MIGRATION EN CHAÎNE DORÉE

CHAIN  MIGRATION

Les colères de Picsou sont des jérémiades de midinette comparées à celles de Donald Trump. Depuis des mois, le milliardaire new-yorkais qui doit mener les USA vers une prospérité chimérique trépigne et dénonce la “Chain Migration”. Il ne cesse de vitupérer contre ce système permettant aux étrangers qui sont déjà installés légalement aux États-Unis de parrainer des membres de leur famille proche afin que ceux-ci puissent les rejoindre en devenant à leur tour des citoyens américains. Ce concept, qui est l’équivalent de notre regroupement familial, horrifie le président américain, qui ne manque pas une occasion de le discréditer et d’annoncer son élimination prochaine : « Le regroupement familial est un désastre total », « Il faut en finir avec le regroupement familial », « On va se débarrasser du regroupement familial »…

Naturellement, il lui fait porter la responsabilité de bien des problèmes dans le domaine de l’immigration aux USA… immigration sur laquelle il a des idées bien tranchées et prétend appliquer une tolérance zéro. Ce cher Donald le clame haut et fort : aucune naturalisation ne devrait pouvoir se concrétiser par ce biais. Selon lui, réunir des familles n’est pas un motif suffisant. Pire : c’est un prétexte fallacieux pour usurper une nationalité américaine qui doit à tout prix être jalousement préservée. Où l’Amérique irait-elle si on laissait de telles conventions perdurer ?! C’est tout juste si les hautes valeurs présidentielles sur la question ne se réclament pas ouvertement de conceptions dignes du postulat de supériorité de la race aryenne. À la rigueur, la seule condition acceptable pour être américanisé selon Trump est d’apporter à l’Amérique soit beaucoup d’argent (peu importe d’où il vient), soit une force vive de création et d’innovation dans un secteur de pointe.

Le 9 août 2018, en contradiction totale avec les mesures menaçantes préconisées par Donald Trump au sujet de la “Chain Migration”, Viktor Knavs, vendeur de voitures, et sa femme Amalija, employée dans une usine textile, ont bénéficié des largesses de ce programme avec tambours et trumpettes. Le couple slovène a solennellement prêté serment lors d’une cérémonie de naturalisation tout ce qu’il y a de plus officielle, en plein centre de New-York. Les deux septuagénaires à la retraite ne font pourtant pas partie des grandes fortunes de ce monde, pas plus qu’il ne constituent une promesse radieuse de réussite fulgurante dans un domaine technique ou industriel émergeant. Leur seule particularité, partagée avec des millions d’êtres sur cette planète, est celle d’être les parents de deux filles qu’ils qualifient sans cesse de magnifiques et adorables. L’une d’elles, âgée de 48 ans, se prénomme Mélania.

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