Corde  Sensible

morgane-who-pierre-roeder© Le Républicain Lorrain  –  Octobre 2016.

Grand merci pour cet inimitable portrait à Pierre Roeder, un journaliste sensible et un ami de toujours.

Se donner un genre dans 50 ans ?

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De quel genre sera 2067 ? Serons-nous enfin passés de la théorie à la pratique ? Les manifestations pour tous ne seront-elles plus un problème pour personne ? Un demi-siècle aura-t-il suffi à faire basculer les stéréotypes et les conditionnels dans le passé ? Féminisme ou transsexualité seront-ils des termes totalement surannés, ou psycho-socialement botoxés ? Les médias auront-ils pleinement joué leur rôle d’intermédiaire ou serons-nous encore et toujours coincés dans un genre d’entre-deux ?

En coincidence avec le cinquantième anniversaire de la création de leur école, les étudiants du Master 2 de l’IJBA (Institut de Journalisme Bordeaux Aquitaine) ont décidé de se projeter dans une singulière anticipation pour La Fabrique de l’Info, un webmagazine de décryptage des médias. L’ensemble ouvre une perspective d’un autre genre.

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L’ALPHAND ET L’OLMETA DE LA HONTE CHASSERESSE

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Comment se tirer une balle dans chaque pied et se faire shooter en direct par des millions d’internautes ?
Luc Alphand, ancien skieur reconverti dans les sports mécaniques et la télévision, a récemment fourni le mode d’emploi idéal :

1/ Partez chasser dans différents pays grâce aux services d’un organisme spécialisé.
2/ Choisissez vos victimes parmi des animaux nobles comme le cerf et le mouflon géant, ou bien chargés affectivement comme l’ours.
3/ Posez tout sourire à côté de leurs dépouilles.
4/ Mettez en ligne les vidéos sur YouTube et laissez publier les photos sur les réseaux sociaux…
Résultat garanti !
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Stéphane Guillon

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C’était un mardi d’octobre un peu triste. Un TGV filait entre Lorraine et Paris, emportant mon corps absent et les préoccupations d’un fils ayant laissé son papa octogénaire sur un lit d’hôpital. Bien sûr, je reviendrais la semaine d’après avec les mêmes espoirs et les mêmes prières agnostiques. Avec aussi le même optimisme têtu que je m’efforcerais de lui transmettre de visu. Mais cela restait un mardi d’octobre assez triste. Et puis, un peu après Metz, ce sms de la rédaction  : « Peux-tu assister au nouveau spectacle de Stéphane Guillon ce soir, au théâtre Déjazet ? » Quelques minutes de réflexion inutiles, et puis ma réponse, certifiée conforme à je ne savais encore trop quoi : « Ok, j’y serai ».
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«  VIVEZ  L’ AUTOMOBILE  »

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J + 5 au Mondial de l’Auto 2016, dont le thème de cette édition est « Vivez l’automobile ». C’est une appellation très générique, à vrai dire un peu évasive, mais qui semble convenir aux médias. Ceux-ci ne se posent apparemment pas trop de questions et apportent toujours les mêmes réponses avec ce leitmotiv unique : « On va vous présenter les modèles de demain » !

Personnellement, cela ne me déplairait pas qu’on reparte de temps en temps vers une autre essence. On a bien assez de sens pour faire la route dans l’autre sens. Et entrouvrir la porte vers un style et une esthétique d’antan…

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« Revivez et ravivez l’automobile »

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La première alerte sérieuse remonte à juillet 2014 : 18ème étape du Tour de France, Pau-Hautacam ; le maillot jaune Vincenzo Nibali réalise une ascension fulgurante et s’envole vers sa quatrième victoire d’étape. Une jeune spectatrice aussi sotte que greluche, empiète soudainement sur la chaussée pour prendre un selfie. Dos au coureur italien, elle mésestime sa vitesse. Il percute son bras et le téléphone mobile vole en éclats sur le macadam. (suite…)

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PORTRAIT – Depuis lundi, tout le monde en parle. Ce n’est pas chez Ardisson mais sur le plateau de Victor Robert que Brigitte Boréale, nouvelle venue sur Canal +, vient faire ses chroniques. Qui se cache derrière la journaliste la plus scrutée du PAF ?

