a 77 ans aujourd’hui. Confiné en Corse depuis des années, dans la maison qu’avait fait construire Françoise Hardy à la fin des sixties, il fréquente davantage les chats que les humains. Une douzaine d’entre eux l’entoure encore aujourd’hui. À une époque, ils étaient 55 ! S’il a cessé l’alcool depuis plusieurs années, il reste fidèle aux cigares de bonne facture. « De toute façon, le mal est déjà fait », précise-t-il avec nonchalance. Cette désinvolture, ce flegme teinté d’un cynisme attachant, l’ont toujours rendu sympathique auprès d’un très large public. De 7 à 77 ans. Son côté provocateur distancié lui a permis de chanter des choses que certains n’auraient jamais pu dire. Quand on ré-écoute ses chansons, écrites il y a un demi-siècle ou plus, on y déniche souvent des éléments annonciateurs, à peine exagérés, des travers dans lesquels se complaisent nos sociétés, dites évoluées, en 2020. (suite…)

PREMIÈRE  DINDE  DE  FRANCE


Le coronavirus attaque-t-il le cerveau ? Nuit-il considérablement à l’intelligence ? On peut sincèrement se poser la question. Carla Bruni a apporté une réponse navrante au cours de la fashion week française, programmée de fin février à début mars dernier. (suite…)

LE  DERNIER  DES  BEVILACQUA


Fils d’immigrés italiens originaires du Frioul, Daniel Bevilacqua naquit peu après la seconde guerre mondiale, le  13 octobre 1945 à Juvisy-sur-Orge, dans le département de l’Essonne. Son attirance pour la musique se confirma très tôt, dès l’âge de 7 ans. La chanson française lui fournit ses premières idoles : Édith Piaf, Georges Brassens et Gilbert Bécaud. Le blues prit rapidement le relais avec des personnalités telles que Robert Jonhson et John Lee Hooker. Le rock d’Elvis Presley élargit encore le champ des influences qui allaient donner corps à ses premières créations, signées Christophe, nom de scène choisi en hommage à sa mère et à une médaille de Saint Christophe qu’elle lui avait donné. À 16 ans, il se lança dans la grande aventure en fondant son groupe Baby Danny et les Hooligans (Danny en référence à son vrai prénom ; Daniel), chantant le plus souvent en yaourt, mais impressionnant déjà par son originalité. (suite…)

MARCEL  INOCULE  KARINE


J’avais déjà repéré Marcel D sur internet, à la faveur de petits sujets vidéos aussi percutants que distrayants. J’avais récemment remarqué Karine L, par le truchement d’interventions aussi nombreuses que litigieuses sur les plateaux de télévision. Le premier règle son compte à la seconde, sans prendre de gants pour la démasquer. En 8 minutes à peine, on continue à en apprendre de belles sur l’incompétence de nos dirigeants et la corruption de leurs conseillers…

JEAN  PAUL  BELMONDO



Il est né le dimanche 9 avril 1933 à Neuilly-sur-Seine, dans le département des Hauts-de-Seine et il fête aujourd’hui même ses 87 ans. Son immense carrière est telle que tenter de la relater ici serait à la fois une offense et une saga impossible à résumer. On ne peut, assez égoïstement, lui souhaiter qu’une seule chose : nous faire le plaisir de rester encore parmi nous le plus longtemps possible. Tout en restant chez lui, dans le scénario pénible que nous vivons ensemble aujourd’hui.

En février 2017, à l’occasion de l’hommage qui lui fut rendu par l’Académie  des César pour couronner l’ensemble de sa carrière, une standing ovation interminable et émouvante salua son arrivée sur scène. Le 14 juillet 2019, Jean Paul Belmondo fut élevé à la dignité de grand officier de la Légion d’honneur.

CONFINEMENT  DÉCLOISONNÉ


Dans mon 11ème arrondissement, rue Saint Bernard, un comédien trentenaire anime chaque soir une version déconnante et balconesque du célèbre jeu télévisé “Questions pour un Champion”. À partir de 20h00, juste après les applaudissements destinés au personnel soignant,  les gens ont pris l’habitude de jouer en criant leurs réponses depuis leurs fenêtres ou leurs balcons. Deux équipes (celle des numéros pairs et celle des numéros impairs) s’affrontent sous la houlette de Noam Cartozo, l’instigateur de cette formule singulière.  Ce comédien, qui devait partir en tournée lorsque le confinement a été décrété, est désormais connu bien au delà de son quartier. Julien Lepers et Samuel Étienne, les deux animateurs successifs de “Questions pour un Champion”, lui ont témoigné leur sympathie sur twitter et les réseaux sociaux ont rapidement relayé cette initiative. “Questions pour un Balcon” a maintenant le soutien de sponsors qui offrent aux gagnants des cadeaux allant du t-shirt à l’imprimante, en passant par des formations en ligne. Une évolution significative ; au départ les premiers lots se limitaient à un rouleau de papier toilettes !

UNE  FLÈCHE  EN  PLEIN  CŒUR



Il faisait partie de ceux dont le nom est moins connu que l’une de leurs créations. Alan Merrill, né le 19 février 1951 dans le Bronx, à New York, est décédé ce dimanche 29 mars 2020 des suites du coronavirus, à l’âge de 69 ans. Son père saxophoniste et sa mère chanteuse de jazz lui avaient sans doute transmis des gènes plutôt remuants. Placé dans un collège en Suisse de 9 à 13 ans, il revint à New York pour écumer les clubs de Manhattan avec des velléités de chanteur guitariste adolescent ! Quelques groupes rock plus tard, il s’envola pour le Japon, où sa personnalité et sa gueule d’ange de la pop firent un tabac. La fin des années 1960 l’y propulsa sur la vague du succès. Conscients de son impact sur un public jeune, producteurs, télévisions et publicistes se l’arrachèrent sans ménagement. L’emballement de la machine médiatico-markéting ressemblant de plus en plus à un carcan dont l’artiste ne parvenait à desserrer l’étreinte, une seule issue paraissait s’imposer : la fuite. (suite…)

BE  HAPPY…  BRIRTHDAY


Bobby McFerrin, né le 11 mars 1950 à Manhattan (USA), a 70 ans aujourd’hui. Il improvise ses vocalises avec toujours autant de grâce et ses tours de chant sont un émerveillement mélodique permanent. Fils du premier chanteur d’opéra afro-américian (son père, Robin Mc Ferrin Sr, se produisit au Metropolitan Opera de New-York), il puise son inspiration dans des sources allant du gospel à la pop des Beatles, en passant par le jazz et la musique classique. Ses collaborations avec Chick Corea, Herbie Hanckock ou le violoncelliste Yo-Yo Ma sont bien connues des spécialistes, mais le grand public se souvient surtout de son tube planétaire de 1989 : “Don’t Worry, Be Happy”. Bobby raconte que cette voix, intérieure comme extérieure, s’est imposée à lui comme une évidence et l’a poussé au fil des ans à s’engager toujours plus loin dans un partage des sentiments et des vibrations avec l’humain. Il adore transformer le public en véritable chorale et le stimuler en tant que partenaire d’un soir dans des improvisations étonnantes, tel l’Ave Maria de Gounod (alors que lui même brode un motif de soliste sur “Le clavier bien tempéré” de Jean Sébastien Bach) ou l’utilisation de l’échelle pentatonique pour embarquer tout son auditoire vers une communion dans le chant, avec bonheur et humour. Please, dear Bobby, still be happy for a long time…