PAULA WHITE SPIRIT

ARE  YOU  SERIOUS  ?


La conseillère spirituelle de Donald Trump en pleine action ! Ça fout quand même un peu les chocottes, non ? Et encore ! Ces deux minutes de vidéo ahurissantes ne sont rien à côté du parcours insensé de cette harpie de la télé-prédication, plaçant le fric et la frime au dessus de tout, et se réclamant de la parole divine sans le moindre scrupule. Dans un film de série B, son personnage ferait marrer tant ses propos sont outrés et ses gesticulations pitoyables. Dans la réalité, on rit jaune en apprenant que cette bigote hystérique en tailleur chic et talons aiguille a ses entrées à la Maison Blanche et conseille Donald Trump depuis 2011 !


Paula Furr naît le 20 avril 1966 à Tupelo, une petite ville du Mississipi, au sud des États Unis. Son père se suicide lorsqu’elle a cinq ans et sa mère sombre dans l’alcolisme. De 6 à 13 ans, elle aurait subi des agressions sexuelles de la part de voisins et de proches de la famille mais personne ne remarque rien. Sa propre mère n’en aurait été informée que des années plus tard. Paula se rêve gymnaste de haut niveau, un objectif bien difficile à atteindre quand on est adolescente boulimique. Elle se marie une première fois à 19 ans, avec un certain Dean Knight (dont elle a un fils), mais tombe rapidement amoureuse d’un autre homme, déjà marié lui aussi : le pasteur Randy White. Certains prétendent que l’adultère est un pêché, mais les voies du Seigneur sont impénétrables. Ils divorcent puis régularisent la situation en se mariant en 1989. Paula Knight devient alors Paula White. Elle émigre avec son nouveau mari en Floride pour y fonder leur propre congrégation : “Without Walls International Church” (L’Église Internationale Sans Murs). Revendiquant 20.000 fidèles, dont beaucoup sont noirs et latinos, cette communauté religieuse basée à Tampa voit éclore les talents de la jeune prédicatrice blonde aux dents longues. Elle ne ménage pas ses effets de manches, ses prêches hallucinés et ses imprécations menaçantes.

L’élève dépasse vite le maître. Randy White s’efface progressivement dans l’ombre de Paula White, qui comprend immédiatement le parti qu’elle peut tirer de la télévision dans son plan de carrière. Elle concocte un programme de prières et d’exhortations télévisées intitulé “Paula Today”, qui ne tarde pas à faire encore plus parler d’elle. Elle y développe la “Théologie de la Prospérité”, théorie fumeuse qui prétend que la richesse est un gage de santé spirituelle et que la pauvreté est une malédiction ou une punition de Dieu. Cette doctrine, qui s’est répandue aux USA il y a une cinquantaine d’années, permet surtout à ceux qui l’enseignent de s’enrichir copieusement, en exigeant des offrandes et des contributions financières obligatoires. Certains dirigeants n’hésitent pas à surveiller personnellement les dons des croyants et à tenir des livres de comptes pour octroyer à leurs ouailles un niveau de spiritualité proportionnel au montant des versements consentis. Comme par hasard, Paula White amasse une fortune considérable en un temps record. Son couple mène grand train : maison à 3,6 millions de dollars, jet privé, voitures de luxe, et autres signes ostentatoires de richesse. Cette opulence soudaine intrigue quelques observateurs avisés, comme le sénateur républicain Charles E. Grassley, qui déclenche une enquête pour utilisation abusive de dons. Mais cette étrange congrégation exonérée d’impôts a tout prévu. Les fidèles sont muselés, conditionnés par des années d’endoctrinement, et les  prêtres de l’organisation Without Walls ont signé une clause de confidentialité qui équivaut à un 357 magnum plaqué sur leur tempe. En dépit d’énormes soupçons, l’enquête est abandonnée en 2010. Il faut reconnaître que rien n’a été laissé au hasard. Outre l’emprise charismatique qu’elle exerce sur ses brebis, ou ses moutons, la pasteure Paula a également jeté son dévolu sur la classe politique et financière du pays. Un certain Donald Trump figure parmi ses amis proches depuis 2001…

