NAVRANT

DEFINITIVELY  BLACK



Madonna et Tupac ont bel et bien eu une liaison amoureuse avant que ce dernier ne soit assassiné lors d’une fusillade à Las Vegas, le 13 septembre 1996. La lettre de rupture du rappeur afro-américain, écrite alors qu’il séjournait en prison, est mise en vente aux enchères. Elle est estimée à 100.00 dollars mais il n’est pas exclu que des adeptes de breaks et samples nécromanciens ne fassent flamber le montant de l’adjudication finale. Une information navrante à plus d’un titre.


Navrante tout d’abord par le motif de la rupture évoqué par le chanteur black lui même. Extrait de la lettre, ce passage particulièrement et sinistrement évocateur : « Pour toile fait de sortir avec un homme de couleur ne met pas ta carrière en danger. Cela te donne l’image d’une personne ouverte et exci­tante. Mais pour moi, de par mon image, j’aurais l’impression de décevoir les gens qui m’ont fait devenir ce que je suis aujourd’hui. Je n’ai jamais voulu te blesser.”
Tip top hip hop pour un chantre de l’égalitarisme racial ! Le bad boy noir qui ne veut pas salir son image au bras d’une femme blanche… Fallait peut-être y penser avant de la mater, de la draguer, de la sauter, de la larguer, non ? L’abolition du racisme n’est pas pour demain et le plus gros du boulot qui reste à faire n’est peut-être pas là où on le croit.

Il est vrai que le gangsta rap n’a jamais fait dans la dentelle, ni dans la réflexion philosophique.  Tupac, comme beaucoup de ces confrères, fut plusieurs fois emprisonné et impliqué dans des affaires de vols, agressions sexuelles, usage d’armes à feu, stupéfiants, rixes, etc, etc… La violence appelle la violence, mais dans ce milieu-là, la violence appelle aussi le business. Lorsqu’il est emprisonné, début 1995, il sort un album qui fait un carton. Impact musical ou putatif d’une certaine renommée ? À sa sortie de prison, il forme un nouveau groupe, les Outlaw Immortalz (les hors la loi immortels) et signe avec le label Death Row (le couloir de la mort). Il entame une relation avec Kidada Jones, fille du grand Quincy Jones et de l’actrice Peggy Lipton. La sœur de Kidada publiera dans The Source Magazine une déclaration de Tupac montrant la haute estime en laquelle il tenait son père : « All Quincy Jones does is stick his dick in white bitches and make fucked up kids » (Tout ce qu’a fait Quincy Jones, c’est mettre des coups de bite à des blanches pour leur faire des enfants dégénérés). Des repas de famille sympas en perspective…

La violence appelle la violence donc, mais aussi les dollars. Et les embrouilles. Tupac en était à sa énième du genre le soir de la fusillade fatale. Après avoir assisté au match de boxe entre Mike Tyson et Bruce Seldon, deux autres poètes spécialisés dans les déclarations d’amour romantiques, il repéra un membre des Crips (un des plus violents gangs afro-américain des USA, dont se réclament plusieurs rappeurs tels que Easy-E, Coolio, Nate Dogg, Snoop Dogg, Ice Cube, Ice-T, Young Jeezy…). L’individu étant supposé avoir braqué un membre de Death Row, il se jeta sur lui et la bagarre éclata sous l’œil des caméras de surveillance. Une heure plus tard, alors que sa limousine l’emmenait en boîte de nuit, Tupac était abattu d’une rafale tirée d’une autre voiture. Le tireur et les occupants du véhicule ne furent jamais identifiés, mais plusieurs personnes soupçonnées d’avoir trempé à un degré ou un autre dans ce meurtre  furent éliminés dans les mois ou les années suivantes. Le fameux Notorious Big, qui faisait partie de la liste, fut descendu six mois plus tard, le 8 mars 1997 à Los Angeles, selon un scénario identique à celui de l’exécution de Tupac.

Si, dans les deux cas les commanditaires et les meurtriers n’ont jamais été démasqués, les rumeurs et les dollars ont fait des petits. Tupac a sorti et vendu plus de disques mort que vivant ! Wanted more dead than alive. Bien plus expéditif et rémunérateur que les injustices du far west il y a deux siècles. On prétend que les membres du groupe de Tupac, les Outlaws, fumèrent les cendres de leur pote mélangées à de la marijuana, conformément aux paroles de l’une de ses chansons. On prétend aussi que les dernières paroles du rappeur, à un inspecteur de police qui lui demandait qui lui avait tiré dessus, furent : « Fuck you ».

À force de faire des doigts d’honneur à tout va, y compris à la mort, on finit par déraper une fois de trop.


Pour découvrir d’autres infos tristement révélatrices sur le label Death Row, utilisez le lien ci-dessous et lisez l’article édité par Booska-P, un magazine en ligne d’information spécialisé dans le rap et ses artistes :

https://www.booska-p.com/new-30-trucs-que-vous-ne-saviez-pas-sur-death-row-dossier-n45148.html

 

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