GARCIA 52 GRACIAS

MUCHAS  GRACIAS  JOSÉ  GARCIA

Que tout le monde lève son verre pour les 52 balais de José Garcia ! Si l’acteur franco-espagnol est né à Paris le 17 mars 1966, c’est parce que ses parents décidèrent de laisser le franquisme et la pauvreté de l’autre côté des Pyrénées dans les années 1950. Les hôtels particuliers du seizième arrondissement parisien leur fournirent les emplois de gens de maison propices à un nouveau départ. Gavroche de Galice, leur fiston passa les seventies à affoler ses enseignants. La seule école dans laquelle il excellait était celle du rire. L’obtention d’un BEP de comptabilité et un devancement d’appel du service militaire furent les deux seules concessions raisonnables qu’il céda avant de s’engager dans le domaine dont il avait toujours rêvé : le spectacle.

Du cours Florent à l’Actors Studio en passant par l’école de cirque Annie Fratellini, le muchacho parigot ronge son frein. C’est l’époque où il court le cachet en enchaînant les petits boulots pour s’en sortir avec plus ou moins de bonheur. Et c’est en faisant le gugusse comme chauffeur de salle à Canal + que José rencontre Antoine. L’émission s’appelle Nulle Part Ailleurs. Elle est présentée par Philippe Gildas et va devenir l’écrin d’un duo hilarant, qui use et qui abuse des transformations en tous genres, au propre comme au figuré. Le tandem De Caunes – Garcia va pédaler à fond la caisse dans la choucroute, la semoule, le yaourt et tout ce qui peut être envoyé dans la tronche des chroniqueurs ou des invités… là aussi, au propre comme au figuré.

Pendant plusieurs années, José Garcia va camper des caricatures féminines avec un talent fou. Il fait partie de ces comédiens qui ont contribué à banaliser une certaine forme de travestissement en le rendant sympathique aux yeux du grand public. Et peu importe si le trait était aussi chargé qu’un producteur de téléréalité. N’en déplaise aux intégristes LGBT and co, plus on parlera de travestissement, plus on le montrera sous toutes ses formes, plus on le fera accepter et entrer dans le quotidien et moins les rétrécis du cervelet auront le loisir de le dénigrer ou le diaboliser.

La transphobie n’est pas toujours décriée par celles et ceux qui en souffrent le plus. Elle plonge ses racines dans le même terreau que le racisme. Lenny Bruce, célèbre humoriste américain disparu bien trop jeune en 1966 (il avait à peine 40 ans), avait écrit cette phrase magnifique : « Nègre, nègre, nègre, je répéterai ce mot jusqu’à ce qu’il soit vidé de son sens et que plus jamais un petit enfant noir n’éclate en sanglots en l’entendant dans une cour d’école ». Considéré par certains comme l’inventeur du stand up, ce Coluche new-yorkais avant l’heure avait tout compris, mais surtout tout dit, avant les autres. Pas étonnant qu’il apparaisse en 1967 sur la pochette de l’album Sgt Pepper’s Lonely Hearts Club Band des Beatles et que Bob Fosse lui ait consacré un film biographique en 1974, avec Dustin Hoffman pour le réincarner.

En brune ou en blonde, José Garcia a tapé dans le mille  avec ses interprétations féminines  aux côtés de son complice Antoine De Caunes. Pas sûr que tous deux auraient aujourd’hui la même latitude pour réaliser leurs pastiches et pochades d’un autre genre. Entre les haters et les trolls enflammant les réseaux dits sociaux à la moindre occasion et les vierges effarouchées poussant des cris d’orfraie pour des causes perdues d’avance tant l’hystérie de leurs réactions devient disproportionnée, il est bien difficile d’affirmer sa fantaisie sans être obligé de l’édulcorer. Espérons qu’un jour il ne faille aller jusqu’à déguiser son humour de peur de ne plus pouvoir l’assumer !

La grande époque de Canal + est révolue, c’est entendu, mais en l’honneur de celui qui, sur cette chaîne aujourd’hui bien pâlichonne, fit alors rimer travestissement avec divertissement de haute volée :
« Happy Birthday à Sandrine Troforte, Sylvie Morceau, Claudia Schoufleur ou Chiffon, et à tant d’autres radasses magnifiques… ¡ Feliz compleaños et muchas gracias mon très cherJosé Garcia ! »

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