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vsdPublié le vendredi 9 septembre 2016 à 17:15  par Anastasia Svoboda

Inter­view Brigitte Boréale
« C’est un pas de géant pour le troi­sième genre »

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Jour­na­liste et trans­genre, la nouvelle chro­niqueuse du Grand Jour­nal de Canal + a connu des débuts agités. La polé­mique passée, elle consi­dère ce nouveau job comme une belle avan­cée pour « l’ac­cep­ta­tion des diffé­rences. »

« Je m’as­sume, je suis moi telle quelle » résume Brigitte Boréale. La jour­na­liste a trouvé un moment dans le « tour­billon média­tique » de sa rentrée pour accor­der une inter­view à VSD. Un de ses rares entre­tiens jusque là. La chro­niqueuse a débarqué dans la nouvelle équipe du Grand Jour­nal le 5 septem­bre… avec une polé­mique à la clé. Après une vanne de la Miss Météo Ornella Fleury (« Bonjour monsieur-madame »), des télé­spec­ta­teurs et l’as­so­cia­tion des jour­na­listes LGBT ont saisi le CSA pour trans­pho­bie. « Une vanne entre amis » a reca­dré Brigitte dès le lende­main.

Elle est née Philippe Enselme en Lorraine il y a 58 ans. Après des études de psycho (avec le jour­na­liste Denis Robert, son coloc’ à Nancy, resté un ami très cher) puis de lettres, ce passionné d’écri­ture devient jour­na­liste au Matin de Paris puis à Libé­ra­tion. Après une paren­thèse de deux ans en tant qu’é­du­ca­teur spécia­lisé en milieu de préven­tion (« si ces jeunes avaient su à l’époque que celui qui les aidaient à se réin­sé­rer se traves­tis­sait ! » s’amuse-t-elle aujourd’­hui), ce grand spor­tif se spécia­lise dans ce domaine en deve­nant pigiste pour L’Equipe et France 3. En 2004, la chaîne gay Pink TV lui propose un job : « J’ai révélé mon iden­tité. Ça a été un soula­ge­ment. » Car Brigitte Boréale – parce qu’elle se couche aux aurores et que BB sont des initiales qui « portent chance » – existe depuis long­temps et a pris de plus en plus de place : « Mais à vivre une double-vie, on n’existe qu’à demi. Je dis que je suis schi­zo­frelle, avec –lle c’est plus fémi­nin. »

Comment avez-vous vécu cette polé­mique dès votre arri­vée ?

Je ne m’y atten­dais pas ! C’est ma naïveté de blonde méchée ! C’était une polé­mique postiche qui n’avait pas lieu d’être. Les personnes trans­genres ne demandent pas à ce qu’on leur déroule le tapis rouge. Mais juste­ment à être trai­tées comme tout le monde. Cela a au moins permis de parler de la cause trans. Mais je reçois l’ar­gu­ment de certaines mili­tantes : « Etre à la télé devant des millions de télé­spec­ta­teurs, ce n’est pas être entre amis. » L’as­so­cia­tion des jour­na­listes LGBT qui a saisi le CSA ne m’a même pas appelé. Ce n’est pas grave d’en prendre plein la tronche de la part des inté­gristes du mouve­ment. Depuis vingt ans que je trace ma route en tant que Brigitte Boréale, j’en ai pris des claques. Nous n’avons pas réussi, comme la commu­nauté gay, à nous fédé­rer. Il y a encore beau­coup de discus­sions entre les membres de la mouvance trans­genre.

Lors de votre mise au point, vous avez rappelé que le quoti­dien des trans­genres était loin d’être facile.

Il y a encore des barrières à fran­chir. Je n’ai jamais subi d’agres­sions physiques mais les verbales sont quoti­diennes. Encore hier soir après avoir quitté les studios de Canal +, je me suis fait insul­ter par trois jeunes dans mon quar­tier. J’ai fait volte-face pour les confron­ter. Les passants se sont retour­nés. Avec mon allure de trans, les clichés de la pros­ti­tu­tion viennent vite. Visi­ble­ment, ils étaient sensibles au qu’en dira-t-on car ils ont filé. Peut-être aussi parce qu’a­vec des talons de 12, je culmine à 1m94 !