Ils se seraient rencontrés à l’initiative de l’homme d’affaires, impressionné par ses prestations télévisées. Lors de leur première entrevue, Paula White aurait dit à Donald Trump : « Je ne veux pas de votre argent. Je ne veux pas de votre célébrité. Je veux votre âme ». Un tantinet gonflé… encore qu’il soit sans doute plus facile d’espérer extorquer à ce Picsou invétéré autre chose que son argent, surtout si cette autre chose est déjà fortement hypothéquée.  Peu après, dans l’émission “Paula Today”, le public américain découvrit un entretien surréaliste entre les nouveaux amis. « Ce que j’enseigne, c’est : trouve ta passion et transforme-là en argent », affirmait religieusement Paula White. Ce à quoi le milliardaire répondait : « Je pense que c’est la clé. Sans cela, tu ne seras jamais heureux ! ». Une profession de foi éloquente.

Dans ses nombreuses apparitions télévisées, Paula White n’est pas à une énormité près. Un jour, elle parle du respect des bienfaits naturels et de l’importance de l’eau sur terre. « Sans eau, on ne peut pas vivre », affirme-t-elle… devant sa somptueuse piscine ! Une autre fois, elle s’emporte à propos de ceux qui ne feraient pas assez de dons en faveur de sa congrégation : « Si vous ne vous montrez pas plus généreux, vos rêves mourront et vos enfants aussi » ! Alléluia ! Dieu est amour… Grande est sa miséricorde. Paula White révèle aussi avoir apporté la lumière à nombre de célébrités : « J’ai guidé beaucoup de personnalités de premier plan vers le Seigneur ». Et parmi celles-ci, elle n’hésite pas à citer Michael Jackson. Convoquer les morts a l’avantage de ne pas s’exposer à leurs dénégations, mais il n’est pas certain que Michael Jackson soit le meilleur exemple à évoquer en matière de paix intérieure et de voyage radieux vers le Seigneur.

En 2016, Donald Trump nomme Paula White présidente du conseil évangélique de son administration. Fin octobre 2019, il lui octroie officiellement le titre de conseillère spirituelle de la Maison-Blanche. Elle y dispose d’un bureau et préside l’association Faith and Opportunity (Foi et Opportunité), qui assure la communication du président américain avec les différentes communautés religieuses. Elle a aussi pour mission de sélectionner les œuvres religieuses susceptibles d’être financées par l’État et de mener ouvertement certains combats, telles les mesures anti-avortement et anti-immigration. Les visées électoralistes d’une telle manœuvre sont évidentes. Ces réseaux d’influence, qui reposent en majeure partie sur les milieux évangéliques dont Paula White est une figure de proue, sont décisifs lors d’une élection présidentielle. Les USA comptent entre 60 et 80 millions de protestants évangéliques, presque un quart de la population. Cela représente entre 15 % et 20 % de l’électorat trumpiste. Les conservateurs catholiques viennent encore augmenter ce réservoir de voix.

Vue d’Europe, la prière déjantée de Paula White, en forme de transe télévisée, peut paraître totalement délirante. Elle n’en demeure pas moins efficace auprès d’un public captif qui a déjà fait pencher la balance en faveur de Donald Trump en 2016.  C’est pourquoi la pasteure américaine a relayé très activement son message sur les réseaux sociaux, le ponctuant de menaces pas très catholiques :  « Si vous ne lui faites pas de dons ou si vous n’avez pas voté Trump : vous irez en enfer » ! L’aspect caractériel et immoral de son champion, qu’il ne manque pas une occasion d’afficher, ne la gêne pas une seconde. Au contraire, selon Sainte Paula, Donald est l’élu de Dieu : « Dire non au président Trump, serait dire non à Dieu. », martèle-t-elle en ajoutant : « Là où je marche, Dieu marche. Là où je suis, Dieu est. J’ai l’autorité pour déclarer que la Maison blanche est un lieu saint parce que j’y étais ! ». La puissance du Paula White spirit…

