RAINBOW ATTITUDE FOOTBALL

COMME UN RAYON DE SOLEIL

 


Avant de s’envoler pour la Russie, où elle participera à la prochaine coupe du monde de football (du 14 juin au 15 juillet), la France rencontrait les USA ce samedi 9 juin 2018. Ce match amical se jouait à Lyon, devant des supporters enthousiastes qui sont hélas restés sur leur faim, comme les millions de téléspectateurs qui espéraient vibrer devant leur téléviseur. Sur l’une de leurs rares occasions, les Américains ont ouvert la marque, juste avant la mi-temps, et les Bleus n’ont pu qu’égaliser à 12 petites minutes du terme de la partie. Entre temps, ce fut un festival de passes ratées et de tirs non cadrés. Score final : 1-1. Comment était le match ? Nul !

Encore plus nuls furent les commentaires d’après-match, qui nous expliquèrent que ce résultat ne voulait rien dire, que ce type de match n’est pas significatif, que l’on teste encore des options de jeu non définitives, que les joueurs ne se livrent pas totalement de peur de se blesser juste avant la grande compétition, et patati et patata… Dans ce cas, pourquoi organiser ce type de match ? Pour faire un dernier coup de fric pendant qu’on a l’équipe de France sous la main ? Le plus succulent fut ensuite d’entendre les journalistes spéculer sur une accession des Français en finale. Franchement, si ceux-ci ne sont pas capables de battre une jeune équipe américaine, non qualifiée pour la coupe du monde et privée d’une partie de ses cadres les plus expérimentés, comment peuvent-ils espérer venir à bout de formations telles que l’Espagne, l’Allemagne ou le Brésil ?

Quasiment passée sous silence, une chose dans cette rencontre aurait mérité une explication plus détaillée : le flocage des numéros au dos des maillots américains. Ces derniers, apparaissant dans une version arc-en-ciel inhabituelle, témoignaient d’un soutien à la communauté LGBT. Une démarche peu courante dans le sport, et encore moins dans le football. Cette initiative, en partenariat avec l’association You Can Play, qui lutte contre l’homophobie dans le sport, ne date pas d’hier. En 2016 déjà, les sélections américaines masculines et féminines affichaient ces couleurs à l’occasion de leurs rencontres officielles. Quelques jours avant leur match contre la France, les USA avaient affronté l’Eire, le 2 juin à Dublin. Divine surprise, pour la même raison que leurs adversaires d’un soir, les footballeurs irlandais arborèrent alors le même code couleurs sur les numéros de leurs maillots. Ce geste solidaire en faveur de la défense des droits des lesbiennes, homosexuels, bisexuels et transgenres fut salué par bon nombre d’observateurs. C’est un début encourageant dans le respect et l’intégrité de tous les sportifs, quelles que soient leurs genres ou leurs orientations sexuelles.

Il est regrettable que davantage de pays n’adoptent pas la même rainbow attitude pour afficher leurs convictions à l’occasion de la coupe du monde 2018. Ce pourrait être une formidable réponse à l’hypocrisie rétrograde d’une Russie où le mariage homosexuel est encore déclaré illégal et où les persécutions malsaines à l’encontre de tout ce qui n’est pas hétéro sont quotidiennes. Sans compter que ces numéros arc-en-ciel semblent porter chance aux équipes qui les ont accueillis au dos de leurs maillots. C’est comme si cette solidarité apportait un lien, un liant supplémentaire. C’est comme si un rayon de soleil venait rebondir sur le dos des joueurs et changer le fil des rencontres. Le jeu s’éclaire, les bonnes connexions se font, les passes étincellent et les tirs ne s’envolent plus dans les nuages. Exactement ce dont la France a besoin !

 

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