Quelle a été votre réac­tion lorsque Canal + vous a proposé d’inté­grer la nouvelle équipe du Grand Jour­nal ?

C’est un pas de géant pour le troi­sième genre. Je ne remer­cie­rai jamais assez Victor Robert d’avoir pensé à moi. Que Canal m’ait donné ma chance est une grande avan­cée pour la visi­bi­lité, pour l’ac­cep­ta­tion des diffé­rences. J’ai reçu beau­coup de témoi­gnages. Comme « on a notre Cail­tyn Jenner à nous », ça m’amuse. Comme elle, je suis encore moitié-moitié.

C’est-à-dire ?

Je ne renie pas mon origine mascu­line. Je ne me ferai pas opérer. C’est déjà diffi­cile de jouer contre la société, alors jouer contre natu­re… Je refuse aussi la chirur­gie esthé­tique. Je sais que je n’ai pas un visage harmo­nieux en tant que femme, mais fina­le­ment peut-être que ça inter­pelle plus. On peut jouer avec les codes. Comme Conchita Wurst !

Comment Brigitte est-elle appa­rue ?

Je me suis traves­tie très tôt. A 4 ans, j’ai décou­vert une crino­line dans une malle. Ça m’a élec­trisé. Comme si ça révé­lait quelque chose en moi. J’avais déjà cette dualité. A l’ado­les­cence, je la masquais. Je me traves­tis­sais en cachette. J’avais un look andro­gyne, entre Patrick Juvet et John Lennon. Et j’avais des inter­ro­ga­tions : est-ce anor­mal ? Aujourd’­hui, je ne me remets en garçon que de façon excep­tion­nelle.

En 2011, votre fille Morgane (qui a rencon­tré Brigitte lorsqu’elle avait 13 ans) a parti­cipé à Secret Story, avec le secret « Mon père s’appelle Brigitte. »

Nous devions le faire toutes les deux. Ende­mol m’avait démar­ché plusieurs fois. Notam­ment pour La Ferme célé­bri­tés. Comme je suis curieuse, je suis même allée au casting ! Puis ils sont régu­liè­re­ment reve­nus à l’at­taque pour Secret Story. Morgane a décidé de parti­ci­per pour la saison 5. Fière de montrer qu’avoir un père qui se traves­tit n’est pas un handi­cap. Au contraire ! Nous avons cette compli­cité père/grande sœur/fille. Pour elle, je serai toujours son papa.

Avez-vous d’autres projets télé­vi­suels ?

Des tas de gens dont je n’avais plus de nouvelles me rappellent aujourd’­hui. Les lignes sont en train de bouger. Mais je ne veux pas m’épar­piller. Je suis loyale et recon­nais­sante. J’ap­prends le métier du talk-show, tout en faisant parta­ger mon vécu.

Vous avez égale­ment tenu plusieurs petits rôles dans des fictions.

Toujours des échas­sières de bar, des pros­ti­tuées ou des échap­pées d’asile. Le jour où on m’ap­pel­lera pour jouer une boulan­gère ou une factrice, la société aura vrai­ment évolué !

Quelque part, vous pratiquez un mili­tan­tisme sensible.

Il faut emme­ner l’autre avec soi, dans quelque chose d’hu­main. Quand je faisais des arts martiaux, j’ai toujours été plus aikido que karaté.

 

Propos recueillis par Anas­ta­sia Svoboda                                                           Crédit photo : Canal +

Source : http://www.vsd.fr/actualite/interview-brigitte-boreale-c-est-un-pas-de-geant-pour-le-troisieme-genre-16534

 

TOUT  FEU  TOUT  FLAMME  !

Ça y est ! Ils reviennent ! Le nouveau calendrier estampillé « Les Pompiers Sans Frontières » est arrivé. Publiée par les Éditions Flammarion, dans un grand format (305 x 425 mm) en noir et blanc, la version 2017 sur papier glacé est aussi torride que les précédentes. Créée en 1991, Pompiers Sans Frontières est une ONG française de solidarité internationale spécialisée dans l’aide au développement sur la thématique de la gestion des risques et des catastrophes. (suite…)