Pense-t-elle la même chose de la Trump Tower, à New York, où elle a acquis un appartement de 3,5 millions de dollars ? La multimillionnaire du télévangélisme peut-elle monter encore plus haut ou sa trajectoire est-elle en passe d’amorcer son déclin ? Comme celui de son désormais ex-époux Randy White, qui, peut-être par manque d’opportunisme, a été débarqué après vingt ans de bons services. En 2015, elle l’a laissé tomber pour épouser en troisièmes noces Jonathan Cain, un musicien du rock band Journey, sans doute un peu plus tendance et flashy. Réputée pratiquer l’exorcisme, se donnant régulièrement en spectacle, comme dans cette vidéo, en vociférant un sabir inconnu, en sautant à cloche-pied, marchant à quatre pattes ou tournoyant tel un derviche en chaleur, la prêtresse en chef du camp républicain fait de cette élection 2020 une croisade féroce. Son brushing décoloré, son look bling-bling, sa lèvre inférieure surgonflée ; tout est parfaitement raccord avec le souverain poncif au teint orange qu’elle porte aux nues. Possédés tous deux par l’obsession de la possession, ils forment un tandem diabolique que l’on n’aimerait pas voir à sa table, même pour Halloween. Ils sont les histrions d’une comédie exécrable, faisant fi des qualités humaines les plus élémentaires et se vautrant dans un égocentrisme matérialiste qui fait passer Dallas pour Le Jour du Seigneur. Mais toute pantomime a une fin. Elle survient parfois plus vite qu’on ne le pense, par la grâce d’une justice immanente qui crucifie les coupables sur le bûcher de leur vanité. Paula White et Donald Trump, ces deux apôtres du mensonge qui se targuent de marcher aux côtés de Jésus, n’ont-ils jamais entendu parler des marchands du temple ?

« Ils arrivèrent à Jérusalem, et Jésus entra dans le temple. Il se mit à chasser ceux qui vendaient et qui achetaient dans le temple ; il renversa les tables des changeurs, et les sièges des vendeurs de pigeons ; et il ne laissait personne transporter aucun objet à travers le temple. Et il enseignait et disait : N’est-il pas écrit : Ma maison sera appelée une maison de prière pour toutes les nations ? Mais vous, vous en avez fait une caverne de voleurs. »

— Marc, XI, 15-17

 

7 thoughts on “PAULA WHITE SPIRIT

  1. Génial, ton portrait de Crazy Paula. Merci pour ces infos. J’avais vu ces images de tous les évangélistes en communion autour Trump, assis devant le resolute desk, dans le bureau oval. Délirant.
    Les anges dont elle parle dans cette vidéo – ceux qui sont envoyés sur terre en ce moment même – doivent être les milices armées d’extrême droite, à qui le maître avait dit de « stand back » and « stand by ». Ils vont bientôt se mettre en marche, car leur gourou leur a fait boire la potion (they’ve drunk the kool aid already and they’re dressed to kill…)

  2. Ce n’est pas le peuple américain qui élit le président mais les grands électeurs : un système de vote que je ne comprends toujours pas. Viva Estados Unidos !

    1. Oui, on se le demande. Il passe et repasse avec un flegme surprenant, comme si, devant lui, l’oratrice pourtant bien agitée n’existait pas !

  3.  » Ça fout les moules ». Quand on pense que les USA sont souvent citées en exemple. Voir de telles absurdités, le mot est tellement faible, dans un pays qui est considéré comme le modèle occidental. On se croirait dans le pire des films comiques. Difficile de se réjouir quand on a vu que ce duo était aux commandes de ce pays pendant quatre ans. De la folie pure. Les plus fous ne sont pas ceux que l’on enferme.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *