JUST  IMAGINE


Je commence à en avoir un peu marre de ce monde où l’on baratine, on incrimine, on assassine, on confine, on embobine, on rapine, on emmagasine, on s’en lave les mimines. De ce monde, notre monde, où l’excès devient la règle, dans la frime comme dans le crime, des plus hauts dirigeants aux crétins les plus affligeants, entre le fric et la trique, le machiavélique et le fanatique. On ne pourrait pas imaginer autre chose ? Juste une fois, même si l’on sait que ça ne durera pas éternellement, se dire qu’on peut tenter de vivre autrement ? S’écouter tout simplement, pour s’entendre durablement. Sur un même but, une même ligne, quelles que soient nos différences et nos origines. Croire en quelque chose qui rime avec Imagine.

 

IMAGINE
(John Lennon)

Imagine there’s no heaven,
Imagine qu’il n’y a aucun paradis,
It’s easy if you try,
C’est facile si tu essaies,
No hell below us,
Aucun enfer en-dessous de nous,
Above us only sky,
Au dessus de nous, seulement le ciel,
Imagine all the people,
Imagine tous les gens,
Living for today…
Vivant dans le présent…

Imagine there’s no countries,
Imagine qu’il n’y ait pas de pays,
It isn’t hard to do,
Ce n’est pas dur à faire,
Nothing to kill or die for,
Rien à tuer ou pour lequel mourir,
No religion too,
Pas de religion non plus,
Imagine all the people,
Imagine tous les gens,
Living life in peace…
Vivant leur vie en paix…

You may say I’m a dreamer,
Tu peux dire que je suis un rêveur,
But I’m not the only one,
Mais je ne suis pas le seul,
I hope some day you’ll join us,
J’espère qu’un jour tu nous rejoindras,
And the world will live as one.
Et que le monde vivra uni.

Imagine no possessions,
Imagine aucune possession,
I wonder if you can,
Je me demande si tu le peux,
No need for greed or hunger,
Aucun besoin d’avidité ou de faim,
A brotherhood of man,
Une fraternité humaine,
Imagine all the people,
Imagine tous les gens,
Sharing all the world…
Se partageant le monde…

You may say I’m a dreamer,
Tu peux dire que je suis un rêveur,
But I’m not the only one,
Mais je ne suis pas le seul,
I hope some day you’ll join us,
J’espère qu’un jour tu nous rejoindras,
And the world will live as one.
Et que le monde vivra uni.

REGARD   SUBJECTIF

© Photographie Pascal Ito

Le soir devant le miroir, tout paraît plus simple ou plus compliqué. Selon que les traits sont tirés par les griffes d’une affreuse fatigue ou la paume d’une main lifting, la photographie du moment joue les révélateurs amis ou les délateurs ennemis. C’est l’éternelle bagarre entre le masculin et le féminin. Chaque jour est le match de notre vie. Chaque nuit prend les paris entre elle et lui. Et chaque lendemain annonce le round de la survie. Notre corps est notre sparring partner. Notre visage est notre ring. Il faut toujours monter sa garde. Lutter contre les cordes qui se tendent autour de nous. Garder la tête froide et travailler son jeu de jambes. Tenir la distance et sans cesse retourner au combat. Et dans cet affrontement de tous les instants, garder à l’esprit une chose essentielle : esthétique ou psychologique, l’arbitrage n’est jamais objectif…

 

PEINE  CAPITALE

 

C’est un homme sans tête.
On le croise en semaine
Veste et gilet de laine,
De Nation à Vincennes.

C’est un homme sans tête
Et il court dans la mienne.
J’ignore où est la sienne.
L’a-t-il jeté dans la Seine ?

C’est un homme sans tête.
Mais qui a de la peine.
Il la cache sans haine
Sous le Cours de Vincennes.

C’est un homme sans tête,
Un comte d’Andersen.
Et le public sans gêne
Se moque de la scène.

C’est un homme sans tête.
Mes idées il larsène,
Son exil il promène
À Paris – Sainte Hélène.


VOILE  NOIR

@ voile noir def

Au dessus de lui, un ciel bleu comme ses rêves de petit garçon au matin de juillet. En dessous, une eau bleue comme la profonde mélancolie d’outre-mer, où subsiste un lointain parent. Entre les deux, celui de ses yeux, clair comme deux « o » qui se refléteraient dans l’air. L’air du temps ou l’air du vent. L’air de rien, celui d’avant. Un peu plus loin, quelques concurrents régataient bord à bord. Trimarans et catamarans allaient gaillardement de l’avant. (suite…)

LE VERGER DU COUSIN MAURICE

Lorsque j’étais petit, je me sentais déjà grand. Dans un minuscule village de trois cents habitants, il n’y a pas beaucoup de vraiment grands. Ceux qui, très tôt, ont conscience d’être différents, le deviennent encore plus rapidement. Petit bonhomme de 7 ou 8 ans, j’allais souvent battre la campagne. C’était une sorte de défoulement pédagogique, de comportement autodidacte qui me permettait de vérifier in situ ce que le maître d’école nous racontait sur l’essaimage du pissenlit ou l’activité de la taupe, la pousse du radis ou le retour des hirondelles, la germination du blé ou la reproduction du taureau… Je partais donc seul, à la découverte champêtre de mes interrogations du moment. Mon cheminement, physique et psychologique, se faisait à chaque fois selon les mêmes étapes. Je m’en allais gaiement derrière la maison de mes grands parents. Traverser le jardin en longeant les poiriers et pommiers taillés en espalier était l’affaire d’un instant. Après les groseilliers et les framboisiers, le passage devant la volière des faisans et perdrix, puis le poulailler, provoquait une brève révolution du peuple gallinacé. Agitation inutile : la plainte du portillon érigé entre le pigeonnier et le muret de clôture du potager trahissait déjà mon entrée dans le verger du cousin Maurice.

JBC

Le cousin Maurice était un de ces vieux personnages foncièrement bons, dont on se demande, peu après leur mort, s’ils n’étaient pas davantage que des humains. (suite…)

UNE  ÉTRANGE  AFFAIRE

Son décès a été rendu public lundi 18 mai 2020, mais l’immense acteur s’en était allé une semaine plus tôt, le mardi 12 mai, à l’âge de 94 ans, des suites d’un accident vasculaire cérébral. Impossible de rendre compte en quelques pages d’une carrière cinématographique de plus de 200 films et d’un parcours théâtral de 50 pièces. Impossible de définir en quelques lignes un jeu alliant une force tranquille construite sur des failles vertigineuses avec un détachement ironique tantôt rassurant, tantôt effrayant. Impossible d’attraper en quelques mots une personnalité si diserte à la scène et si discrète au sujet de sa vie privée. Alors, que faire ? (suite…)

LEÇON D’HUMANITÉMANKIND LESSON


Une grande leçon d’humanité donnée à l’homme par le monde animal en à peine dix minutes.

Certains homo sapiens continuent à prétendre que l’acceptation des différences est un concept utopique, bien difficile à mettre en application dans la réalité. Cela pose apparemment beaucoup moins de problèmes à un chien ou un orang-outan…
et à tous leurs copains faisant preuve ici d’une belle ouverture d’esprit. Question de cerveau ou de sensibilité ? D’intelligence ou de générosité ? Ou d’un peu tout cela à la fois ? Dans la vie de tout un chacun, la bienveillance devrait être à la fois la règle et le but du jeu. Les animaux les plus différents y parviennent bien. Pourquoi pas nous ?

Vivre ensemble malgré les différences, c’est la diversité dans le bon sens.

A huge mankind lesson shown by animals in less than ten minutes.

Some humans still pretend that accepting the differences is an utopic concept, very hard to put into practice. Visibly, a dog and a monkey do not mind at all. And their friends also, which have a great open mind in this video. Is it a matter of brain or sensitivity ? Intelligence or generosity ? Or a bit of everything ? In everyone’s life, the goodwill should be the aim of the game. Live together in spite of the difference, this is diversity in the right way. If animals can do it, why not us ?

Be together. Not the same.
Live together. Play the game.

HASTA  LA  VISTA

La première fois où j’ai rencontré Sico, un ami commun m’avait prévenu : « Fais attention de bien prononcer son nom à l’espagnole : Sico (le diminutif de Francisco) et non pas Zico comme le célèbre footballeur brésilien. Et surtout, surtout, ne le contrarie jamais à propos du Real Madrid ! ». Notre première rencontre eût lieu en 1980, autour d’un baby-foot, dans un petit café, tout près de cette église Sainte Anne, à Thionville. Quand il m’a demandé quel était à mon avis le plus grand club de foot, j’ai marqué un petit temps d’arrêt, puis j’ai répondu fièrement… l’Ajax d’Amsterdam ! Il m’a lancé un regard noir, comme il savait si bien le faire, pour de vrai ou pour de faux, mais quand j’ai enchainé en disant : « Toi, tu dois préférer le football brésilien si on te surnomme Zico ? »… l’ami qui nous avait présenté a changé de couleur. Il y a eu un silence autour du baby et peut-être même dans le bar tout entier. Sico a regardé ses copains en s’exclamant : « Mais ! Mais, il est fou celui là ! Il vient me dire ça en face, ici, à la côte des roses ! Il veut se suicider ou quoi ? ». (suite…)

HIP HIP BIRTHDAY !


« À quoi tu pouvais bien ressembler quand tu avais vingt ans ? Comment tu te maquillais en jeune trav ? C’est une question que je me suis souvent posée… » me demandait avant-hier l’une de mes meilleures copines, de trente ans ma cadette, tout en léchant les bougies qu’elle retirait avec précaution d’un gros gâteau un peu trop crémeux à mon goût. J’ai cherché dans mes archives et lui ai montré cette photo, prise par un ami très cher, aujourd’hui disparu. « La vache ! me dit-elle, t’aurais pu être top escort internationale ! À Londres, Dubaï ou Genève, t’aurais fait un carton ! »… Pan ! Champagne pour tout le monde ! (suite…)

C’ÉTAIT  UN  MEC…


C’était un mec… Et c’était  il y a 40 ans, en 1980.

Putain… mais qu’est-ce qu’y fout, le mec ?
Pourquoi y revient pas en 2020 ?