TÊTES NUCLÉAIRES

CON-COURS

Il y a peu, c’était avec Kim Jong Un que Donald Trump jouait à savoir qui avait la plus grosse. À présent, les deux larrons font la foire médiatique dès qu’ils en ont l’occasion. « On s’aime bien. On s’entend bien. On a appris à se connaître« . Tel est le message commun qu’ils martèlent de part et d’autre depuis leur rencontre en juin dernier, à l’occasion du sommet de Singapour. Fin septembre, lors d’un meeting en Virginie Occidentale, Trumpy y est même allé d’une tirade dont il a le secret : « J’ai été très dur, et lui aussi. Et nous faisions des va-et-vient. Et nous sommes tombés amoureux, okay ? Non, vraiment : il m’a écrit de très belles lettres, ce sont des super lettres. Nous sommes tombés amoureux… » Des va-et-vient pour tomber amoureux ? On croit rêver.

Hélas, le cauchemar continue. C’est maintenant Vladimir Poutine, l’ex-ami d’il n’y a pas si longtemps, qui redevient la brebis galeuse. Donald Trump vient d’annoncer que les USA se retiraient d’un traité sur les armes nucléaires conclu avec la Russie pendant la Guerre froide. Il accuse Moscou de le violer depuis de nombreuses années. « La Russie n’a pas respecté le traité. Nous allons donc mettre fin à l’accord et développer ces armes. »  a-t-il déclaré à propos du traité INF (Intermediate Nuclear Forces Treaty) qui concerne les armes nucléaires de portée intermédiaire. On revient 30 ans en arrière ! Cet accord avait été signé en 1987 par les présidents américain et soviétique de l’époque : Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev. Rétrograder en dessous de Ronald Reagan : Trump est décidément le roi de la régression.

Évidemment, Poutine ne vaut pas mieux mais il s’arrange pour que ça se voie moins. Cela n’empêche pas les caricaturistes de l’affubler des mêmes oripeaux fantasmatiques que son homologue américain. Moyenne ou longue portée, ils n’ont que ça en tête… nucléaire. Se vanter de savoir qui pissera le plus loin. Une question devient pressante. Comment faire en sorte qu’ils n’éclaboussent pas toute la planète ?

Très simple : soigner le mal par le mal. Le pire contre le pire ? Finalement, il faudrait encourager les chercheurs en armement à développer un missile très longue portée… mais à téléguidage hyper-ciblé. Équipé d’une tête chercheuse très sélective, il viendrait péter à la gueule de celui qui aurait appuyé sur le bouton de l’autre côté. Après tout, la science-fiction d’aujourd’hui n’est que la réalité de demain. Il doit bien y avoir quelque part un savant fou capable de mettre au point ce dispositif diabolique pour ceux qui le sont vraiment. Un radioguidage automatiquement verrouillé sur les ondes cérébrales tordues des grands décideurs de mort. Une sorte de procédé boomerang qui enverrait dans la seconde la même salve, de la même intensité, directement sur le QG qui a pris l’initiative de déclencher le feu. Bien entendu, l’intérêt de telle invention, dès qu’elle serait mise au point, serait d’en faire bénéficier tous les pays du monde entier. En équiper prioritairement les plus belliqueux est une évidence. Ils se rueraient tous sur la bonne occase avant même de comprendre que tout le monde est embarqué dans la même galère. Et qu’on voyage tous sur le même cheval à bascule.

2 thoughts on “TÊTES NUCLÉAIRES

  1. Oui, belle analyse. Ça rejoint une chronique d’un journaliste qui évoquait des problèmes psychiatriques pour tous ces  » puissants » qui gèrent notre monde. Amasser de l’argent jusqu’à ne plus savoir quoi en faire, se bagarrer comme des gosses avec leur  » jouet » qui pourrait faire peter la planète. De la folie pure. Et dire que nous sommes ceux qui leur permettons de faire tout ça. Beurk !!!!

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